84 jours seul sans voir une seule fois Sarkozy à la télé !!
Je ne sais pas si l'année prochaine, je ne vais pas m'inscrire au Vendée Globe...

Quoi de neuf dans l'actu politique ?
Oh, trois fois rien... Mme Royal nous fait un aveu terrible. Elle a proposé à François Bayrou le poste de premier ministre ??!! La campagne socialiste du premier tour, concernant Bayrou, a été
d'affirmer et de réaffirmer que François Bayrou était un homme de droite. Cependant, cela n'a pas dérangé Mme Royal pour lui proposer ce poste.
Mélenchon analyse très bien dans son livre cette dérive "démocrate" du Parti Socialiste et de beaucoup de ses dirigeants. Il y a tout de même de quoi s'interroger pour les millions de Français
sincèrement de gauche qui ont voté pour elle au premier et au second tour.
Cela ne rend que plus évident et plus urgent le débat sur ce qu'est la gauche, ses frontières, ses limites, ses différences.
Quoi d'autres ? Ah oui, Sarkozy pourrait aller négocier directement avec les FARC pour la
libération d'Ingrid Betancourt.
He bien, je fais une proposition : que les FARC gardent Sarko et libère Ingrid Betancourt. On s'y fera à l'absence de notre Président ; la libération d'une otage retenue depuis 5 ans n'a
pas de prix.
Alors, que celles et ceux qui sont d'accord avec cette proposition se manifestent. Peut-être que nous pourrions obtenir gain de cause si nous sommes suffisamment nombreux.
La prestation de notre cher Président a été un exercice de grande communication. On le voit d’ailleurs (bien)heureux d’être face à Arlette Chabot et à PPDA, tellement
heureux qu’il ne permet pratiquement pas aux journalistes non seulement de poser une question mais même d’introduire une nuance dans le propos du Président. Le problème
là-dedans, ce n’est pas ce que fait Sarko, c’est ce que ne font pas les journalistes, les 2 présents bien sûr mais surtout tous les autres ne dénonçant pas cette forme de communication.
Bref, qu’y-a-t-il eu dans l’opération de com’ de notre cher président ? Il nous a annoncé des mesures révolutionnaires. Florilèges :
Personne ne s’y attendait mais il ne faut pas oublier de le rappeler, le chef d’Etat ne s’est pas prononcé en faveur d’augmentation de salaires. Ceux qui veulent toucher plus pourront revendre leur RTT, en attendant de solder les congés payés car ce sera la prochaine étape. On pourra aussi, si on se met d’accord avec le patron, renoncer aux 35 h pour avoir une augmentation de salaire. On achète donc une augmentation de salaire avec une régression sociale.
Nous avons eu un Sarko menaçant les entreprises de ne pas poursuivre les exonérations fiscales si elles ne conduisaient pas des négociations salariales. Cela serait risible si ce n’étiat pas si dramatique. Qui plus est, c’est de nouveau cette méthode d’exonérations de cotisations sociales qui est choisie pour inciter les entreprises à augmenter les salaires. Pourtant, ces exonérations ne font que tirer les qualifications et les salaires vers le bas. Et alors que le président nous fait son refrain de « les caisses sont vides », il vide un peu plus les caisses en promettant de nouvelles exonérations de cotisations sociales.
Précarité : la faute au « social » !
Le moment le plus ahurissant, c’est quand il nous a fait son grand numéro de président « sociale » nous expliquant qu’il veut s’attaquer à la législation sociale car, selon lui, c’est en France où la législation sociale est la plus complexe et la plus protectrice que les salariés ont l’impression d’une plus grande précarité. Il nous dit donc, sans aucune réaction des 2 godiches censées lui apporter la contradiction, que c’est la législation sociale trop « complexe » qui crée la précarité. Le capitalisme ? Connais pas !?
Ca promet pour les prochains mois….
Il nous a aussi fait le coup du « bon sens ». « Pourquoi la loi empêcherait-elle, dans une entreprise, des salariés et un
chef d’entreprise de se mettre d’accord ? » a-t-il demandé aux 2 fantômes venus l’interviewer. Ben oui, pourquoi ? Sarkozy aurait dû lire Lacordaire : « Entre le fort et le faible, entre le riche et le pauvre, entre le maître et le serviteur, c'est la liberté qui opprime
et la loi qui affranchit ». Les rapports entre un chef d’entreprise et ses salariés ne sont pas rapports de bons voisinages, ce sont des rapports de force entre des individus aux intérêts
divergents. Pour employer un gros mot, cela s’appelle la lutte des classes. Et dans ce rapport, c’est celui qui réussit à imposer à l’autre ses exigences qui l’emporte. Pour aider les salariés,
dans cette confrontation, on a créé des lois, estimant que le rapport de force était au départ en défaveur du camp ouvrier parce que le salarié doit travailler pour subvenir à ses besoins alors
que le patron, détenteur du capital, n’a pas le même besoin pressant. Pour finir là-dessus, je citerai un auteur que Sarkozy n’a certainement pas lu non plus, un certain Karl Marx dont les pensées sont toujours autant d’actualité et toujours aussi pertinentes : "Le domaine de la liberté commence là où s'arrête le
travail déterminé par la nécessité."
Enfin, le chef de l’Etat s’est attaqué au droit de grève sous une forme, bien évidemment, détourné. Parlant du mouvement étudiant, il a déclaré qu’ « une minorité n’a pas à
bloquer ». Ce qui revient à dire que lorsqu’on est en désaccord on n’a juste à fermer sa gueule. Bientôt on nous proposera de faire comme au Japon, de travailler avec une pancarte « en
grève » autour du cou.
Je prends la liberté de citer un extrait de mon rapport d’introduction à l’Assemblée Départementale : « Il n’est pas inutile de rappeler que le droit de grève est inscrit dans le préambule de 1946 de la Constitution Française. Que c’est un droit pour chaque salarié. Qu’à partir du moment où des salariés se sentent lésés ils peuvent décider d’une action collective. Le droit de grève n’a jamais été lié à l’obligation d’être majoritaire. Et ce pour au moins une bonne raison, c’est que les avantages obtenus au moyen d’une grève sont accordés à l’ensemble des salariés de l’entreprise ou du service et pas seulement à ceux qui se sont battus. La droite est déterminée à casser les outils du mouvement social et en premier lieu la grève. L’instauration d’un service minimum était la première étape, décrédibiliser la grève et les grévistes dans l’opinion publique est la seconde. »
Pour un certain nombre de commentateurs, les annonces de Sarko on fait un peu
« pschitt » pour reprendre une expression de son prédécesseur. C’est vrai que sur la question du pouvoir d’achat, rien de concret n’est sorti. Pour le reste, autant sur la forme que sur
le fond, c’est inquiétant. Inquiétude quant à la passivité des journalistes face à un président qui n’entend pas être contredit ; inquiétude enfin sur les annonces mêmes du Président qui
vont toutes dans le sens de plus de régression sociale.
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