Europe

Mercredi 15 juillet 2009

Je ne dirais pas : "on l'avait dit" mais ON L'AVAIT DIT !!!!!



Communiqué de presse de la délégation française

"front de gauche" du groupe GUE


Election du président du Parlement européen :


Consensus contre l’intérêt des peuples.

Alors que l’Europe est frappée de plein fouet par la crise, que les populations espèrent et attendent de l’Europe des décisions pour changer les choses. Alors que les dogmes ultralibéraux ont fait la démonstration de leur nocivité.

Rien ne bouge au Parlement Européen !

M. Busek candidat à la présidence présenté par le PPE et soutenu par les autres groupes du Parlement de droite, socialistes et verts qui à l’exception du Groupe GUE/NGL n’ont pas présenté de candidat a été élu.

Seule candidate alternative, Mme Eva-Britt Svensson présentée par la GUE/NGL portait les couleurs de la gauche. Ses 10 propositions pour l’Europe ont montré la possibilité de changer vraiment pour peu que la volonté politique soit au rendez vous. Elle a représenté le vote de gauche. Avec 89 suffrages, son score va bien au delà du nombre des députés de notre groupe. Un signe que le groupe GUE/NGL est au service de tous ceux qui veulent faire avancer la gauche.

Avec 555 voix sur les 644 députés ayant voté (sur 713 députés), M. Jerzy Buzek est élu au premier tour de scrutin. Ce résultat obtenu grâce à la coalition de la droite, des socialistes et des verts est d’autant plus lamentable que le président nouvellement élu du parlement européen n’avait rien caché de ses orientations libérales.

Nous comprenons le sentiment des électrices et des électeurs qui ont voulu voter à gauche en choisissant les listes écologistes ou socialistes et se sentent floués dès le premier jour de session.

Dans cette situation qui montre une fois de plus la déroute de la gauche européenne, les peuples d’Europe peuvent compter sur les députés du "Front de gauche" et de la GUE/NGL pour résister à ces politiques désastreuses et les aider à intervenir pour imposer d’autres choix.

Par cyril
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Vendredi 5 juin 2009

Le capitalisme traverse une crise historique. Chaque jour de nouveaux plans sociaux sont annoncés. La hausse du chômage est dramatique et sans précédent. Les services publics sont démantelés. Les droits sociaux reculent, la catastrophe écologique s’avance.

Il est urgent de changer de politique ! Pourtant, l’Union européenne n’a pas su, pas voulu réagir face à la crise. Les gouvernements européens veulent faire payer la note de leur échec aux salariés, aux jeunes, aux citoyens. Ensemble nous pouvons saisir l'occasion des élections européennes du 7 juin pour sanctionner les politiques libérales qui ont conduit à ce désastre. Avec le développement des luttes et les mouvements sociaux, dans notre pays comme dans toute l'Europe, le vote du 7 juin sera une nouvelle occasion de faire entendre la colère et la volonté de choix en rupture avec l'Europe libérale et ses Traités dont celui de Lisbonne.

Le Front de Gauche est un rassemblement de partis politiques (Parti Communiste, Parti de Gauche, Gauche Unitaire), de syndicalistes (plus de 1500 ont signé un appel à voter pour le Front de Gauche), de citoyens engagés (Patrick Chamoiseau, Regis Debray,  Didier Daeninckx, Robert Guedigian,  Ignacio Ramonet,   Jean Ziegler, Michel Onfray, Jacques Sapir…).

Le Front de Gauche n’est pas parfait. Il est pourtant une construction politique inédite, il est la seule réponse unitaire à la crise et à la dérive libérale de l’Europe. Il se veut le continuateur des luttes dans les urnes.

Dimanche, donnez une chance à la gauche, ouvrez une perspective politique en France et en Europe, votez et faites voter pour les listes Front de Gauche !!

Par cyril
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Jeudi 4 juin 2009
Après 4 mois d’une campagne militante fabuleuse, avec une construction politique inédite, dans un contexte de crise et d’étouffement du débat démocratique, le vote pour les listes du Front de gauche sera déterminant.

Déterminant pour continuer et amplifier le rapport de force entamé dans la rue contre la politique du gouvernement,

Déterminant pour ouvrir une perspective politique clairement de gauche en France et en Europe,

Déterminant pour les suites de cette construction politique unitaire qu’est le Front de gauche.

Dans les quelques heures qui restent, nous pouvons convaincre autour de nous d’aller voter et d’aller voter Front de gauche.

L’abstention ne fera que renforcer le renoncement, le désespoir. Elle ne servira qu’à valider les politiques libérales en France et en Europe.

Le vote Front de gauche, c’est :

· le vote sanction contre les politiques libérales en France et en Europe,

· Le vote qui respecte les 55 % de français ayant dit NON au TCE,

· Le vote qui porte les luttes dans les urnes.

Alors, le 7 juin, tous aux urnes !

UNITE DANS LES LUTTES !

UNITE DANS LES URNES !

VOTEZ, FAITES VOTER FRONT DE GAUCHE !



Par cyril
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Dimanche 31 mai 2009
Flagrant délit de mensonge pour Henri WEBER, tête de liste PS pour la région Centre-Massif Central qui a déclaré sur l'émission Ripostes que le PS proposait un SMIC européen équivalent à 60% du salaire moyen de chaque pays.

Or, la propositon du PS, c'est un SMIC européen équivalent à 60% du salaire médian. Je vous renvoie ici pour plus d'explications sur la différence entre salaire médian et salaire moyen.

En tout cas, la propostion du PS conduirait à avoir en France un SMIC à 931,20€ !!!
On comprend mieux pourquoi Henri Weber a du mal à défendre les propositions du PS....
Par cyril
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Jeudi 28 mai 2009
Par cyril
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Jeudi 28 mai 2009
Par cyril
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Jeudi 28 mai 2009
Par cyril
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Jeudi 28 mai 2009
Par cyril
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Mardi 19 mai 2009
Je relaie ce coup de geule de Jacques SAPIR. Ce dernier appelle au vote Front de Gauche avec 35 économistes.
Voir leur appel : ici





Vous avez la parole…


Mais à la condition de dire ce que nous avons envie dentendre…


Où l'histoire navrante, mais pourtant révélatrice, d'une interview manquée pour le bulletin du PS.





Jacques Sapir

Directeur dÉtudes à lEHESS

Lundi 18 mai 2009




Ceci se passe en France, et non en un quelconque pays où l'on pratique, nous dit-on, la censure et la désinformation. C'est bien en effet d'un petit cas de censure qu'il sagit. Un cas parmi dautres bien sur, car ils sont finalement plus nombreux qu'on ne le croit.

L'histoire est navrante, mais elle vaut d'être contée…


Acte I.


Sollicité par courriel, puis par téléphone, de donner une interview au bulletin du PS, j'ai la faiblesse d'accepter. Il est vrai qu'agir autrement me ferait à raison une réputation de sectaire, et que l'on ne risque rien à entamer un débat. Après tout, c'est bien une règle de la démocratie que de parler à tous sans rien renier de ses propres convictions. Du moins c'était ce que je croyais…

Rendez-vous téléphonique est donc pris pour le vendredi 15 mai à 11H. À l'heure dite ma correspondante appelle, me remercie d'avoir accepté de lui répondre, et commence par me poser une question sur le problème des délocalisations induites par les écarts salariaux qui existent entre les nouveaux entrants de lEurope et les pays du noyau originel.

Je m'exécute de bonne grâce et, comme mes lecteurs le savent déjà, explique la différence qui existe entre les délocalisations pures, la conception et la production de produits destinés à être « localisés » dans ces pays à bas coûts, l'entrée d'entreprises de services localisées dans ces dits pays sur nos marchés, et enfin les conséquences directes et indirectes sur les travailleurs dans nos économies. L'interview se déroule de manière très courtoise, et j'ai même loccasion de rappeler à ma correspondante les cas bien connus d'entreprises qui ont remis en cause la législation française du travail sous la menace de délocalisations. Jai donc limpression de trouver une oreille attentive, et pour tout dire fort intéressée par mon propos.


Les choses se gâtent quand il est question des solutions. À la question qui me fut posée sur la possibilité de faire passer une directive européenne harmonisant les conditions sociales et rendant ainsi impossible le « dumping » social et salarial, j'eu le tort de répondre avec ma franchise habituelle et je reconnais ne pas être de ceux qui font la roue pour plaire ou qui manient la litote que je tenais une telle proposition pour une illusion, au mieux, et au pire une hypocrisie.

On ne voit pas comment ni pourquoi ces pays accepteraient de sacrifier cet avantage qu'ils ont sur nous et qui est le produit du « grand marché », tel qu'il fut obtenu par l'acte unique. La règle de l'unanimité rend impossible un tel projet. Dailleurs, les dévaluations auxquelles ces pays se livrent, et qui ont été tout à fait significatives ces dernières semaines, entraînent une nouvelle baisse du coût du travail qui ne correspond à aucune baisse de la productivité, bien au contraire.


Cest alors que mon interlocutrice me coupe la parole pour me dire quil était impossible de passer dans son journal une telle réponse. Elle était certes prête à conserver la première partie de mon interview, mais en aucun cas elle ne publierait la seconde, car elle était contradictoire avec la position du PS. Quand je lui fis remarquer que, n'étant pas militant ni sympathisant de ce parti, je pouvais avoir les positions quil me plaisait d'avoir ce qu'elle n'était pas sans ignorer au début de l'interview, elle me répondit qu'elle n'était point là pour faire de l'information mais de la communication.

On admirera le cynisme de la formule.

On y trouve cependant plus de profondeur qu'on ne pourrait le croire à première vue.


Je passe les détails de la grosse colère qui me saisit et qui ne m'a point quitté et je mis fin à l'entretien en disant que soit, elle passait la totalité de mes propos soit elle n'en passerait aucun. Ce qu'elle fit, en me disant que jamais ses « supérieurs » ne sauraient les accepter.


Acte II.


La morale de cette triste et navrante histoire est double et mérite notre attention. Car, si l'on ny prend garde, elle se répètera.


Sur la forme, en premier lieu, il y a donc bien des choses à dire. Nous sommes ainsi passés de la société de l'information à celle de la communication. Car, il faut prendre au sérieux la réponse qui me fut faite. Il sagit bien de communiquer et non d'informer.

Si tel avait été le cas, on peut penser que le PS pouvait tolérer, et même, pourquoi pas, (mais si, mais si…) solliciter des avis différents, voire divergents. Mes positions sont connues et je n'en ai point changées. Mais, après tout, rien n'empêchait à un journaliste de ce parti de conclure en rappelant les positions qui sont défendues par le PS à l'occasion des élections européennes.


J'ai déjà donné des interviews sur le même sujet dans de nombreux journaux, dont certains défendent des positions qui ne sont pas les miennes. S'il est bien un principe qui avait toujours jusque-là été respecté c'était bien celui de ne pas altérer les idées et la personne que l'on a interviewée.

Ici, et pour la première fois, on demande à un interlocuteur que l'on sait pertinemment ne pas être membre, de prés ou de loin, du PS, de bien vouloir reprendre les positions de ce parti ou de se taire. Cest inouï, et à plusieurs titres.

Cela signifie d'abord un profond mépris pour les opinions de son interlocuteur, qu'elles soient justes ou fausses. Cela signifie ensuite qu'on tient son interlocuteur pour un être vil, prêt à tout pour se voir publié. Cela signifie, enfin, un égal et non moins profond mépris pour ses propres lecteurs, que l'on considère incapable de se faire une opinion par eux-mêmes.


Je n'en veux pas tant à la malheureuse personne qui m'a interviewé, et qui manifestait une certaine sympathie pour mes propos, quà ceux qu'elle a désignés pas le joli mot de ses « supérieurs ». Si c'est ainsi qu'ils conçoivent leur métier de journalistes en confondant celui-ci et la « communication », nous sommes donc rendus bien bas. Mais, si cela veut dire qu'ils considèrent que la presse partisane, dans le sens originel du terme soit la presse d'un parti, comme se devant de n'avoir qu'un visage et qu'un verbe à la gloire de ce dit parti, nous sommes en fait encore rendu plus bas.

Dans ce cas, cela traduit une profonde dérive anti-démocratique de ce parti.

Nous savions la Droite inféodée au pouvoir de l'argent. Nous connaissions les figures imposées de la presse stalinienne, même si aujourdhui il s'agit d'un passé heureusement révolu. Que de telles pratiques soit le fait dun parti qui a toujours prétendu conjuguer socialisme et démocratie est un triste spectacle. Même si ce parti na sans doute plus rien à voir avec le socialisme, on pouvait croire à son attachement à la démocratie. On s'est trompé. Le stalinisme n'est pas mort, mais il a migré vers dautres cieux politiques. Cest bien à un cas exemplaire de ce que j'ai appelé le « liberal-stalinisme » que l'on est confronté.


Mais cet incident est tout aussi révélateur sur le fond.

De quoi sagissait-il donc ?

On n'a pas supporté que je qualifie d'illusion ou d'hypocrisie le mythe de l'Europe « sociale » que l'on nous présente comme le saint Graal que l'on atteindra encore un effort camarade quand nous aurons une majorité de gauche au Parlement Européen. Que cette majorité se soit souvent montrée plus libérale que la droite, avec qui elle communie dans le culte de la concurrence « libre et non faussée », et que le groupe socialiste au Parlement Européen ne soit même pas d'accord en son sein pour savoir s'il faut garder Barroso ou le virer, est évidemment passé sous silence.

Il s'agit donc d'une illusion, je le dis et je me répète. Il faut se réveiller.

Quelle unanimité espère-t-on réaliser entre les 27 pays de lUnion ? Les cultures, mais aussi les rythmes politiques, sont par trop différents. Et d'abord, les structures économiques et sociales sont bien trop divergentes pour que lon puisse trouver une base d'accord commune. Le principe du « grand marché », il faut quand même le dire, propose la mise en concurrence de tout, des produits comme du travail. Cest lui qui a organisé la mise en concurrence des travailleurs. À terme, il ne laisse qu'une solution : c'est l'harmonisation par le bas, avec la garantie que les rythmes politiques seront bien trop différents pour que l'on puisse espérer un sursaut commun et simultané. Cette Europe sociale, qui est certes désirable, se révèle comme la ligne dhorizon. Elle s'enfuit dés lors que l'on s'en sapproche. Elle est inatteignable. Elle n'aura pas lieu, comme le dit si bien un livre récent1.


Où alors, il s'agit bien dune hypocrisie. Le ralliement à l'Europe sert à masquer le vide conceptuel et programmatique dans lequel le PS se complait et se débat. On sait très bien que réclamer plus d'Europe sociale, une harmonisation fiscale, et bien dautres choses, n'a aucun sens dans la situation actuelle et par la voie parlementaire européenne. Mais, cela permet de jeter le voile de Noé sur l'absence de toutes proposition concrète en France même. L'Europe est devenu un alibi à l'immobilisme, et c'est cette hypocrisie là qu'il ne faut en rien toucher, et surtout pas dénoncer.

François Mitterrand disait avoir deux ambitions, la construction de l'Europe et la justice sociale. Il a choisi la première et abandonné la seconde. Jacques Delors s'est chargé, alors, de mettre tout cela en musique. On sait ce qu'il en advint : la grande régression sociale des années 1980, et la montée inexorable vers les 3 millions de chômeurs, le tout couronné par la sanctification du « Franc fort ».

Les chiffres sont cruels.

Ils indiquent de manière indubitable que cette politique là a bien été en France l'équivalent de celle d'un Reagan au Etats-Unis ou d'une Thatcher au Royaume Uni. Ce fut donc bien un « socialiste », assurément fort mâtinée de chrétien, qui se chargea d'initier cette politique. Son coup fait, il partit pour Bruxelles, et laissa Beregovoy achever le travail.

Et l'on voudrait nous faire croire aujourdhui que l'Europe pourrait être sociale ?


Ceci expliquerait alors la violence de la réaction. Et il est vrai que la fille de ce Jacques Delors est aujourd'hui à la tête de ce parti.

Tant que je ne faisais que décrire un processus qui est aujourd'hui trop évident pour être nié, c'était acceptable. Mais, que je remette en cause le fondement de la politique du PS, sans l'Europe sociale point de salut, et, tout d'un coup, la foudre se déchaîne.

Ma proposition, taxer les produits en provenance des pays à bas coûts de lUnion Européenne (et par produits j'entends aussi ceux que l'on assemble dans des pays où les coûts sont plus élevés), et le faire unilatéralement s'il le faut pour enclencher un débat, a pour but de nous sortir de cet immobilisme, de ces lendemains qui ne chanteront pas.


Acte III.


Je vous laisse donc libre de choisir entre l'illusion et l'hypocrisie. Quant à moi, cela fait longtemps que jai perdu mes illusions en ce qui concerne le PS et j'avoue ne pas avoir de réserves suffisantes de patience pour endurer son hypocrisie. Comme le disait Maurice Clavel en son temps, Messieurs les Censeurs, bonsoir !


Mais il faut cependant revenir aux choses sérieuses. La question des protections à adopter est aujourd'hui urgente.

Le rapport entre les coûts du travail (eux-mêmes considérablement renforcés par la réévaluation de l'Euro) et les gains de productivité na fait que se détériorer à notre détriment avec cette crise. Les pressions à la baisse des salaires, baisse non plus relative mais absolue, se font jour désormais en France, comme l'atteste la note de la direction de Hertz à ses salariés. Ne croyons pas qu'il sagisse ici d'un acte isolé. Hertz a eu la bêtise de mettre par écrit ce qui est déjà pratiqué aujourdhui dans des dizaines d'entreprises, et ce qui le sera demain dans des centaines, voire des milliers.

Et pourtant, on remarque que c'est bien grâce à ses « stabilisateurs automatiques » soit l'ensemble du système social, que l'économie française a plutôt mieux résisté à la crise que ses voisins. Pourtant, ce sont ces mêmes stabilisateurs automatiques que ce gouvernement veut remettre en cause, par petits bouts, points par points, toujours au prétexte de doper notre compétitivité.


Sur le fond, l'Europe a été le meilleur élève du libre-échange prôné par l'OMC. Ce faisant nous avons découplé la formation des profits par les entreprises des conditions du travail telles que l'on peut les avoir sur un territoire donné. Désormais, le profit se réalise de manière globale et la mise en concurrence des salariés dans un vaste marché se fait sous la forme du « moins disant, moins coûtant ». Les règles du fameux « compromis salarial » cher aux auteurs de la Théorie de la Régulation ont été mises cul par dessus tête dans cet évolution. Il n'est pas étonnant, alors, d'apprendre que se creusent les écarts de salaires et que les 1% supérieurs des revenus salariaux accumulent une part croissante du revenu national. Cest une tendance constante dans les pays qui se sont ainsi ouverts, sans entraves ni protections, au commerce international.


Seul, un retour au protectionnisme peut permettre d'inverser ce mouvement. Il faut tendre à le faire en commun avec des pays qui ont le même niveau de productivité. De ce point de vue, il y a une logique à chercher des protections communes avec les pays du noyau originel de l'Europe. Mais, sil le faut, nous ne devrions pas hésiter à décider de mesures unilatérales. Elles seraient, il n'en faut pas douter, ce que nous appelons entre nous économistes, dans le langage si particulier de notre corporation, un « optimum de second rang », ce que l'on peut traduire par un pis-aller. Cependant, elles seraient préférables à ne rien faire du tout, au prétexte toujours plus illusoire, de réaliser un jour cette fameuse « Europe sociale ».

Il est plus que probable que le choc psychologique que provoquerait de telles mesures permettrait d'ouvrir le débat et de penser, à l'échelle de 5 à 6 pays, à des protections communes et coordonnées.


Pour cela, il faut faire tomber le tabou qui pèse aujourdhui sur de telles mesures unilatérales. Il faut pouvoir en discuter calmement et de manière raisonné, en dehors et au-delà de toute invective et de toute censure. Il faut aussi cesser de les concevoir comme une fin en soi, pour comprendre que leur statut réel serait d'être dune part des mesures conservatoires et d'autres part des bases de départ pour des négociations devant conduire à une nouvelle Europe.


Acte IV.


Il me faut maintenant revenir sur ce que cet incident révèle quant aux pratiques du débat dans notre pays. Ce cas est navrant, mais il n'est pas isolé.


On s'en souvient, le referendum sur le Traité Constitutionnel Européen avait déjà donné lieu à pareille pratique. Frédéric Lordon et quelques autres en ont rendu compte à l'époque(3). Pour ma part j'y suis revenu à froid dans un ouvrage(4).

On l'avait constaté à l'époque et ce constat est toujours valable : dès qu'il est question de l'Europe les principes les plus élémentaires du débat démocratique sont foulés aux pieds par ceux qu'Hubert Védrines qualifia « d'européistes ». Ils se révèlent pour ce qu'ils sont : une poignée de technocrates englués dans leurs certitudes, aveugles devant les conséquences, sourds à la colère qui monte.


Mais, aujourd'hui, cette Europe là dévoile son véritable visage. Les politiques sont de fait prises par les États. Ou donc se trouve le plan de relance Européen ? Peut-on, là encore, croire un instant dans ces 1000 milliards d'Euro que l'on voudrait affecter à une hypothétique relance, et ce alors que des gouvernements, et non des moindres, ont exprimé leur opposition ?

S'il est vrai que la droite nous « enfume » dans cette campagne, on voit bien qu'elle n'est pas la seule.

Cest bien parce que l'on se rapproche de l'heure de vérité qu'une certaine parole doit être supprimée. Mais cest bien aussi à ce moment qu'elle se trouve être d'autant plus nécessaire.





1 F. Denord et A. Schwartz, LEurope Sociale naura pas lieu, Raisons dAgir, Paris, 2009.

2 J. Bivens, « Globalization, American Wages, and Inequality », EPI Working Paper, 6 septembre 2007, Washington, DC.

3 F. Lordon, « La procession des fulminants », sur le site http://www.acrimed.org/article2057.hmtl

4 J. Sapir, La Fin de LEurolibéralisme, Paris, Le Seuil, 2006.
Par cyril
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Jeudi 14 mai 2009

Rapport Introductif

11 mai 2009

 

- Triste anniversaire : les 2 ans de Nicolas Sarkozy

 

Je souhaiterai commencer cette introduction à nos débats par le rappel d’un bien triste anniversaire puisque cela fait maintenant 2 ans que Nicolas Sarkozy a été élu Président de la République. Pourquoi rappeler cet événement ? Parce qu’en 2 ans la droite au pouvoir a profondément remodelé la société française pour l’aligner sur le modèle libéral anglo-saxon.

Le gouvernement Fillon, avec la  RGPP, a mis en place ou tente de le faire les réformes de l’Hôpital public, des Universités, de la Justice, de la Fonction Publique ou encore des institutions. Ces réformes sont conduites avec 2 objectifs principaux : réduire la dépense publique, celle mise au service du peuple, pour ouvrir de nouveaux secteurs d’activité et de rentabilité au capital. Même si leur accumulation, l’impression de passer d’un sujet à l’autre, celle de répondre à l’actualité plutôt qu’à une ligne politique peut donner une impression de désorganisation, la politique gouvernementale est conduite de façon cohérente avec l’objectif de transformer notre pays sur le mode libéral. Denis Kessler, ex vice-président du medef l’expliquait déjà en 2007 : « Le modèle social français est le pur produit du Conseil national de la Résistance. (…) Il est grand temps de le réformer, et le gouvernement s’y emploie. Les annonces successives des différentes réformes par le gouvernement peuvent donner une impression de patchwork, tant elles paraissent variées, d’importance inégale, et de portées diverses.

Il s’agit aujourd’hui de sortir de 1945, et de défaire méthodiquement le programme du Conseil national de la Résistance ! ».

C’est ce à quoi s’emploie avec constance le gouvernement Fillon depuis 2 ans malgré des résistances fortes. Mais celles-ci n’ont réellement pu peser que lorsque la supercherie du président du pouvoir d’achat a été démasqué et que les illusions de la campagne présidentielle se sont envolées.

Les attaques coordonnées du gouvernement cumulées avec une insatisfaction grandissante sur le pouvoir d’achat, sur la redistribution des richesses ont aggloméré mécontentement et inquiétudes et ont débouché sur un mouvement social historique avec une plate-forme unitaire inédite depuis 1966. Le 29 janvier et le 19 mars furent 2 journées de mobilisation massive. Les manifestations du 1er mai n’ont pas eu la même ampleur mais ce fut tout de même un 1er mai historique tant sur l’unité syndicale que sur le nombre de manifestants en France pour un 1er mai. D’ailleurs qui peut croire que la colère, les inquiétudes, les résistances seraient moins fortes après 4 mois d’un mouvement social profond parce que les manifestations étaient moins fournies à l’occasion de ce  « pont ».

La pertinence de la stratégie adoptée par les syndicats, l’unité des organisations syndicales comme socle incontournable du mouvement peut légitimement interroger. Mais malgré des records d’impopularité et la désapprobation d’une majorité de gens sur la politique du gouvernement, on sent bien la difficulté à aller plus loin et par exemple à passer à une journée de grève interprofessionnelle. Il est clair que le mouvement social souffre de l’absence d’une perspective politique claire, rassembleuse capable d’offrir un débouché politique aux luttes et surtout capable d’opposer à la cohérence des attaques gouvernementales la cohérence d’un contre projet. Je le dis peut-être avec beaucoup d’immodestie mais aujourd’hui le PCF est la seule organisation politique à apporter une réponse globale face à la cohérence de la politique gouvernementale.

Cette réponse globale répond également à la crise du capitalisme.

 

- La politique du gouvernement nous a désarmé face à la crise.

 

Le triste bilan des 2 années de présidence de Sarkozy se juge aussi sur la capacité de notre pays à résister à la crise. Dire que le pays a été mal préparé est un euphémisme. La destruction consciencieuse de l’architecture sociale de notre République depuis quelques années déjà, les transferts de compétences sans compensation financière aux collectivités territoriales, la fragilisation ou la mise à mort des services publics, le bouclier fiscal etc… ont considérablement diminué les capacités de résistance de notre pays face à la crise.

Celle-ci poursuit ses ravages : chômage partiel, fermetures d’entreprise, licenciements. En un an, le chômage a augmenté de 16 % dans notre pays avec en moyenne 80 000 chômeurs de plus par mois depuis janvier. Cela fait près de 3000 chômeurs supplémentaires par jour. 

Pour notre département, la caractéristique principale, c’est l’explosion du chômage partiel. Alors que celui-ci ne concernait que 163 entreprises et 2934 salariés sur l’année 2008 entière, il y a déjà, au 17 mars 2009, 261 entreprises touchées et 5741 salariés dont près de la moitié sur le seul territoire de Clermont. Quant aux nombres de licenciements, toujours au 17 mars, nous en sommes déjà à 40 % du total des licenciements 2008. Enfin, les offres d’emploi ont reculé suivant les catégories A, B ou C entre 36% et 48% entre le mois de février 2008 et le mois de février 2009. Le nombre de chômeurs étaient de 21 813 en janvier ce qui donne une augmentation de +20,8% sur un an. C’est le secteur de Thiers qui est le plus touché avec une hausse de 32,8% du nombre de chômeurs sur un an.

Ces quelques chiffres montrent que l’emploi est véritablement la première victime, la première variable d’ajustement de la crise et que ce sont les salariés qui sont en première ligne pour payer la crise des capitalistes.

Celle-ci risque de se poursuivre encore de nombreux mois même si les économistes libéraux, les gouvernements et les médias tentent de faire croire à la reprise à la fin de l’année ou au début de l’année prochaine. En réalité, ils n’en savent rien et les moyens mis pour lutter contre la crise sont clairement insuffisants.

 

- Les réponses du gouvernement à la crise

 

Après avoir distribué des millions aux banques, le gouvernement tente d’étouffer les résistances et joue la provocation policière et la répression du mouvement social. On a pu voir à l’occasion des manifestations contre l’OTAN les CRS jetaient des cailloux sur les manifestants et récemment le Canard Enchaîné dévoilait que des policiers en civil ont volontairement provoqué les gendarmes mobiles chargés de disperser la fin du cortège du 1er Mai à Paris, place de la Bastille. Les étudiants et les profs rassemblés depuis plusieurs semaines pour obtenir le retrait de la loi LRU, les agents d’EDF et tant d’autres ont aussi subit les provocations et la répression.

Ces provocations policières ne font qu’écho aux provocations politiques du gouvernement et du Medef. On se souvient des déclarations de Laurence Parisot le 19 mars accusant la CGT de « provoquer des destructions d’emplois » et « jugeant la grève catastrophique pour la réputation de la France ». C’est aussi les déclarations des porte-flingue de l’UMP sur les séquestrations de patrons ou sur les débordements des salariés de continental alors qu’ils venaient d’apprendre le rejet de leur demande de suspension ou d'annulation de la procédure de fermeture de l'usine de Clairoix.

Le gouvernement n’entend pas dévier de sa route et poursuit sa politique au service de la finance. D’ailleurs, Sarkozy l’a déclaré lors d’un de ses innombrables discours : « Nous devons profiter de la crise pour accélérer les changements structurels ». Il ne fait que suivre les patrons qui ne voient dans la crise qu’une aubaine, une chance pour restructurer leurs entreprises et améliorer leurs profits en se servant de la variable d’ajustement dont je parlais tout à l’heure : l’emploi.

 

- Nos réponses face à la crise.

 

Cette destruction de l’emploi se fait d’ailleurs très discrètement dans la plupart des cas. Ce sont des entreprises comme Trelleborg qui licencie tous les mois moins de neuf salariés pour ne pas avoir à mettre en place de plan social, qui mettent les salariés au chômage partiel avec la complicité de l’Etat puisque je rappelle que c’est lui via le préfet qui autorise le chômage partiel. D’ailleurs, le nombre d’heures autorisées dans le Puy-de-Dôme est passé de 255 418 en 2008 à 974 351 au 17 mars 2009.

Voilà pourquoi nous réclamons depuis maintenant plusieurs mois que la situation de l’emploi, du crédit, des fonds publiques soient mise sur la place publique. Nous avons envoyé plusieurs courriers au Préfet à ce sujet. Il vient enfin de nous répondre ; enfin répondre est une façon de parler puisque son courrier ressemble plus à de la provocation et à une vulgaire campagne de pub pour le plan de relance du gouvernement. Surtout, il n’accède pas à notre demande de table ronde. Nous continuons  donc de réclamer que les élus avec les organisations syndicales soient partie prenante de la commission de suivi du financement de l’économie. La cellule de veille a réalisé pour cela une carte pétition où nous faisons figurer des premiers signataires dont, je tiens à le souligner, les 1ers responsables départementaux de la CGT et de la CFDT.

Cette bataille pour la transparence, pour l’information de nos concitoyens et pour un débat public est essentielle. Face au laisser-faire gouvernemental, il est indispensable de montrer et de démontrer que d’autres solutions existent. C’est dans ce cadre que nous inscrivons nos propositions pour lutter contre la crise : la création d’un pôle public financier, des droits nouveaux pour les salariés pour imposer des critères d’efficacité sociale plutôt que des critères de rentabilité, des fonds régionaux pour l’emploi et la formation, la sélectivité du crédit en fonction de l’investissement en emploi et en formation et enfin la mise en place d’une sécurité d’emploi et de formation. Nous proposons de créer sur le même modèle une autre carte pétition sur la proposition de loi d’Alain Bocquet visant à affecter les dividendes des entreprises à la garantie de l’intégralité des salaires des salariés subissant des périodes de chômage partiel.

Développer nos propositions, faire connaître les propositions de lois des députés communistes comme celle d’Alain Bocquet ou celle de Marie-George Buffet visant à interdire les licenciements dès lors qu’une entreprise verse des dividendes, mener la bataille pour désigner les responsables de la crise ne peut qu’aider le mouvement social et favoriser l’unification des luttes.

A l’occasion des élections européennes, nous devons aider plus que jamais à transformer la colère en volonté de changement. Ces élections sont l’occasion pour le mouvement social de renforcer de manière décisive le rapport de forces. Les manifestations du 13 juin n’auront pas la même ampleur en fonction du résultat du 7. Imaginons que les listes UMP prennent une claque et que le Front de Gauche soit au-dessus de 10% : quel renfort de poids pour les manifestations du 13 juin !!

 

- La campagne des élections européennes

 

La campagne des élections européennes commence à peine minée qu’elle a été par le silence médiatique et par la volonté des 2 grands partis d’occulter complètement le débat de fond sur l’avenir de l’Europe. Ils ont si bien réussi que, selon les sondages, 60% des personnes interrogés ne connaîtraient pas la date des prochaines élections. Pour notre part, nous avons commencé notre campagne depuis près de 2 mois et demi. Après la réussite de notre premier meeting, nous avons programmé avec le Parti de Gauche des réunions publiques dans quasiment tous les cantons du département. Nous constatons d’ailleurs le bon accueil qui est fait à notre proposition de Front de Gauche. Le cadre unitaire que nous proposons correspond à une attente mais nous nous heurtons tout de même à une difficulté majeure : c’est le déficit de notoriété du Front de Gauche, même si notre campagne l’a fait reculer.

Il nous reste 4 semaines de campagne. Nous avons besoin d’un militantisme audacieux et imaginatif pour faire connaître le Front de Gauche et nos propositions. Pourquoi par exemple ne pas coupler nos distributions de tracts sur les marchés avec l’installation de la sono pour interpeller les gens sur les élections européennes ? Dans la même veine, avant une réunion publique, pourquoi ne pas sillonner le quartier ou le village avec la sono dans la voiture pour inviter les gens à venir participer ? Nous avons commandé 3 séries d’affiches appelant à voter le 7 juin  pour le Front de Gauche. Nous sommes en capacité, si nous le décidons, de faire une campagne d’affichage massive et de couvrir le département d’affiches du Front de Gauche.

Dans 15 jours aura lieu notre meeting de fin de campagne à Polydome. Nous devons faire mieux que le 2 avril au Galion avec l’objectif de réunir plus de 1000 personnes. Ce serait un moment décisif de notre campagne à 10 jours du vote. Nous aurons comme intervenants Francis Wurtz, Marie-France Beaufils, Marc Dolez qui devait représenter le parti de gauche ne pourra pas venir, le Parti de Gauche regarde  pour le remplacer et enfin Christian Piquet qui représentera les militants du NPA ayant décidé de rejoindre le Front de Gauche. Pour l’instant, rien d’autre n’est prévu et nous pouvons ce soir regarder comment construire un meeting dynamique, enthousiasmant et motivant.

La campagne va sans nul doute s’intensifier dans les prochaines jours, l’UMP ayant rendue public ses listes et la campagne officielle débutant. Soyons prêts à mener le débat avec des arguments pertinents et percutants sur le Front de Gauche comme sur nos propositions sur l’Europe, n’hésitons pas à rappeler la bataille du Non et la forfaiture de la droite aidée en cela par le PS pour faire valider le Traité de Lisbonne par le Congrès, n’hésitons pas à montrer la façon dont le PPE et le PSE cogèrent le parlement européen et s’entendent sur la majeure partie des orientations libérales de l’Union. Quelques exemples peuvent nous y aider comme le vote récent sur la libéralisation de l’énergie ou sur le temps de travail ou encore la nocivité de la directive Bolkestein.  Enfin, nous avons des propositions pour une Europe sociale, démocratique et solidaire, une Europe qui combat la crise pour le bien être des peuples et non une Europe du Capital vendue à la financiarisation.

Il nous reste 4 semaines. C’est peu et c’est beaucoup. Je suis persuadé que le travail militant que nous déployons depuis maintenant plus de 2 mois sur ces élections va payer. Mais il ne faut rien lâcher. Il nous faut poursuivre nos efforts, mobiliser les communistes, aller chercher les voix unes à unes. C’est ce que nous savons faire. C’est ce que nous allons faire.

Par cyril
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Citations

Le moyen le plus sûr de discréditer une nouvelle idée politique (et pas seulement politique) et de lui nuire, c'est de la défendre en la poussant à l'absurde. En effet, si on la rend « exorbitante », si on l’exagère, si on l'étend au-delà des limites de son application réelle, peut-être poussée à l'absurde, et, dans ces conditions, se change même infailliblement en absurdité. LENINE

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