Clermont-Ferrand

Samedi 7 novembre 2009
Voici la déclaration que j'ai faite au nom du groupe communiste au Débat d'Orientation Budgétaire du Conseil Municipal de Clermont-Fd. Je raconterai dans un prochain post comment s'est tenue cette séance.


Monsieur le Maire, chers collègues

Nous entamons ce DOB dans une période aussi troublée que l’an dernier. La crise qui a éclaté à l’été 2008 continue de faire des ravages.
La spéculation a repris comme s’il ne s’était rien passé préparant presque avec certitude une aggravation de la situation économique. Certains croit voir le bout du tunnel dans le rebond somme toute relatif de la Bourse. Mais le véritable indicateur, c’est la situation de l’emploi. Avec près de 3 923 000 chômeurs officiellement en France, en augmentation de 20%, ce sont des millions de familles qui vivent la réalité de cette crise et qui paient les conséquences de la recherche effrénée du profit. Notre ville n’échappe évidemment pas à cette situation avec plus de 20 000 demandeurs d’emploi supplémentaires en 1 an sur le bassin clermontois.

Cette situation est d’autant plus injuste que le gouvernement continue sa politique en faveur des plus riches. Le bouclier fiscal coûtera plus de 15 milliards d’Euros. 15 milliards d’Euros que vont se répartir 834 contribuables qui recevront en moyenne un chèque de 360 000 Euros.

Cette mesure est tellement caricaturale, tellement injuste que même certains à droite s’en sont émus tel Pierre Méhaignerie, président de la commission des finances. Malgré les explications approximatives de Frédéric Lefèvre ou les coups de menton de Nicolas Sarkozy, personne ne peut croire un instant que cette mesure n’est pas complètement idéologique et faite pour servir les intérêts des amis du Président. De cadeaux fiscaux en cadeaux fiscaux, on creuse les déficits qui seront les impôts de demain.

La réforme de la Taxe Professionnelle en est un exemple flagrant. C’est une formidable arnaque de l’Etat au seul profit des entreprises et au détriment des contribuables.
Répondant avec zèle aux exigences du MEDEF, la suppression de la Taxe Professionnelle va réduire tout à la fois la contribution des entreprises à la solidarité territoriale, entraînant un report de charges sur les familles, une réduction des dépenses publiques et des services rendus aux populations générant encore et toujours plus d’inégalités.

Les communes seront contraintes de puiser toujours plus dans le pouvoir d’achat des ménages pour équilibrer leur budget puisque le financement venant des entreprises ne représentera plus, en moyenne, que 25% de leur recettes fiscales, contre 50% à ce jour et passera donc pour les ménages de 50 % à 75 %.
Nicolas Sarkozy déclarait récemment : « je n’ai pas été élu pour augmenter les impôts et je ne les augmenterai pas ». Ce qu’il ne disait pas, c’est qu’il forcerait les collectivités à le faire.

L’Etat doit cesser de considérer les collectivités locales comme financeurs de ses propres déficits. Il doit leur permettre de développer des politiques innovantes, susceptibles de répondre directement aux besoins de leurs populations et de leurs territoires en leur donnant les moyens.

En fait, l’objectif réel de Nicolas Sarkozy et de son gouvernement est de faire éclater le modèle social Français issu du Conseil National de la Résistance. C’est aussi ce qui préside à la volonté de la droite de reformer les collectivités territoriales.
Avec la démagogie qu’on lui connaît, Nicolas Sarkozy déclare que cette reforme est faite uniquement pour moderniser et simplifier nos institutions.
C’est en fait le même objectif qui est poursuivi : livrer des pans entiers du patrimoine public au capital privé et adapter nos collectivités à l’Europe de la concurrence entre régions. Si cette réforme est mise en place, ce sera une régression sans précédent dans l’histoire de la vie démocratique du pays, cela substituera le marché, ses aveuglements et ses injustices aux acquis essentiels d’une culture de services publics.

Ce projet est contraire aux nécessités de l’aménagement du territoire, aux coopérations nécessaires pour vivre ensemble, au besoin de progrès social, économique, écologique partagé. Face à ce projet de réforme, ce n’est pas de résignation dont nous avons besoin, c’est de combativité. Une bataille n’est perdue d’avance qu’à partir du moment où on ne la mène pas. Pour leur part, les élus communistes mettront toute leur énergie pour combattre ce piège libéral.

Personne ne conteste le besoin de reformer les collectivités territoriales, mais c’est d’une toute autre architecture dont nous avons besoin. Il faut mettre au cœur des politiques locales, la mutualisation, le  partenariat, la coopération et non la concurrence. Pour répondre aux besoins des populations, il faut avoir le courage et l’ambition d’adopter un plan de reconquête, de développement, d’amélioration, de financement et de création des services publics.

Mais pour cela, il faut assurer de nouveaux moyens financiers aux collectivités. Cela suppose des impôts justes, progressifs et efficaces et donc une réforme globale de la fiscalité ; une réforme qui rendrait la fiscalité plus juste et plus efficace en s’attaquant à la spéculation financière, cause réelle de la crise économique actuelle.

Selon l’INSEE, l’actif financier des sociétés est estimé à 4 800 milliards d’euros soit 25 fois le budget des collectivités. Le taxer à 0.5% augmenterait de 24 milliards d’euros les recettes des collectivités, soit prés de 400 euros par habitants. Cette taxe pourrait, par le jeu d’une péréquation nationale, assurer plus de solidarité entre les territoires et promouvoir un autre mode de développement articulant social et environnemental, incitant les entreprises à réaliser des investissements utiles et à créer des emplois.
Les résultats indécents du système financier justifient une fois de plus ce que les élus communistes préconisent depuis bien longtemps : la création d’un pôle public financier afin de  favoriser la lutte contre la spéculation et répondre aux besoins sociaux de notre société. Nous avons besoin de banques tournées vers un autre modèle de développement, donnant la priorité au financement d’investissements créateurs d’emplois favorisant une croissance de qualité respectueuse de l’environnement.
Là aussi, plutôt que de se résigner à mettre en place une taxe additionnelle, il y a besoin de mener le combat politique. Depuis des années, les élus communistes se battent, quelquefois bien seuls, pour une réforme de la fiscalité. Faisons appel à nos concitoyens, menons une campagne d’informations et d’explications avec les premiers concernés par l’asphyxie financière des collectivités : les clermontoises et les clermontois. Pour notre part, nous y sommes prêts.

C’est dans ce contexte qu’il faut apprécier ce débat d’orientation budgétaire. Pour notre part, nous jugeons plutôt positivement les propositions avancées, notamment le niveau d’investissement qui va permettre de soutenir l’emploi et répondre aux besoins des Clermontois mais nous ferons deux remarques :

-    Avec la gestion active de la dette, nous participons, peu ou prou, à cette spéculation financière à l’origine de la crise. Certes, cette gestion de la dette nous permet de gagner de l’argent, mais à quel prix ? Nous participons à alimenter ce gigantesque brasier qu’est devenu la finance mondiale et qui se traduit inévitablement par des suppressions d’emplois, des familles en difficulté et des territoires sacrifiés.
Ne pouvons-nous pas réduire progressivement cette gestion spéculative de la dette ?
-    D’autant plus, et c’est ma deuxième remarque, qu’en ce qui concerne les charges de personnel, nous n’avons pas la même approche. La volonté de contenir l’augmentation de la masse salariale se traduit par des difficultés dans les services. Nous avons tous reçu dernièrement des tracts émanant des syndicats, attirant notre attention sur la situation du personnel municipal. Monsieur le Maire, au travers de nos discutions avec les agents et de nos rencontres avec les organisations syndicales, nous avons constaté une grande souffrance dans les rangs des personnels territoriaux et une insatisfaction concernant le dialogue social. Je ne veux pas faire de la surenchère mais quand les personnels vous évoquent la situation de France Telecom pour exprimer leur état d’esprit, je crois qu’il y a nécessité d’être vraiment à l’écoute. En conséquence, le groupe Communiste souhaiterait que nous organisions un Conseil Municipal privé sur cette question.
Par cyril
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Jeudi 2 juillet 2009
Exemple d’une lutte réussie.

Lors du Conseil Municipal du 25 juin, nous avions une délibération concernant un nouveau contrat proposé aux assistantes maternelles en crèches familiales. Alertés par celles-ci, le groupe communiste les a rencontré et a décortiqué avec elle ce statut particulier et ce contrat qui les privait d’un certain nombre de droits. Nous les avions informés de notre intention d’intervenir au Conseil Municipal pour ne pas laisser passer ce contrat.
Le jour du Conseil, la CFDT, bien implanté chez les assistantes maternelles, était venue rappeler que les instance paritaires ne se réunissaient plus suite à l’annulation des élections par le Tribunal Administratif et qu’on ne pouvait donc voter un contrat qui n’avait pas fait l’objet d’un dialogue avec les organisations sociales. Les assistantes maternelles étaient venues en nombre pour voir à quelle sauce elles seraient mangées.
Voici la déclaration que j’ai faite au nom du groupe communiste autour des 00h30 du matin :

« Monsieur le Maire, chers collègues,

Tout d’abord, je souhaite saluer les assistantes maternelles présentes dans la salle venues en nombre et qui sont restées malgré l’heure tardive.

Nous avons souhaité inscrire cette délibération avec débat car elle pose plusieurs problèmes. Tout d’abord, sur la forme : les élections professionnelles ont été invalidées par le tribunal administratif.  Cela conduit à la suspension des réunions des instances paritaires. Or, ce dossier n’apparaît pas comme allant de soi avec les organisations syndicales. Nous avons d’ailleurs tous reçus un courrier très clair à ce sujet.
Sur le fond maintenant : nous avons rencontré des assistantes maternelles pour tenter de comprendre ce contrat de travail. Je vais essayer de vous montrer que ce n’est pas si facile et que des questions restent en suspens.

Sur les contrats d’accueil à temps partiel : une assistante maternelle accueillant des enfants sur un temps partiel, par exemple à 80 %, est rémunérée en fonction de l’accueil de l’enfant, c'est-à-dire à 80 %. Or, une assistante maternelle peut accueillir jusqu’à 3 enfants et l’amplitude horaire c’est-à-dire le temps entre l’heure d’arrivée du 1er enfant à l’heure de départ du dernier enfant, peut atteindre 10 heures de présence et de travail. Donc, si les enfants sont accueillis sur un temps partiel de 80 %, même avec une amplitude horaire de 10 heures, elles ne seront payées qu’à 80 %.
 
A propos de  la durée du temps de travail : dans le contrat actuel il est stipulé que la  durée de travail est fixée à 45 heures par semaine pour un temps plein. En effet, l’article L51-4 du statut des assistantes maternelles stipule que  les heures travaillées au-delà de 45 heures hebdomadaires donnent lieu à une majoration de rémunération.

Avec le contrat proposé, les heures supplémentaires ne seront payées que lorsqu’elles dépassent 198 h par mois. Cette disposition va permettre de lisser le temps de travail des assistantes maternelles sur le mois car lorsqu’elles prendront un congé ou qu’il y aura un jour férié, elles perdront le bénéfice de leurs heures supplémentaires..

En ce qui concerne les  indemnités d’absence et de départ, dans le contrat actuel, elles sont  différenciés : Pourquoi n’est-ce plus le cas dans le nouveau contrat ?

Pour les jours du maire : le contrat de travail datant du 27 août 2007 spécifie que les jours du maire sont payés mais non posés. Un avenant de janvier 2008 spécifie que si aucun enfant n’est présent  chez l’assistante maternelle lors des jours du maire, cette dernière sera dans ce cas en congé « jour du maire ». Une directive orale datant de début 2009 venant de la DVSPE spécifie que si aucun enfant n’est présent lors d’un des jours du maire, l’assistante maternelle devra poser un jour de congé régulier, le jour du maire lui étant payé. Après contestation des assistantes maternelles renvoyant à l’avenant au contrat de travail, le service répond que l’avenant était signé pour un an alors qu’en fait, c’est le contrat d’accueil des enfants qui est signé pour un an.

Résultat, les assistantes maternelles ne savent plus trop comment elles doivent considérer les jours du maire.

Vous le voyez, chers collègues, il y a de nombreux points à éclaircir, de nombreuses questions sans réponse. Il nous semble qu’il faut prendre le temps avec les assistantes maternelles et les organisations syndicales de revoir ce contrat.

En conséquence, nous demandons que soit retirée cette délibération. »

Cette déclaration a mis le feu aux poudres puisque successivement, tous les groupes de la majorité, excepté le groupe socialiste, ont demandé le retrait de cette délibération. Même l’opposition, flairant le bon coup, a cru bon ajouter sa voix à cette demande.
L’adjointe aux affaires sociales et l’adjoint aux ressources humaines ont finalement dû retirer leur délibération et prendre l’engagement de rediscuter du contrat.

Cet épisode est un (petit) exemple de ce que l’on peut faire quand chaque acteur joue son rôle, s’engage et que l’on crée des synergies. Là, tout y était : les personnels, le syndicat et les élus pour relayer.


Par cyril
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Lundi 29 juin 2009
Avant la séance du Conseil Municipal, nous avons reçu des syndicalistes de Michelin qui nous ont fait part des licenciements programmés  et de leur état d'esprit.
Voici la déclaration que nous avons faite en ouverture du Conseil Municipal.



Tout comme Sarkozy et son gouvernement qui ont attendu le lendemain des européennes pour annoncer toute une série de mauvais coups allant de l'augmentation de l’âge de départ en retraite à la baisse de dépenses sociales, MICHELIN passe à la vitesse supérieure avec l'annonce de 3000 suppressions d'emplois en France dans les 3 ans à venir et la fermeture de l'usine de Noyelles-lès-Seclin.
 
Comme les autres, profitant de la crise, Michelin veut, pour maintenir son taux de profit, tailler dans les effectifs et augmenter la productivité.
Il en profite pour annoncer la « restauration de la compétitivité de l'entreprise » visant une rentabilité financière à 2 chiffres ! Comme les autres, il pratique le licenciement des intérimaires et des CDD,  après avoir imposé congés et RTT aux salariés en CDI , après des mesures de chômage partiel et une politique salariale désastreuse,  alors que chaque salarié du groupe a crée en 2008 plus de 140 000 € de richesses !
 
L'argent existe pour augmenter  les salaires, développer et non supprimer l'emploi, et satisfaire les revendications et non réduire les acquis sociaux
 
Pour des centaines de familles subissant la crise économique, se profilent, avec l'annonce de Michelin, des difficultés financières, des vies bouleversées.

Qui peut croire que les mesures de reclassement internes à des centaines de kilomètres pour les salariés de Noyelles-les-Seclin représentent une solution alternative ?

Quant au 100 millions d’euros d’investissement prévu pour le site de Ladoux, ils sont annoncés depuis 2007. Même si cela va dans le bon sens, que représentent ces 100 millions d’euros par rapport au 16 milliards de chiffres d’affaires ? N’est-ce pas un petit artifice pour mieux faire passer son plan de suppressions d’emplois auprès de l’opinion publique ?
 
C’est l’emploi industriel et les salariés qui payent la crise des capitalistes. Pour mémoire, les dividendes versés aux actionnaires des entreprises industrielles représentaient en 1985 moins de 5% de la valeur ajoutée des entreprises. En 2008, ils s’élevaient à 24%. En 1993, les revenus financiers des entreprises représentaient 34% des revenus issus de l’activité productive, en 2008 ils ont bondi à 76%. Ces quelques chiffres montrent la réalité du cancer financier.
 
Le Président de la République au congrès de Versailles fait mine de s'indigner de voir l'industrie foutre le camp du pays et propose un emprunt pour des secteurs stratégiques et des priorités nationales.
 
Le dernier emprunt d'Etat Balladur de 1993 avait surtout enrichi les gros contribuables  et dopé la croissance financière et il avait couté à la collectivité publique 90 milliards de francs tout en ne lui rapportant que 40 milliards !
 
Que ce soit chez Caterpillar, Continental, l'automobile, les banques, les services publics...il est plus que temps  que les salariés  obtiennent des pouvoirs nouveaux permettant aux salariés d'intervenir dans tout ce qui fait la vie des entreprises : choix industriels, gestion de l'emploi et des compétences, formation, utilisation de l'argent et du crédit, nature et localisation des investissements, organisation et condition de travail.
 
Il s'agit de passer des droits consultatifs à de véritables droits décisionnels  dans la gestion des entreprises et notamment pour l'emploi.
 
Ce ne sont point des vœux ou des discours fustigeant le capitalisme fou dont les salariés ont besoin, ce sont des lois qu’il faut.
 
Les députés communistes ont déposé le 28 mai 2009 plusieurs propositions de loi pour lutter contre la crise et notamment une proposition de loi visant à modifier la définition du licenciement économique pour exclure notamment de ce champ les entreprises qui ont dégagé des bénéfices, constitué des réserves, distribué des dividendes ou reçu  des aides publiques.
 
Cette loi a été repoussée par la Droite et le Modem. Or, si elle avait vu le jour, Michelin aurait eu bien plus de mal pour procéder à ces licenciements visant à accroître le profit et la rentabilité financière.

Michelin doit négocier une autre répartition des richesses, développer l’emploi et donc arrêter son plan social.

Par cyril
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Samedi 23 mai 2009
Suite à l'intervention que j'ai faite au Conseil Municipal du mois dernier concernant les espaces publicitaires sur les cabines téléphoniques et à sa parution sur ce blog, une journaliste de Le Monde m'a contacté pour en savoir plus.
Voici l'article qu'elle a écrite sur la disparition progressive des cabines téléphoniques.





LE MONDE | 23.05.09 | 14h08  •  Mis à jour le 23.05.09 | 14h08

Postées le long des nationales, sur les parkings des routiers, devant les mairies, à l'intérieur des bouches du métro parisien, des restaurants, des halls de gare et même des lycées, elles font tellement partie du paysage qu'on n'y fait plus vraiment attention. Les 152 000 cabines téléphoniques publiques - ou Publiphones dans le jargon de l'ex-administration des Postes et des télécommunications -, forment pourtant un maillage encore très dense du territoire. Le fameux modèle dit "de Paris", y est surreprésenté : cage en verre et alu au look inchangé depuis les années 1980, avec son odeur caractéristique de "chaud" et de tabac...

Déjà cultes, sont-elles condamnées à disparaître ? C'est ce que craignent les syndicats de France Télécom, après que l'opérateur historique du téléphone leur eut annoncé, mi-mai, en comité central d'entreprise, sa décision d'en déléguer la maintenance technique à une société externe. Alors même que l'arrêté ministériel officialisant le renouvellement pour deux ans de sa mission de gestion des cabines est attendu dans les prochaines semaines.

Les syndicats, SUD-PTT en tête, très sensibles à ce sujet relevant du "service universel" (ex-service public) du téléphone, y voient une preuve supplémentaire du désintérêt supposé de l'entreprise pour les cabines.

"C'est précisément parce que nous voulons maintenir la qualité de service mais que notre personnel vieillit que nous avons décidé de sous-traiter", assure-t-on au siège parisien de France Télécom. "Nous garderons la main sur la supervision du parc", promet-on. Et d'ajouter : "Nous sommes largement au-dessus de nos obligations, qui sont d'une cabine par commune, plus une cabine supplémentaire au-delà de 1 000 habitants."

En tout cas, l'âge d'or des cabines est révolu. Entre 1997 et aujourd'hui, plus de 60 % d'entre elles ont disparu. L'explosion du téléphone mobile y est évidemment pour beaucoup. Selon l'Arcep, le gendarme français des télécoms, la France comptait plus de 58 millions d'abonnés au mobile fin mars 2009. Les volumes de communication des Publiphones ont diminué de 50 % entre fin 2007 et fin 2008. Mais le mobile n'explique pas tout, prétendent les syndicats de France Télécom. "Nous ne savons pas dans quelle mesure cette baisse des usages est réelle ou provoquée, à cause des négligences d'entretien des cabines", avance Christian Pigeon, de SUD-PTT.

Sur le terrain, les salariés de la "publiphonie" dénoncent les premiers effets délétères de la sous-traitance. "Depuis des années déjà, l'opérateur délègue le nettoyage et la réparation de l'habitacle. Le problème, c'est qu'avant, dès qu'il y avait un acte de vandalisme, nous intervenions tout de suite pour éviter que l'on s'acharne sur la cabine. Maintenant, les sous-traitants mettent parfois un mois avant d'arriver. C'est souvent trop tard, la cabine a été complètement pillée", témoigne un technicien. Un de ses collègues dénonce aussi la centralisation - au Havre - de la supervision des cabines : " Il y a seulement 22 salariés affectés à cette surveillance, y compris pour les DOM-TOM. Les pannes remontent sous la forme d'alertes automatiques. Le problème, c'est qu'il y a plein de choses que le système ne voit pas : les combinés hors service, les touches "zéro" des claviers défectueuses..." Du coup, "la cabine se dégrade, elle est donc de moins en moins utilisée, et finit par être enlevée", regrette le technicien.

Le fait que les communes doivent assumer une grande partie des frais liés aux Publiphones, alors qu'avant elles n'avaient à assurer que le nettoyage et l'éclairage, explique aussi la diminution du parc. Exemple, dans le village de Holtzwihr (Haut-Rhin), où le maire, Bernard Gerber, a envisagé au début de l'année de faire déplacer la cabine qui faisait "un peu tache" devant la mairie "tout juste rénovée". "J'avais trouvé un autre emplacement près d'un poteau téléphonique, mais la direction régionale de France Télécom m'a dit que les frais seraient à notre charge. Du coup, nous avons supprimé la cabine", raconte M. Gerber.

Beaucoup de cabines n'étant plus renouvelées depuis la fin des années 1980 (1990 dans les grandes agglomérations), France Télécom gagnerait encore de l'argent. "Le groupe réalise environ 25 millions d'euros de profits pour 130 à 150 millions de chiffre d'affaires", croit savoir un technicien de la "publiphonie". La direction de l'opérateur ne confirme pas ces chiffres, mais reconnaît que l'activité reste bénéficiaire.

Les défenseurs des cabines sont formels : ceux qui y ont encore recours n'ont pas d'autre solution. Surtout en temps de crise. "Vous avez tous les chômeurs, les étudiants en fin de forfait de téléphone mobile, les populations immigrées, mais aussi les touristes dont le téléphone ne passe pas en France, voire les détenteurs d'un mobile en panne de batterie", énumère un technicien de France Télécom. Les "tickets téléphone", proposant des tarifs préférentiels vers certains pays étrangers, remportent encore du succès, notamment pour les communications vers l'Afrique du Nord. Les appels en "PCV" (à la charge des appelés) aussi. "Là où j'habite, un quartier nord de Clermont-Ferrand très populaire, tout le monde ne peut pas s'offrir un mobile et les cabines sont utilisées", témoigne Cyril Cineux, élu communiste de la ville. Il s'est récemment opposé à un projet de la municipalité consistant à confier à l'entreprise JCDecaux l'entretien de ses 252 cabines en échange d'espaces publicitaires sur ces dernières. (vous trouverez ici l'intervention faite au Conseil Municipal)

Dès lors, certains hésitent à supprimer leurs cabines. "Nous n'étions pas tout à fait sûrs qu'elles ne resserviraient pas un jour, par exemple en cas d'urgence", explique Bernard Bleslu, maire de Noailhac (Corrèze), 320 habitants, qui a finalement décidé de conserver l'unique cabine du village. "Cela ressemble peut-être à un combat d'arrière-garde mais pourquoi obligerait-on ceux qui n'ont pas de mobile, par conviction ou parce qu'ils n'en ont pas les moyens, à en acheter un ? Et si les ondes de ces téléphones s'avéraient dangereuses ?", s'interroge Odile Vignal, élue Verte de Clermont-Ferrand, qui a également voté contre le partenariat avec JCDecaux.

A la direction de France Télécom, on jure que la cabine a encore un avenir. Les ingénieurs des "Orange Labs", les laboratoires de recherche de l'opérateur, travailleraient sur des projets de reconversion "pour rendre les cabines plus communicantes", explique-t-on au siège.

Pierre Charrié y croit aussi. Ce jeune homme, tout juste diplômé de l'Ecole nationale supérieure de design industriel, avait planché pour son projet de fin d'études, en 2008, sur une reconversion des cabines en points d'embarquement pour covoiturage. Un croisement high-tech entre la cabine téléphonique et l'Abribus. Il a présenté son projet à France Télécom, et les contacts n'ont pas abouti, mais le jeune designer ne veut pas en rester là : "Les enjeux me dépassent un peu. Mais je n'ai pas renoncé. La cabine, elle me passionne, c'est un symbole, un véritable objet social."

Cécile Ducourtieux
Article paru dans l'édition du 24.05.09
Par cyril
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Dimanche 3 mai 2009
Voici l'intervention que j'ai faite au Conseil Municipal pour le groupe communiste concernant une délibération proposant un contrat permettant de conserver des cabines téléphoniques sur la ville de Clermont-Fd à condition que certaines d'entre elles puissent être recouvertes de publicité.




Cette délibération nous pose plusieurs problèmes.

Tout d’abord, nous estimons que les cabines téléphoniques devraient être outil de service public à la disposition  du plus  grand nombre et en particulier (comme il est exposé dans la Convention) des « personnes à revenus modestes ».

Ensuite, au moment où le Conseil Municipal a décidé de mettre en place un nouveau régime de taxation de la publicité extérieure qui conduira, de fait, à moins d’affichage publicitaires, dans une ville où vous pouvez trouver l’autocollant « stop pub » à l’accueil de la mairie, on nous propose une convention avec France Telecom pour qu’il y ait plus d’affichages publicitaires dans la ville. Cela nous paraît contradictoire.

Selon un sondage Ipsos de novembre 2007, 79 % des français trouvent la publicité envahissante et 58% la trouvent agressive. Il y a bel et bien une agression visuelle imposée à tous avec ces panneaux d’affichages ;  pour preuve, certains secteurs, notamment historiques, en sont exemptés.

Prétendre que c’est la publicité qui va permettre d’assurer la pérennité de cabines téléphoniques est faux puisque le coût d’un service financé par la pub est reporté sur les annonceurs qui eux-mêmes le reportent sur le prix que paye le consommateur.

Qu’est-ce donc que la publicité si ce n’est une façon, souvent pernicieuse, de pousser à l’hyperconsommation ? Dans le contexte que nous connaissons, celui de la crise et des dégâts économiques et sociaux qu’elle engendre tous les jours et qui n’épargnent pas les Clermontois, il nous semble indécent de participer à l’augmentation des incitations à toujours plus consommer.

A l’inverse, nous sommes favorables à l’installation de panneaux pour la communication de la ville. Plus généralement d’ailleurs, nous sommes favorables à l’installation de panneaux permettant à des associations à but non lucratif de s’exprimer. A ce propos, 72 panneaux existant de ce type pour une population de plus de 140 000 habitants, cela paraît tout de même insuffisant d’autant plus qu’ils sont généralement monopolisés illégalement par des entreprises à but lucratif.

Pour finir, le groupe communiste refuse donc ce faux choix : soit des cabines avec pubs, soit plus de cabines et propose que nous réfléchissions à une autre solution. En conséquence, nous voterons contre cette délibération.

Par cyril
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Lundi 2 mars 2009
Je mets en ligne la déclaration que j'ai prononcé au Conseil Municipal de Clermont-Ferrand sur la démocratie participative à l'occasion du vote d'une délibération de mise en place de Conseils de la Vie Locale.
Je mets aussi les 2 voeux que nous avons réussi à faire adopter après une sévère bataille concernant le voeu de soutien au peuple palestinien. J'y reviendrai.


Démocratie participative

La mise en place de ces Conseils de la Vie Locale nous apparaît mieux adaptée que les Conseils de Quartier au besoin de faire vivre la démocratie et au découpage des quartiers. Cependant nous ne pouvons pas nous en tenir à la création de Conseil de la Vie Locale pour être en conformité avec la loi. Nous devons sans cesse chercher les voies pour améliorer la démocratie de proximité permettant de mettre en place une véritable démocratie participative. Cette démocratie participative, concept si galvaudé aujourd'hui, quelquefois critiqué ou moqué en coulisse, implique de bien réfléchir sur la nécessaire articulation entre les mécanismes de la démocratie représentative, fondée sur la délégation, et l'implication dans la décision des citoyens en-dehors de l'exercice d'un mandat. A l'opposé d'une pratique managériale qui consiste à écouter pour mieux faire accepter des décisions, la démocratie participative doit porter une vision pédagogique, qui consiste à éduquer, une vision politique qui vise à promouvoir une plus grande égalité dans une société inégalitaire en partageant le pouvoir et une vision émancipatrice.
Cela conduit à redéfinir la démocratie. Il n'y a pas que l'élection, il y a beaucoup d'autres moments. L’exercice démocratique aujourd'hui se complique, se décentralise, a un besoin d'expression, de réaction à ce que fait le pouvoir.
L'exercice de la démocratie est un art délicat quand on veut lui donner sa pleine puissance. La transformation des cultures et des institutions qu'appelle la démocratie participative est difficile. Celle-ci s'inscrit dans un processus d'ensemble qui conduit à redistribuer les pouvoirs, à remettre en cause les institutions, à construire une culture de la coopération et de la responsabilité, et à considérer la gestion des biens communs comme le résultat de cette coopération.
Nous n'en sommes pas là avec cette délibération mais c'est bel et bien vers cet horizon que nous souhaitons progresser. C'est pour cela que nous versons d'ores et déjà des propositions au débat pour poursuivre la réflexion. Nous proposons donc que l'on donne la possibilité d'un "droit de saisine" du Conseil Municipal aux Conseils de la Vie Locale sur un sujet que l'un d'eux souhaiterait porter à la connaissance du Conseil Municipal, nous sommes favorables à l'organisation d' « Assises Citoyennes » qui seraient l'occasion d'un vaste débat avec les Clermontois autour de la ville et de son avenir avec un contrat d'engagement de la municipalité.
Tout cela permettrait de progresser réellement sur les voies nécessaires du partage du pouvoir.




VŒU POUR UN PARTENARIAT DE SOLIDARITE
ENTRE LA VILLE DE CLERMONT-FERRAND
ET UNE VILLE PALESTINIENNE


Durant près de trois semaines, un déluge de fer et de feu s’est abattu sur la bande de Gaza faisant plus de 1 300 victimes et 5 300 blessés palestiniens, pour l’essentiel civils, dont de nombreux enfants. Il s’agit de l’attaque israélienne la plus meurtrière depuis 1967. Cette escalade de violence n’est pas acceptable et vient aggraver encore davantage la crise humanitaire causée par 18 mois de blocus israélien. Nous ne cautionnons pas les tirs de roquette de la part du Hamas. Pour autant, nous condamnons la disproportion flagrante de la réaction de l’Etat d’Israël ainsi que  les actes perpétrés par l'armée israélienne dans la bande de Gaza et particulièrement l'utilisation d'armes interdites par la Convention de Genève contre une population qui se voit refuser le droit légitime à un Etat viable et qui est confrontée en permanence à une armée d'occupation.

C’est pourquoi les groupes  communiste, socialiste, les Verts, Lutte Ouvrière  et 100 % à gauche proposent ce vœu :


« Le Conseil Municipal de Clermont-Ferrand

-    Demande que la levée du blocus de Gaza, la création d'un Etat Palestinien viable, l'application et le respect des résolutions de l'O.N.U., conditions nécessaires à une paix juste et durable dans cette région, soient mis en œuvre. Le droit des Palestiniens à un Etat, et celui d'Israël à vivre en sécurité sont les seules conditions d'une paix durable dans la région.

-    Appelle à soutenir toutes les forces de paix Palestiniennes et Israéliennes qui luttent pour la cohabitation pacifique de deux Etats dans la sécurité et pour la coopération entre les peuples.

-    Décide d'apporter son soutien à la population palestinienne par un partenariat entre la ville de Clermont-ferrand et une ville Palestinienne ou un quartier de Gaza.

-    Et mandate le Maire pour mettre en œuvre ce partenariat.»

Motion relative au projet de suppression

de la taxe professionnelle



Le Président de la République a pris la décision, sans concertation avec les élus locaux, de supprimer la Taxe Professionnelle. Il prend ainsi l’initiative de rompre le lien social indispensable qui relie les entreprises et les collectivités locales et fait un cadeau illusoire aux entreprises.

Le manque à gagner pour les collectivités locales va mettre les élus dans une situation de plus en plus intenable, contraints de renoncer à des investissements d’intérêt général ou d’en faire payer le prix à la population.
Priver les Collectivités Territoriales de cette ressource amènerait celles-ci soit à réduire leurs services et leurs investissements de manière considérable et à court terme réduire l’emploi, soit à augmenter les impôts sur les ménages et faire payer aux plus modestes les cadeaux faits aux plus riches.
Cette décision, tout comme la réforme annoncée des collectivités locales,  est un nouveau coup porté à la démocratie et aux services publics locaux. Elle est prise dans la continuité des mesures déjà mises en œuvre depuis plusieurs années.

Nous sommes déterminés à nous mobiliser, avec l’ensemble des élus pour que le Gouvernement abandonne la suppression de la Taxe Professionnelle.

Le Conseil Municipal de Clermont-Ferrand demande au Gouvernement :

-    De surseoir au projet de réforme de la taxe professionnelle,
-    D’engager avec les collectivités territoriales un dialogue sur la réforme de la fiscalité locale.
Par cyril
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Mercredi 31 décembre 2008
Je mets en ligne la déclaration que j'ai faite au nom du groupe communiste au Conseil Municipal du 18 décembre sur le vote du budget.



La décision du gouvernement d’intégrer dans le périmètre des dotations le remboursement de la TVA payée par les collectivités fait qu’en réalité les contributions de l’Etat ne progresseront que de 0,8 %, et non de 2% comme annoncé.

Depuis plus de trente ans, le remboursement de la TVA a permis de redonner de la capacité d’investissement aux communes. Le gouvernement la remet en cause, en considérant cette somme comme une dotation comme les autres. Elle est ainsi vidée de son sens premier. Mais surtout, c’est une remise en cause de la libre administration des communes. Le gouvernement revient sur ce principe, en considérant que le remboursement de la TVA est une dotation et qu’il lui appartient de déterminer comment la cibler.

Le désengagement de l’Etat est de plus en plus lourd. La baisse des dotations de l’Etat et le plafonnement de la Taxe Professionnelle asphyxient les collectivités locales. Et cela ne va pas s’arranger avec la mise à mort de la TP avec l’exonération à 100 % des nouveaux investissements industriels de la TP jusqu’au 1er janvier 2010.

La droite veut le beurre et l’argent du beurre : notre collègue Brenas nous vante la politique de réduction des dépenses de l’Etat tout en se déclarant favorable au maintien du niveau de la fiscalité locale et du niveau des investissements. La variable d’ajustement dans cette affaire, ce sont les actrices et les acteurs du Service Public. Ce sont les fonctionnaires, ceux, qui dimanche dernier, ont permis un déneigement rapide et efficace.

Pour notre part, nous pensons qu’il y a d’autres solutions. Nous pensons qu’il faut une réforme fiscale qui intégrérerait dans l’assiette de la TP les actifs matériels et financiers des entreprises. En appliquant un taux modeste de 0,5 %, ce serait 15 à 18 milliards d’euros de recettes supplémentaires. Il faut supprimer le plafonnement de la TP et surtout rendre juste l’impôt local pour qu’il intègre la situation financière de ceux qui doivent payer.


La crise va être extrêmement dure. Face à la détérioration de la situation sociale, nous avons besoin de services publics répondant aux besoins des populations. Je dirais même que nous en avons encore plus besoin.


Le groupe communiste votera donc ce budget avec l’augmentation de 2 %. Il serait démago de ne pas augmenter de la hauteur de l’inflation.
Mais nous ne pourrons pas continuer longtemps sur la même voie. On est au taquet.
Dans les années à venir, nous risquons d’avoir dans le même temps une réduction du périmètre public et une augmentation des impôts. Et ce seront ceux qui vont subir de plein fouet les effets de la crise qui subiront de nouveau la réduction des Services Publics.
Il va falloir mener la bataille politique pour aller chercher d’autres sources de financements. Nous allons avoir besoin de créer des rapports de force dans lesquels les élus doivent être fer de lance. Nous devons sortir du bocal et aller interpeller nos concitoyens sur les responsabilités de l’Etat et sur la nécessité d’une réforme de la fiscalité locale.
Ne pas mener la bataille politique sur le financement des services publics, c’est à terme laisser au gouvernement les mains libres pour privatiser car les besoins des population ne vont pas disparaître.


En Conclusion je dirais :
Oui au budget et oui à la bataille politique pour exiger une vraie réforme de la fiscalité.
Par cyril
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Mercredi 19 novembre 2008
Le  groupe communiste de Clermont-Ferrand se félicite de la décision de la municipalité clermontoise de ne pas mettre en place le Service Minimum d’Accueil dans les écoles.  Celui-ci ne vise qu’à affaiblir le mouvement social et diviser le personnel de l’Education Nationale et les parents d’élèves. De plus, il est techniquement impossible d’assurer la sécurité des enfants dans les conditions prévues par la loi. Plutôt que de décider de telles mesures démagogiques, le gouvernement doit entendre et répondre aux revendications des personnels de l’Education Nationale. Ceux-ci manifestent pour dénoncer la politique éducative du gouvernement, notamment les suppressions de postes, réclamer le  maintien des postes de Rased (postes des maîtres des Réseaux d'aides spécialisées aux élèves en difficulté) et exiger un véritable dialogue social. Ils ont le soutien des élus communistes de Clermont-Ferrand qui appellent la population à venir manifester jeudi 20 novembre à 10 h 00, avenue de la République.
Par cyril
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Dimanche 9 novembre 2008
Voici l'intervention que j'ai prononcé vendredi soir au Conseil Municipal de Clermont-ferrand.


Ce débat d’orientation budgétaire a lieu alors que l’économie mondiale vit l’une des plus importantes crises de son histoire. Chaque jour qui passe confirme la gravité de cette crise due, en grande part, à une politique de modération salariale aussi bien suivie aux Etats-Unis qu’en Europe obligeant les ménages à recourir de plus en plus au crédit pour maintenir leur niveau de vie.
Mais cette crise n’est pas seulement une crise financière. C’est la crise du système capitaliste dans son ensemble. La recherche effrénée, frénétique du profit, la volonté de faire de l’argent à n’importe quel prix, quelles qu’en soit les conséquences sur les territoires ou sur les hommes conduit l’Humanité dans le mur et aujourd’hui l’économie mondiale dans la faillite. Cette situation appelle de la part de la gauche à être offensif et audacieux pour apporter des réponses nouvelles à la hauteur de la gravité de la crise que nous traversons.
 
Cette crise va inévitablement avoir des conséquences sur les collectivités locales qui vont être confrontée à d’énormes difficultés financières. Les milliards que vient de débourser le gouvernement pour sauver les banques seront en partie ponctionnés sur les crédits que l'Etat doit aux collectivités locales. La dégradation de la situation économique va très sérieusement handicapée les budgets des collectivités et par conséquent nos capacités à répondre aux besoins des populations elles-mêmes touchées de plein fouet par cette crise.
Certes, le gouvernement a annoncé le déblocage de cinq millards d’euros aux collectivités, mais faute d’une réforme en profondeur du crédit, les problèmes vont demeurer dans les années à venir. Ils risquent même de s’aggraver compte tenu de la multiplication des prêts sophistiqués et extrêmement risqués accordés aux collectivités par des banques, notamment DEXIA.
A ce propos, les trois milliards d’euros que le gouvernement a décidé d’injecté pour sauver DEXIA ne peuvent pas l’être sans contreparties. Il n'est pas acceptable que l'Etat vienne au secours d'un établissement financier comme DEXIA sans maîtriser effectivement sa stratégie et sa gestion, et la compensation de l'aide apportée doit pouvoir s'accompagner d'une nationalisation durable des actifs sains de ces établissements. DEXIA doit remplir sa mission au service des collectivités territoriales notamment en accordant des emprunts à taux privilégiés pour garantir les investissements publics en contrepartie du refinancement public dont elle a bénéficié.
 
Beaucoup de collectivités sont allés chercher ces emprunts à hauts risques, jouant le jeu de la finance internationale et alimentant le brasier spéculatif. Certaines s’en mordent les doigts aujourd’hui, d’autres ont manœuvré plus finement et sont à l’abri pour l’instant. Mais pour combien de temps ?
Ces prêts à taux variables, ces produits structurés ne peuvent pas résulter que d’une question économique. C’est aussi un choix politique qui nous appartient. Ne pas jouer en bourse n’est pas qu’une question financière, c’est un problème d’éthique et de responsabilité. La gauche a un devoir d’exemplarité particulièrement en matière de gestion.
Nous proposons donc que le Conseil Municipal s’engage aujourd’hui à stopper progressivement toute gestion financière et spéculative. Cela sera aussi notre contribution au nécessaire combat politique contre le capitalisme.
 
Car si l'on veut s'attaquer efficacement à cette crise, il faut s'en prendre aux causes profondes et réorienter l'argent vers l’économie réelle et les besoins sociaux, augmenter les salaires, les retraites, développer les services publics, financer l’éducation, la recherche et les investissements utiles.
Il est absolument nécessaire de contrôler les mouvements de capitaux. Il faut revenir sur l’aberrante liberté de circulation des capitaux qui alimente l’incendie financier. Dans le même sens, il faut engager une lutte acharnée contre les paradis fiscaux, dont l’existence, au sein même de l’Europe, permet à des capitaux considérables d’échapper à tout contrôle.
 
Les élus communistes préconisent notamment la création d’un pôle bancaire public pour favoriser la lutte contre la spéculation et répondre aux besoins sociaux de notre société. Nous avons besoin de banques tournées vers un autre modèle de développement, donnant la priorité au financement d’investissements créateurs d’emplois favorisant une croissance de qualité respectueuse de l’environnement. Ce pôle financier public interviendrait dans les domaines du développement des PME, du financement du logement social, de la politique de la ville et des transports, de la politique industrielle et de l’aide à l’innovation.
 
Dans le projet de loi de finance 2009, les collectivités locales sont particulièrement maltraitées. Avec la mise à mort du « contrat de croissance et de solidarité », nous sommes passés désormais dans l’ère du « contrat unilatéral de décroissance et d’instabilité ». En effet, les dotations de l’Etat ne progresseront que bien en dessous de l’inflation réelle, notamment bien en dessous de celle du  panier du maire avec plus 3,6%. Cependant les collectivités sont davantage victimes de l’inflation, leur pouvoir d’achat va donc reculer.
Dans la dotation globale de fonctionnement (DGF), la dotation de solidarité urbaine (DSU) devait être vidée de son critère de logement social. Conséquence : près de 240 communes de plus de 10 000 habitants dont Clermont-Ferrand devaient être éjectées de son bénéfice. Devant le tollé des élus et de leurs associations, dont l’ANECR, le gouvernement a été contraint d’en atténuer cette année la mise en œuvre, mais rien n’est réglé.
En décidant de transférer des charges sans moyens réels, de baisser les dotations d’Etat, de plafonner les recettes de la taxe professionnelle, le gouvernement instaure un grave déséquilibre et accentue l’étranglement financier des collectivités. Quant à la taxe professionnelle (TP), son arrêt de mort apparaît comme signé. A entendre Nicolas SARKOZY, sa marche à la guillotine démarre en janvier 2009. La suppression de la part salaires et le plafonnement à 3,5 % de la valeur ajoutée l'avaient saigné à blanc. Avec l'hypothèse de sortir de ses bases les investissements réalisés (soit près de 80 % des bases), la mort de la taxe professionnelle serait acquise. Il y a quelques jours, le président de la République a commencé la mise en œuvre de cette disparition de fait de la TP, en annonçant que tous les nouveaux investissements industriels réalisés en France seront exonérés à 100% de taxe professionnelle jusqu'au 1er janvier 2010. Or, depuis la révolution industrielle, l’essor et le développement des collectivités sont intimement liés à l’existence d’un tel impôt économique leur permettant d’assurer 70% du montant total des investissements civils dans ce pays.
Plus que jamais, il faut une réforme de la fiscalité locale qui apporterait durablement aux collectivités les moyens de développer les services publics et financer les investissements utiles à leurs habitants. Tout d’abord, en supprimant le bouclier fiscal, les cadeaux fiscaux et les exonérations de charges qui alimentent les opérations financières et plombent les comptes publics. Ensuite, en instaurantimmédiatement une contribution des grandes fortunes.
 
Depuis longtemps, les élus communistes  préconisent  de faire de la taxe professionnelle un impôt dont l'assiette serait élargie à tous les actifs matériels et financiers des entreprises. A hauteur de 0,5 %, cette contribution augmenterait les ressources des collectivités locales tout en évitant de pénaliser les investissements en faveur de l'emploi. C’est la seule façon de permettre l’autonomie financière des collectivités.
 
Pour l’instant, l’Etat nous doit de l’argent. Si la situation en restait là, ce seront les Clermontoises et les Clermontois qui auront à supporter le désengagement financier de l’Etat. Il nous faut mener la bataille politique pour que l’Etat verse à la ville ce qu’il lui doit. Repoussons le vote du budget au mois de mars pour nous permettre de mener cette bataille avec les Clermontois non pas de manière défensive mais bien de manière offensive pour obliger l’Etat à honorer se parole.  Cela nous permettra peut-être d’y voir plus clair sur la situation économique internationale et surtout de poser sur la place publique les problèmes de désengagement de l’Etat. Nous sommes dans une situation inédite qui exige des actes inédits. Dans cette période qui s’annonce difficile pour nos concitoyens, nous devons tout faire pour nous opposer à toute réduction du périmètre publique.



Les socialistes ont refusé nos 2 propositions mais ont quand même accepté d'adopter un voeu demandant une réforme de la fiscalité locale. Le voici :

Refuser l'asphyxie financière des collectivités locales, dégager de nouvelles ressources financières par une réforme audacieuse de la fiscalité permettant de réalimenter la dépense publique, moteur important des investissements dans notre société et de répondre aux besoins sociaux.
 
Les collectivités territoriales sont confrontées à des besoins sans cesse croissants. Or, le désengagement de l'Etat et les transferts de compétences non accompagnés de moyens pérennes et évolutifs, s'ajoutant à des ressources stagnantes, voire en diminution, aboutissent à une asphyxie rapide et programmée des collectivités locales.
 
L'autonomie financière de gestion est mise en cause, en contradiction avec la libre administration des collectivités territoriales.
 
En remettant en cause unilatéralement le contrat de solidarité et de croissance, l'Etat revoit aussi à la baisse l'enveloppe des dotations faites aux collectivités alors que les dépenses de ces dernières sont en forte augmentation, du fait notamment de hausses généralisées et des transferts de compétences de l'Etat qui ont eu lieu et qui n'ont pas été accompagnées des financements correspondants.
 
A terme, les conséquences de cette politique seront catastrophiques pour les citoyens et conduiront les collectivités à freiner tout effort en direction des habitants et de prendre des dispositions favorables à l'intérêt des populations. Cette situation ne peut perdurer.
 
Le Conseil Municipal de Clermont-Ferrand demande au Gouvernement une réforme de la fiscalité locale garantissant l'autonomie financière aux collectivités territoriales qui leur permettra d'assurer toutes leurs compétences.
 
Il demande notamment que l'assiette de la taxe professionnelle soit élargie en intégrant la taxation des actifs financiers, qui ne participent pas actuellement au développement des territoires et à la satisfaction des besoins sociaux.
 
En appliquant un taux modeste de 0,5% sur les actifs financiers, 15 milliards d'euros seraient disponibles pour les collectivités locales.
 
Ce serait une première étape dans la refonte de la fiscalité locale et dans la construction d'une plus grande justice sociale.



Par cyril
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Mercredi 18 juin 2008

Au Conseil Municipal de Clermont-Ferrand du 13 juin, Cyril CINEUX, président du groupe, est intervenu sur le changement de statuts de Clermont Communauté. Après ses collègues du groupe communiste de Clermont-Co à l’occasion d’une conférence de presse , Cyril CINEUX est revenu sur la nécessité de mettre en place « un exécutif politique représentant la majorité politique de l’Assemblée ». Cette exigence, réclamée depuis plusieurs années par les élus communistes de l’agglomération, se fait de plus en plus pressante compte tenu du désengagement de l’Etat. Il a rappelé « la responsabilité évidente de la très grande majorité des collectivités dirigée par des équipes de gauche dans la bataille politique à mener ». Faisant état de la disponibilité des élus communistes pour mener cette bataille, Cyril CINEUX a réaffirmé l’exigence de faire toute leur place aux élus communistes au sein du futur exécutif.

Les élus communistes ont également fait adopter un vœu condamnant l’utilisation du fichier base élèves (ci-dessous). Ils ont également proposé que le Conseil Municipal apporte son soutien aux postiers en grève. Le matin même, Jacques LANOIR et Cyril CINEUX s’étaient rendus auprès des facteurs de Croix de Neyrat pour apporter leur appui aux grévistes. Mais les socialistes ont refusé de mettre aux voix ce vœu, arguant du fait qu’il était arrivé hors délai. A la mairie de Clermont, l’actualité politique et sociale ne doit pas déranger la routine bureaucratique. Alain Laffont, leader agité et comédien de « l’opposition de gauche » qui avait proposé aux élus communistes de s’associer à ce vœu s’était mystérieusement éclipsé au moment où celui-ci était mis en débat.

Pour les mêmes raisons bureaucratiques, Patricia AUCOUTURIER (de retour de manif pour protester contre la venue de Bush et l’intervention militaire en Afghanistan) n’a pu présenter un vœu condamnant la poursuite de l’intervention armée en Afghanistan et l’envoi de troupes supplémentaires dans ce pays.


 

 

En 2004, le Ministère de l’Education Nationale a décidé de mettre en place, d’abord sous forme expérimentale, dans quelques départements, un nouveau système relatif aux données concernant les élèves des écoles maternelles et élémentaires : le fichier base-élèves. Pour chaque élève, les directeurs d’école devaient indiquer notamment les redoublements, les aides diverses (RASED), la date d’arrivée en France, la nationalité, la langue et culture d’origine, etc…

 Le gouvernement entend généraliser ce système dans les mois qui viennent sans débat démocratique. A terme, tous les enfants devraient être « fichés » dès leur entrée à l’école et durant toute leur scolarité. Ce fichage centralisé a été présenté comme un simple outil de gestion et n’a fait l’objet d’aucun débat public.

 Malgré la suppression de toute référence à la nationalité, nous considérons toujours ce fichage comme une atteinte aux libertés.

Non convaincus du bien-fondé pédagogique de ce fichier, inquiets de voir des données nominatives sortir de l’école via internet, nous nous étonnons qu’une telle machine soit présentée comme inoffensive par l’Education Nationale alors qu’elle représente un risque majeur de fichage des enfants et de leur famille.

 Comment ne pas s’interroger sur les utilisations qui seront faites demain de telles bases de données ?

L'inspection Académique aura accès à toutes les données concernant les familles d'enfants scolarisées. En particulier la date d'arrivée en France, l'adresse... Plus la peine pour la police d'attendre les parents sans papiers devant les écoles, le Ministre de l’Immigration, Monsieur Brice HORTETEUX, n’aura plus qu’à demander à l'Inspection Académique de lui  fournir directement les adresses des familles « suspectes ».

 Lors de son congrès national qui a eu lieu à Epinal les 10,11 et 12 mai dernier, la FCPE a présenté une motion demandant l’arrêt de la mise en oeuvre de Base-élèves. Plusieurs organisations syndicales de l’Education Nationale se sont élevées contre ce fichier.

 Par conséquent, constatant que la mise en place de Base élèves ne garantit ni le respect de la vie privée des familles, ni le droit à la protection des données individuelles et n’apporte rien à la réussite des élèves,

 Le Conseil Municipal, après en avoir délibéré :

Décide de voter contre l’utilisation du fichier Base élèves du premier degré,

Demande que son application soit arrêtée.

Par cyril
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Citations

Le moyen le plus sûr de discréditer une nouvelle idée politique (et pas seulement politique) et de lui nuire, c'est de la défendre en la poussant à l'absurde. En effet, si on la rend « exorbitante », si on l’exagère, si on l'étend au-delà des limites de son application réelle, peut-être poussée à l'absurde, et, dans ces conditions, se change même infailliblement en absurdité. LENINE

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