Vendredi 10 juillet 2009
Je me suis permis d'emprunter (avec son accord) ce texte à un de mes camarades. Je vous conseille vivement de le lire.




Plus que le score flatteur des listes Europe-Ecologie aux élections européennes, c’est tout l’arsenal sémantique et médiatique déployé pour nous abreuver de sens commun écologique qui doit nous interroger. En effet, comme le souligne avec justesse Paul ARIES dans la tribune libre de L’Humanité du 26 juin 2009, le « capitalisme vert » est en marche…forcée. Fait d’un mélange subtil d’images chocs, de nature tantôt idéalisée, tantôt massacrée par les activités humaines comme avec le film « Home » de Yann Arthus-Bertrand, de culpabilisation globalisante et de leçons de bonne morale « écologique » individuelle, de discours d’experts économiques « ès-croissance verte » déchargés de toute analyse politique de fond sur les systèmes économiques engendrant de telles conséquences, et d’autosatisfaction managériale sur la prise en compte du développement durable dans l’entreprise, ce néo-capitalisme montre à qui veut l’entendre qu’il s’est racheté une conduite. C’est pour lui l’occasion inespérée, en plein marasme financier, de se rendre enfin affectueux. Le « new deal capitaliste » veut du bien à la planète. Il sent la rose et l’air pur. Au fond du vallon, là-bas, Bambi mâchouille l’herbe tendre du printemps et ne redoute plus l’ardeur du réchauffement climatique avec son maillot Gucci…

La traduction de cette nouvelle offensive néolibérale ne s’est pas faite attendre dans le monde, en Europe comme en France. Le sommet de Copenhague du 7 au 18 décembre prochain sur le changement climatique, suite du Protocole de Kyoto, agite tous les analystes économiques « d’ambassades ». Une seule question les mobilise : qui se montrera aux yeux de tous comme le plus vertueux dans son engagement contre le changement climatique, tout en conservant ses acquis de grande puissance ? Nul doute que Nicolas Sarkozy, en grand prestidigitateur du bien-être planétaire, y fera figure de proue !

Mais la réalité de l’après-Kyoto et de l’application des recettes libérales à la lutte contre les émissions mondiales de gaz à effet de serre est loin de rassurer tant l’ensemble des pays émetteurs de gaz à effet de serre (GES) se sont éloignés des objectifs, pourtant très insuffisants, qu’ils s’étaient fixés en 1998. Qualifié de meilleur élève, l’exemple européen est pourtant particulièrement parlant. Avec la mise en place du système communautaire d’échange de quotas d’émission de carbone (SCEQE), l’Union Européenne a été la pionnière pour instituer un marché de permis de polluer échangeables sur un marché libre et non-faussé. Couplé au Mécanisme de Développement Propre (MDP) institué par Kyoto, cet outil est le pendant « écologique » de l’innovation financière qui a conduit à la crise financière que nous connaissons. Son soubassement idéologique est simple : permettre l’octroi « d’indulgences » aux firmes transnationales, « subventionnées-carbone » pour réaffirmer leur hégémonie planétaire en délocalisant leur activité dans les pays à bas coûts salariaux pour faire du développement « plus propre ». C’est la panacée pour les plus zélés exploiteurs qui trouvent là une véritable caution écologique pour délocaliser toujours plus vite. Les Maddof en culotte courte ne s’y sont d’ailleurs pas trompés, ils spéculent déjà avec les premiers « hedge funds carbone » de ce marché promis à un bel avenir. Même Eloi Laurent et Jacques Le Cacheux, économistes de l’Office Français des Conjonctures Economiques (OFCE), pourtant loin d’épouser la pensée économique marxiste, y vont de leur critique dans la lettre de l’OFCE du 15 juin 2009 intitulée « Le grand bluff : l’Union Européenne et les Etats-Unis à six mois de Copenhague » : « le système européen est un instrument fragile, lacunaire et permissif (…) Le marché européen du carbone montre des signes préoccupants de fragilité depuis son lancement en 2005 (…) ». Plus loin, avec toutes les précautions de style pour ne pas choquer, ils s’interrogent : « les évaluations disponibles du fonctionnement pratique du MDP laissent apparaître de graves dysfonctionnements, au point qu’entre un tiers et deux tiers des projets n’aboutiraient pas dans les faits à de véritables réductions d’émissions (…) Il existe un risque de « fuite de carbone » (risque de délocalisation des industries européennes soumises à des normes environnementales contraignantes) ». Comme certains nous le répètent, faut-il voir dans ces fuites la simple conséquence de mauvais tuyaux ? Faut-il s’en remettre vaille que vaille à la capacité du capitalisme à s’auto-moraliser pour lutter contre le réchauffement climatique, ou remettre profondément en question ses fondements ?

En France, le Grenelle de l’Environnement constitue le cheval de Troie de la communication environnementale présidentielle, avec la caution apportée par les principales ONG environnementalistes. Montré en exemple comme le nec plus ultra de la modernité politique avec ses groupes de travail multipartites, ses tables rondes, ses conclusions et ses 238 engagements, il sert aujourd’hui d’assise pour légitimer toute une série de mesures anti-sociales. L’exemple le plus remarquable est la suppression de la taxe professionnelle des entreprises dont les ressources seraient substituées par une contribution climat-énergie (ou taxe-carbone) payée par tous. Pousser toujours plus loin le transfert d’une fiscalité juste et progressive, assise sur les revenus du capital et du travail, vers une fiscalité labellisée « écolo » faisant mine de pénaliser les pollueurs, telle est la vision séductrice qu’offrent désormais à chaque occasion les néolibéraux, Président de la République en tête. En nouveau chantre de l’écologie, ne déclarait-il pas à Versailles, le 22 juin dernier devant le Congrès : « Je souhaite que nous allions le plus loin possible sur la taxe carbone. Plus nous taxerons la pollution et plus nous pourrons alléger les charges qui pèsent sur le travail. C’est un enjeu immense. » Et pour cause… Nul doute que les plus pauvres en seront pour leur compte, eux qui, par la modération salariale et la précarité rampante sont contraints de construire leur logement avec des matériaux moins isolants, avec des systèmes de chauffage plus polluants, de prendre leur voiture sur de longues distances pour travailler en intérim, de consommer des produits bas de gamme à fort coût carbone… Salauds de pauvres ! 
    Sur ce point, il est regrettable que la plupart des ONG et des acteurs associatifs de l’environnement se soient jetés, avec l’illusion d’un lobbying enfin efficace, dans le guet-apens écologique néolibéral. Ils n’ont cessé de valoriser le projet de loi de mise en œuvre du Grenelle de l’environnement et ses déclinaisons, énonçant uniquement quelques vagues réserves sur certains détails. Cette erreur, aux conséquences très lourdes pour l’avenir, ne surprend pas, tant elle reflète l’histoire et la sociologie des militants qui composent ces organisations, souvent plus obnubilés par leur rapport affectif à une nature idéalisée, qu’à la construction objective d’une société plus juste, plus humaine, plus au fait des avancées de l’écologie scientifique et par là-même, résolument engagée dans la préservation de l’environnement.
Plus récemment, l’apologie par la fondation Nicolas Hulot de la future « fiscalité-carbone » des entreprises présentée dans le journal Les Echos du 30 juin 2009, ne fait qu’amplifier cette dérive dangereuse. Les auteurs de l’article trouvent en effet dans la future contribution climat-énergie (CCE) « une opportunité de donner un nouveau sens à la politique fiscale (…) en faisant basculer les régulations pour qu’elles soient moins pénalisantes pour l’emploi tout en sanctionnant les excès de consommation d’énergie » et « un complément du système européen des quotas d’émissions pour les secteurs d’émissions diffuses ». Et d’ajouter sereinement « qu’il n’est pas question d’augmenter la pression fiscale » en faisant valoir le principe redistributif d’une « allocation universelle climat de 130 euros par an et par ménage ». Dans sa note transmise à la Conférence des Experts sur la contribution Climat et Energie que présidait Michel Rocard les 2 et 3 juillet dernier, la fondation justifie l’intérêt de la CCE en précisant qu’elle « rééquilibre les prélèvements obligatoires qui, depuis des décennies, sont de plus en plus lourds sur le travail (…) poussant de fait à des arbitrages en faveur de l’automatisation ou de la délocalisation et en défaveur de l’emploi ». En page 7 du même document, en gras, les auteurs sont on ne peut plus clairs : « nous proposons tout simplement de baisser les cotisations sociales patronales à concurrence exacte du montant collecté. De plus, diminuer le coût du travail sera bénéfique pour l’emploi. » La suite du document transmis à la Conférence n’est qu’une justification économétrique de la CCE. En évacuant d’un revers de main toute possible responsabilité de la logique capitaliste dans les désastres environnementaux à l’œuvre, elle légitime volontairement l’idée que les prélèvements obligatoires nuisent à l’emploi, qu’ils constituent l’élément déterminant dans les décisions de délocaliser. Curieusement, la contribution du MEDEF arrive à la même conclusion. L’ensemble de ces éléments démontrent, s’il le fallait encore, la grande cohérence idéologique de l’écologie de marché. Avec l’appui de porte-paroles et d’experts auto légitimés par les médias dominants - je pense notamment à Nicolas Hulot et Jean-Marc Jancovici - tous les ressorts sont activés pour justifier la défiscalisation du capital, l’accélération des délocalisations industrielles, et une « contre-redistribution » des richesses. On peut même s’étonner que La fondation n’ait pas songé à faire bénéficier les ménages les plus riches d’un « super-bouclier fiscal carbone », en lieu et place du modeste chèque de 130 euros annuel…
    Il est encore plus regrettable de constater le suivisme parlementaire de la majorité des députés et sénateurs de gauche, qui, loin de porter une réflexion autonome et critique pour une véritable écologie sociale pour le XXIème siècle, se sont baignés avec une jouissance parfois non-dissimulée (certains ont applaudi lors des différents votes) dans le grand bouillonnement de l’auto-satisfaction de l’écologie de marché. Pour preuve, ils sont une poignée à avoir proposer des amendements autres que ceux transmis naturellement par les ONG sur le texte. Sur ce point, il faut en revanche objectivement relayer le travail de fond des élus communistes à l’Assemblée nationale comme au Sénat sur le texte. Bizarrement, ils n’ont pas manqué d’être raillés pour leur esprit de contradiction, pour leur attitude tatillonne, pour leur inadaptation au dépassement des clivages droite-gauche sur un sujet nécessairement fusionnel…
   
Devant ce constat, il apparaît essentiel, comme le préconisait Bourdieu, de mettre rapidement en marche « l’intellectuel collectif » pour allumer « tous les contre-feux » à l’illusion écologique libérale. En interne, la (ré)activation de la Commission Ecologie du PCF, la publication d’Ecologie et Communisme, et la mise en ligne de formations sur cette thématique doivent être saluées. Il faut maintenant travailler à ce que le plus grand nombre de communistes, avec leur apport spécifique, aient à leur disposition les arguments et les moyens de déconstruire ce nouveau discours dominant néolibéral, et de porter une autre perspective écologique. Les différentes initiatives de formation dans les fédérations constituent autant de moments privilégiés à saisir par les militants et les sympathisants intéressés, et l’occasion d’échanger et de conduire collectivement une réflexion novatrice sur l’enjeu écologique.


Julien BRUGEROLLES
Fédération PCF du Puy-de-Dôme
Par cyril - Publié dans : Débat à gauche
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Vendredi 12 juin 2009
En ces temps de réflexions sur l'avenir de la planète, l'écologie, le développement durable, je vous invite à méditer ces citations d'un certain Daniel Cohn  Bendit, encore appelé par certains Dany le Rouge :

"Je suis pour le capitalisme et l’économie de marché";
"Si Renault peut produire moins cher en Espagne, ce n’est pas scandaleux que Renault choisisse de créer des emplois plutôt en Espagne";
"Je suis allé à Eurodisney avec mon fils";
"Je suis persuadé que si on dit non à l’économie planifiée socialiste, on dit oui à l’économie de marché. Il n’y a rien entre les deux";
"Par principe, tout écologiste conséquent doit être pour une limitation des dépenses publiques";
"Des services comme le téléphone, la poste, l’électricité n’ont pas de raison de rester dans les mains de l’État."
"Il n’y a pas de raison qu’il existe un service public de télévision", et en 1983 "toute réglementation des médias est absurde. Je trouve absurde qu’on n’ait pas la télévision pendant 24 heures. Je suis sûr que le problème de la télévision se résoudrait par la concurrence";
"Il faut admettre que les machines travaillent sept jours sur sept, donc admettre le travail du week-end" et "J’ai toujours été hostile aux horaires obligatoires d’ouverture des magasins (…) Tout le monde est scandalisé par le travail le dimanche, mais un Français serait aussi scandalisé de ne pouvoir faire son marché ou acheter son pain le dimanche";
L'Europe "agit comme un bouclier face au libre-échangisme, prend progressivement la place des États-nations traditionnels dans le domaine social et, à leurs faiblesses, substitue une nouvelle capacité d’action économique et financière";
"Le souci des capitalistes, c’est de gagner et ils ont raison" (à l'université d'été du Medef, en 2000)
...et la meilleure pour la fin : "Quand je me balade avec ma femme à Paris, elle est toujours fascinée – parfois énervée aussi – parce que des gens, souvent des femmes, m’abordent en disant : “Ah vraiment, tu m’as sauvé la vie !”...


source : ici


Par cyril - Publié dans : Débat à gauche
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Mardi 30 décembre 2008
Enfin un peu de temps pour écrire sur ce blog. Après la Conférence Départementale du Puy-de-Dôme, il a fallu enchaîner avec le congrès national.
4 jours à la Défense à débattre de nos choix d’orientation, du Parti, de notre ambition. 4 jours à déjouer les pronostics des journalistes – heu, par respect pour les vrais journalistes, je ne crois pas que l’on puisse qualifier ces gens-là de journalistes - qui annonçaient la mort, la scission, l’éclatement, l’implosion du PCF. Tout ça parce qu’un certain Robert Hue venait d’annoncer son départ du Conseil National du PCF, annonce d’un non-événement puisque Robert Hue ne participait plus déjà depuis longtemps aux travaux du CN. Mais cette annonce ajoutée à certaines déclarations d’anciens responsables du Parti permettaient à ces « journaleux » d’en déduire l’éclatement du PCF. He bien, nous avons eu des congressistes responsables, tolérants, studieux, ouverts qui se sont mis d’accord à une très large majorité sur le texte d’orientation faisant le choix du PCF et de sa profonde transformation. Nous sortons donc de ce congrès avec une volonté et une ambition commune. Nous y avons mis le temps. Oui ! Mais nous y avons mis les formes aussi. Nous n’avons pas fait de congrès de Reims bis. Nous n’avons pas donné de spectacle pitoyable de la politique. Nous avons fait preuve de responsabilités. Et ça, cette constatation, cet état de fait, pas un de ces journaleux ne l’a relevé.
Cela veut-il dire pour autant que tout est réglé et que les problèmes n’existent plus. Bien sûr que non. Mais, au moins, nous avons franchi une étape dans notre nécessaire débat interne.
Il nous faut maintenant aborder ce début d’année avec une combativité renforcée. La grève interprofessionnelle du 29 janvier à l’appel de toutes les organisations syndicales doit être un temps fort de ce début d’année.
Par cyril - Publié dans : Débat à gauche
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Mardi 2 décembre 2008

Je mets en ligne ce (long) rapport introductif aux travaux de notre conférence fédérale




Rapport Introductif Conférence Fédérale

Nous arrivons à la fin d’un long processus, d’un long débat qui a débuté au lendemain de l’élection présidentielle. Cette élection qui a vu notre candidate recueillir le plus bas score de l’histoire de notre parti. Lors de notre dernier congrès, nous avions décidé d’expérimenter une nouvelle forme de rassemblement. Celle-ci devait nous permettre de prolonger le rassemblement des forces du non de gauche réalisé lors du débat sur le TCE. Nous avons travaillé à rendre ce rassemblement populaire en participant à la création de collectifs antilibéraux locaux. Mais l’adhésion à cette ambition, l’implication populaire dans la construction de ce rassemblement a été insuffisante et a laissé aux seules forces politiques la gestion de ce rassemblement. Malgré une capacité à se mettre d’accord sur un socle commun de propositions, ce rassemblement s’est brisé sur l’écueil de la désignation du candidat à la présidentielle. Cette question de forme recoupait en réalité des différences de fond plus importantes.

Différence de fond sur l’objectif poursuivi entre ceux qui voulaient juste peser un peu plus à gauche et ceux qui voulaient s’adresser à toute la gauche en disputant l’hégémonie au social-libéralisme, différence de fond quant au devenir de ce rassemblement entre ceux qui y voyaient l’embryon d’une nouvelle force politique et ceux qui le considéraient comme une addition de forces avec le respect de l’identité de chacun, faisant des différences un atout ; différence de fond quant à la conception démocratique qui devait présider à ce rassemblement entre ceux qui respectaient les règles définies collectivement et ceux qui s’en affranchissaient.
Devant l’impossibilité de poursuivre ce rassemblement dans ses formes, les communistes ont pris leurs responsabilités et ont décidé de présenter Marie-George Buffet comme candidate d’un rassemblement intitulé « gauche populaire et antilibérale » permettant à des non-communistes d’être partie prenante dans cette campagne.

Les communistes, dans tout le pays, n’ont pas ménagé leurs efforts pour diffuser et porter les propositions de notre candidate. Nous n’avons pas été en reste sur ce département où nous avons réussi un très beau meeting avec Marie-George Buffet à la maison du peuple devant 1200 personnes. Nous avons mené une campagne militante, courageuse pris dans un étau médiatique sans précédent qui n’a laissé que les 2 candidats du second tour apparaître sur le devant de la scène. Absence de débats contradictoires entre les candidats, flots de sondages sur le 2° tour avant que le 1er n’ait lieu, manipulation médiatique à grande échelle, cette campagne présidentielle a favorisé la bipolarisation de la vie politique française nous rejetant aux marges de celle-ci. L’irruption orchestrée de Bayrou en 3° homme n’a rien changé sur le fond ; elle a juste permis un brouillage de cartes et de repères, notamment à gauche.

A l’occasion de cette élection, on a voulu transformer l’électeur en stratège politique. Il ne devait pas, il ne pouvait pas voter en fonction de ses convictions mais plutôt en fonction de qui serait présent au second tour, le vote pour des candidats ou candidates ne pouvant prétendre au second tour étant considérés comme inutile. Ce faisant, on l’a dépouillé de ses attributs de citoyen libre et responsable, de son droit le plus inaliénable : celui de choisir son avenir et non  pas celui d’éliminer tel ou tel candidat comme dans un jeu de télé-réalité. Cette campagne a également été marquée par une pipolisation extrême entretenu de façon conjointe par les 2 principaux candidats qui en ont fait l’un et l’autre des arguments de campagne.
Cette élection a réussi à mobiliser très largement l’électorat, plus de 80% de participation au 1er tour mais a peut-être été une des élections nationales les plus irrationnelles et les moins politisés.

Les résultats sont connus. La gauche réalise son plus mauvais score depuis 1969 avec moins de 40% des voix. Et nous, malgré toute l’énergie déployée dans cette campagne, nous n’arrivons à réunir qu’1,93% des suffrages.
C’est le plus mauvais résultat de notre parti enregistré à une élection nationale. Il vient après celui de 2002 qui nous avait déjà placés sous la barre des 5% à une élection présidentielle. Ce résultat pose alors la question de l’utilité de notre parti et sa pertinence dans le paysage politique. Devant la gravité de la situation, le Conseil National a décidé de convoquer un Congrès extraordinaire en 2007, étape préparatoire à notre congrès ordinaire de cette année.
Car même si les élections législatives ont redressé la barre du navire, notre résultat ne nous a pas permis d’avoir suffisamment de députés communistes pour constituer un groupe autonome. A ce propos, je tiens à remercier nos candidates et candidats qui ont, avec beaucoup de courage et d’abnégation, porté les couleurs de notre Parti durant cette élection et bien évidemment féliciter André Chassaigne pour sa brillante réélection.

Cette élection présidentielle a donc été remporté par Nicolas Sarkozy et les législatives, dans la logique de l’inversion du calendrier électoral et dans le cadre d’un régime de plus en plus présidentiel, ont donné une majorité au nouveau président.
Nouveau président, nouveau style tout droit importé des Etats-Unis avec jogging entouré de caméras, hystérie médiatique et un côté m’a-tu-vu dégradant pour la plus haute fonction de l’Etat. Mais c’est aussi un nouveau style sur le fond avec une droite qui s’assume, une droite décomplexée, une droite qui s’est entièrement donnée au libéralisme. Sarkozy a, dès le début de son mandat, donné le ton. Diner au Fouquet’s, séjour sur le yacht de Bolloré, vacances aux Etats-Unis, le président de la République a adressé un message très clair : malgré une campagne sur le pouvoir d’achat de « ceux qui se lèvent tôt », c’est une  politique au service du capital qui sera mise en œuvre.
Et pour faire une telle politique, il faut continuer l’œuvre de démolition sociale entamé déjà depuis quelques années. L’ancien vice-président du Medef Denis Kessler l’avouait d’ailleurs très tranquillement dans un éditorial du magazine Challenges, le 4 octobre 2007 : Le modèle social français est le pur produit du Conseil national de la Résistance. (…) Il est grand temps de le réformer, et le gouvernement s’y emploie. Les annonces successives des différentes réformes par le gouvernement peuvent donner une impression de patchwork, tant elles paraissent variées, d’importance inégale, et de portées diverses : statut de la fonction publique, régimes spéciaux de retraite, refonte de la Sécurité sociale, paritarisme…
A y regarder de plus près, on constate qu’il y a une profonde unité à ce programme ambitieux. La liste des réformes ? C’est simple, prenez tout ce qui a été mis en place entre 1944 et 1952, sans exception. Elle est là. Il s’agit aujourd’hui de sortir de 1945, et de défaire méthodiquement le programme du Conseil national de la Résistance !

C’est à cet objectif que s’est attelé le gouvernement Fillon avec les franchises médicales, le service minimum dans les transports, la liquidation des régimes spéciaux tout en distribuant des cadeaux à ses amis du patronat avec le paquet fiscal, la privatisation d’EDF-GDF, l’autonomie des Universités et toutes les mesures contenues dans le rapport Attali devenu le rapport Attila.
L’offensive est globale, notamment contre les services publics avec la RGPP, la révision générale des politiques publiques.
Sous prétexte de modernisation des politiques publiques, il s’agit d’un immense plan de restriction et de rationnement des services publics, de leurs moyens et surtout de leurs personnels. La RGPP, c’est d’abord une purge contre l’emploi : 35 000 emplois de fonctionnaires en moins en 2009, 105 000 sur les trois prochaines années.
Toutes les politiques publiques sont touchées : à commencer par l’éducation nationale avec 11.000 postes cette année et 20.000 prévus en 2009. Dans l’administration fiscale, ce sont plus de 50% des effectifs qui seront supprimés à terme alors que les moyens manquent déjà, notamment pour réduire la fraude fiscale et sociale.
Loin de permettre la modernisation des services publics, cette réforme organise leur impuissance et prépare de nouveaux transferts vers le privé dans des domaines comme l’éducation, la santé, la culture.
Partout, ce ne sont que restrictions, coupes sombres : 20 tribunaux de grande instance et 200 tribunaux d’instance sont supprimés, des hôpitaux et des maternités menacées de fermetures par dizaines, suppression d’un centre départemental de Météo France sur deux d’ici 2011...  Pour notre département, ce sont la maternité d’Ambert, des services de chirurgie et des tribunaux à Riom, Issoire et Ambert qui sont touchés.
C’est profondément un choix idéologique : celui du libéralisme contre l’efficacité économique et sociale à laquelle contribuent activement les services publics.
C’est profondément un choix de classe : celui du capital financier contre ce patrimoine commun que sont les services publics.
Et c’est surtout le pari perdu d’avance d’un Etat-manchot, sans capacité d’intervention et de contrôle. C’est le pari perdu d’avance d’un Etat paralysé au moment même où les ravages des politiques de déréglementation financière et de retrait de l’Etat de la sphère économique sautent aux yeux.

Notre résultat à l’élection présidentielle nous a donc conduits à proposer une construction inédite de notre congrès avec tout d’abord un Congrès extraordinaire qui deviendra une Assemblée Extraordinaire et un congrès ordinaire.
Après l’échec de notre stratégie de rassemblement au moment des présidentielles, il était nécessaire, vital de repenser notre projet et notre organisation pour retrouver une audience plus en adéquation avec nos ambitions. La discussion ouverte dès la fin des élections législatives a donné lieu à un intense débat d’idées. C’est plus de 90 communistes qui assistaient à notre Assemblée Départemental le 28 juin 2007. Les discussions montraient alors la lucidité des communistes sur l’état de leur Parti et en même temps une volonté de ne pas en rester là, une volonté de sortir de cette situation catastrophique pour la gauche et pour la France. Jusqu’au mois de décembre, les discussions se sont poursuivies, mettant toutes les options dans le débat. Il y a tout juste un an, nous tenions notre Assemblée Extraordinaire dans cette même salle. Elle fut l’occasion de faire le point des discussions, des questions, des exigences et des attentes des communistes de notre Fédération.
Malgré des différences d’approche quelques fois importantes, nous avons su, dans notre fédération, pratiquer un débat respectueux, fraternel et constructif. Je le dis avec d’autant plus de fierté que l’exemple n’est pas forcément venu de la direction national dans ce domaine.

Lors de notre Assemblée Extraordinaire, comme dans beaucoup d’autres réunions, il y a eu une quasi-unanimité pour déplorer le manque de formation. Dans un monde de plus en plus complexe, de plus de plus interconnecté et de plus en plus libéral, nous avons nécessairement besoin de comprendre ce monde pour pouvoir le transformer. Avoir des outils pour analyser la société, approfondir les propositions que nous défendons, s’en emparer pour, à son tour, en faire la promotion, voilà à quoi peut et doit servir la formation. Etre mieux armé dans le combat politique est une source de confiance en soi et d’efficacité. Mais la formation peut aussi porter sur des questions plus larges permettant de nous réinterroger sans cesse sur nos conceptions des mots et des choses. Elle peut également porter sur notre militantisme, sur l’organisation politique et sur son animation. Faire le constat que la formation est une nécessité ne produit pas automatiquement l’organisation humaine et matériel pour s’en occuper. Lors de cette Assemblée Départemental Extraordinaire, la direction fédérale avait pris l’engagement de travailler sur cette question. C’est pourquoi je vous propose aujourd’hui que nous fassions de la formation une priorité de notre Fédération. Bien entendu, il faudra constituer une équipe de camarades disponibles pour organiser au plus près des attentes des adhérents cette formation et il faudra aussi, si nous décidons d’en faire une priorité, que toutes les structures du parti s’en emparent.

La jeunesse en fait toujours partie. C’est une réussite depuis maintenant de nombreuses années avec une Jeunesse Communiste, active, qui se renouvelle et qui est de tous les combats. Elle est pourtant handicapée par une maladie typique de la jeunesse : la nécessité pour elles et eux d’aller poursuivre leurs études ailleurs ou d’aller chercher du travail hors de notre département. Les exemples ne manquent pas de jeunes camarades obligés de s’exiler et notamment les 1ers responsables de l’organisation. Et pourtant, malgré ce turn over important, nous avons toujours une JC aussi dynamique et aussi visible dans le paysage politique. Pour preuve, mercredi dernier, ils ont été un élément moteur d’un débat sur la crise financière coorganisé avec d’autres forces politiques de jeunesse. Elément moteur en termes d’organisation mais aussi en tant que force de propositions.
C’est un véritable atout que nous avons là avec ces jeunes camarades. Continuer à aider la JC à se développer, bien accueillir les jeunes qui adhérent au Parti, les accompagner dans leur prise de responsabilité, voilà quelques aspects sur lesquels nous devrons être particulièrement vigilants. Vous avez vu qu’un certain nombre d’entre eux sont proposés pour intégrer la direction départementale. Nous avons besoin de leur dynamisme, de leur ténacité, de leur originalité.
En retour, ceux-ci ont besoin de l’aide, du conseil des plus anciens. Ils ont besoin de communistes qui les appuient, de communistes indulgents et compréhensifs. Car ce n’est pas simple, ni facile que de prendre une responsabilité de dirigeants dans un parti comme le nôtre ; un parti chargé d’Histoire, un parti qui a l’ambition de changer le monde. Cela donne plus de poids aux responsabilités.
D’une façon générale, nous avons besoin dans des périodes difficiles comme celle que nous vivons aujourd’hui de nous serrer les coudes, de privilégier le dialogue, le débat, de resserrer les liens qui nous unissent. C’est pour cela que nous devons être plus attentifs à notre organisation. Nous pourrions en faire une priorité fédérale avec l’ambition de renforcer le Parti et de redonner une vie démocratique et active à toutes nos sections. C’est Lénine qui disait : « pour faire un parti révolutionnaire, il faut I de l’organisation, II de l’organisation, III de l’organisation. »

Une autre des priorités que nous avions fixées lors de notre dernière conférence départementale, c’était de construire ou de reconstruire une activité communiste à l’entreprise. Nous n’avons pas encore pu aboutir à la création d’un véritable secteur entreprise, il nous faut donc poursuivre le travail commencé. L’activité communiste à l’entreprise est essentielle pour nous car c’est là que se joue le cœur de l’affrontement capital/travail. Le monde du travail est l’un des principaux leviers de transformation de la société car il lie les questions du changement, de la transformation sociale avec la lutte de classes. Il y a besoin de refaire de la politique au sein des entreprises, de réinvestir les entreprises, de ne pas les laisser en dehors du débat politique et surtout de redonner une conscience de classe à toutes celles et ceux qui subissent peut-être le plus durement la loi du profit. Il y a besoin d’être aux côtés des salariés en lutte, notamment dans la période de crise qui s’ouvre. C’est ce qu’ont fait les militants et élus de Riom. La manufacture des tabacs (SEITA) a fusionné avec le groupe espagnol TABACERA pour créer ALTADIS qui vient d’être revendu à un groupe anglo-saxon IMPERIAL TOBACCO. Ce sont les financiers qui ont pillé une entreprise française florissante, en supprimant la moitié des emplois en France  et 179 à RIOM. L’objectif est de délocaliser la production en Pologne, en Espagne et aux Pays Bas.
Dès le début les élus communistes ont apporté leur soutien aux salariés, rencontrer l’intersyndical et participé à toutes les manifestations, y compris à Paris le 22 octobre. Notre journal Regards sur l’Auvergne a rendu compte de toutes ces actions, en particulier la manif de 500 personnes à RIOM en septembre.
L’action a permis de sauvegarder une production minimum et 14 emplois. Mais diviser reste le mot d’ordre patronal pour faire passer les mauvais coups de la délocalisation, des suppressions d’emplois, du pillage financier des entreprises par les actionnaires. Les élus comptent poursuivre la lutte pour exiger, comme le prévoit la loi et le « plan de sauvegarde de l’emploi » établit avec les syndicats, que les financiers prennent des mesures de revitalisation économique sur le territoire de RIOM COMMUNAUTE. C’est en étant aux côtés des salariés en lutte, porteurs de propositions alternatives locale et globale que nous montrerons l’utilité de notre parti et la pertinence de nos propositions. Cette présence aux côtés des salariés va être de plus en plus nécessaire avec la crise économique mondiale.

Cette crise est née, vous le savez, de la crise des trop fameux subprimes ; ces crédits hypothécaires accordés aux Etats-Unis à des ménages modestes sans considération de leur capacité à rembourser. Tant que le secteur immobilier progressait, tout s’est bien passé, le crédit étant garanti par la valeur du logement. Tout cela a explosé quand les prix immobiliers, qui avaient énormément augmenté, se sont retournés et que les taux d’intérêt ont été relevés. L’éclatement de la bulle immobilière a jeté des centaines de milliers de familles à la rue et a provoqué par cascade une crise du système financier international. N’oublions pas que ce sont ces mêmes crédit hypothécaire que nous vantait, le 14 septembre 2006, celui qui n’était encore que candidat à la présidentielle, Nicolas Sarkozy.
Mais la raison de fond qui a déclenché cette crise sans précédent, c’est la modération salariale entretenue au profit de la spéculation financière. Pour augmenter le pouvoir d’achat des américains, le gouvernement a poussé les ménages à s’endetter. Résultat : la dette des ménages a explosé de 580 milliards en 2000 à 1250 milliards de dollars en 2005.
L’étincelle est donc partie des Etats-Unis. Mais le feu s’est rapidement propagé au monde entier, tant le terrain avait été rendu sec par des années de fuite en avant dans la spéculation financière. Ces subprimes ont été transformées en titres financiers échangeables en bourse et ont ainsi pu être disséminé sur toutes les places financières de la planète. Quand le marché s’est retourné, les banques toutes contaminées, ont refusé de se prêter les unes aux autres, entraînant les faillites d’établissements bancaires renommés aux Etats-Unis. La panique s’est alors répandue comme une traînée de poudre. Pour maintenir le système, les Banque Centrales, notamment la FED et la BCE, ont injecté des centaines de milliards de dollars qui ont servi, pour une part, à alimenter la spéculation et à développer cette crise. Cela a permis de sauver la mise des spéculateurs qui, s’étant brûlés les ailes sur l’immobilier, ont joué sur d’autres marchés rendus spéculatifs par une demande supérieure à l’offre : le pétrole, les matières premières, l’alimentation…

Pour la France, c’est 360 milliards de dollars trouvés alors même que l’on nous disait quelques mois plus tôt que les caisses étaient vides pour les salariés. « Ceux qui se lèvent tôt » aujourd’hui travaillent plus, gagnent moins mais participent à sauvegarder la richesse du capital et des spéculateurs. Ce sont encore les salariés qui doivent éponger les dettes de la finance. Ce sont eux aussi qui vont subir de plein fouet les conséquences économiques de la crise, transformant celle-ci en crise sociale. Cela a déjà démarré et la hausse continue du chômage ces derniers mois est malheureusement une musique qui risque de durer encore de nombreux mois. Selon les statistiques officielles, nous venons de dépasser les 2 millions de chômeurs, une situation inédite depuis 1993 et les prévisions sont des plus pessimistes pour l’année prochaine.

Notre proposition de sécurité d’emploi et de formation n’a jamais été autant d’actualité tout comme nos propositions concernant la réforme du crédit et la création d’un pôle financier public. Assurer à chacun un emploi ou une formation tout au long de la vie avec une sécurité de revenus n’est pas qu’une réponse à la crise sociale qui s’annonce, c’est aussi la solution pour commencer à dépasser la cadre contraignant du salariat. Et nos propositions sur les financements sont aussi plus pertinentes que jamais.
 Elles ont, elles aussi, vocation à aller au-delà de la crise actuelle pour montrer qu’un dépassement de ce système est plus que jamais nécessaire et possible. Car nous ne sommes pas en présence d’une « simple » crise financière mais bien plutôt en face d’une étape nouvelle de la crise systémique du capitalisme.
Je vous propose d’ailleurs que notre Conférence Départementale lance un appel à nos concitoyens donnant notre analyse de la crise et développant nos propositions pour en sortir et dépasser le capitalisme. Vous avez la proposition de texte dans la pochette.

Cette situation nous confère une responsabilité particulière, notamment quand on voit ce qui se passe à gauche.
Le PS n’est toujours pas sorti de son échec à la présidentielle, je pense même qu’il n’est toujours pas sorti de celui de 2002. La participation de certaines de ses figures les plus en vues au gouvernement de Fillon, la faible opposition dont il a  fait part, je pense notamment à la remise en cause des régimes spéciaux, son alignement sur le gouvernement concernant les mesures économiques pour faire face à la crise, n’ont pas contribué à redonner du crédit à la gauche.
Pourtant, c’est vers elle que se sont tournés les électeurs au moment des élections municipales et cantonales pour faire barrage à la droite. A cette occasion, nous avons pu mesurer une certaine stabilité de notre implantation locale et pour notre département conquérir une mairie de 10 000 habitants dans l’agglomération clermontoise. Je voudrais, comme je l’ai fait tout à l’heure, remercier tous les candidats présentés ou soutenus par le PCF qui ont permis à notre Parti de rester la 3° force politique en nombre d’élus.
L’actualité récente du PS a montré cependant que son élasticité idéologique, si elle permettait de réunir beaucoup de monde, leur posait quand même problème. Sortir d’un congrès sans ligne directrice, avec des divisions aussi grandes est la pire des choses pour une organisation politique.
Je ne reviendrai pas sur l’épisode complètement ubuesque de la désignation du premier secrétaire du Parti Socialiste mais il est l’effet pervers de la présidentialisation de ce parti. Il nous faut prendre le temps de bien analyser la séquence politique qui vient de se terminer au Parti Socialiste. Le parcours de Ségolène Royal dans la préparation de ce congrès, non pas en tant que personne mais pour ce qu’elle représente politiquement au sein de la gauche, est symbolique d’une dérive qui touche de plus en plus profondément le Parti Socialiste.
Cette dérive a d’ailleurs conduit le sénateur Jean-Luc Mélenchon et le député Marc Dolez  a quitté le PS et a fondé un nouveau Parti.
De son côté, la LCR est toute entière centrée sur elle-même, construisant ce nouveau parti anticapitaliste en opposition avec tout ce qui existe à gauche ne comptant que sur le charisme de son leader pour attirer à elle de nouveaux adhérents.

Je le disais tout à l’heure cette situation nous donne une responsabilité particulière et notre congrès devra se montrer à la hauteur de la situation.
Les communistes ont choisi leur base commune de discussion lors du vote des 29 et 30 novembre. Je rappelle les résultats nationaux :

Sur 134 000 adhérents dont 78779 inscrits (c.-à-d. cotisants) :
39692 votants, soit 50,38% de participation.
Blancs et nuls : 3659 voix (9,22%)
Exprimés 36033 voix (90,78 %)
Texte : Base commune adoptée par le CN « Vouloir un monde nouveau, le construire au quotidien » : 21946 voix (60,91%) ;
Texte alternatif 1 : « Renforcer le PCF, renouer avec le marxisme » : 5419 voix (15,04%) ;
Texte alternatif 2 : « Faire vivre et renforcer le PCF, une exigence de notre temps » : 8659 voix (24,03%).
Pour notre fédération :
605 inscrits (cotisants)
273 votants soit 45 % de participation ;
Blancs et nuls : 36 voix (13,18 %)
Exprimés : 237 voix (86,81%)
Texte : Base commune adoptée par le CN « Vouloir un monde nouveau, le construire au quotidien » : 137 voix (57,8%);
Texte alternatif 1 : « Renforcer le PCF, renouer avec le marxisme » : 56 voix (23,62%) ;
Texte alternatif 2 : « Faire vivre et renforcer le PCF, une exigence de notre temps » : 44 voix (18,56%).

C’est ce texte que nous améliorerons demain en l’amendant. Mais la crise est venue bousculer ce texte écrit durant l’été. Un certain nombre de camarades ont jugé qu’il fallait faire un effort pour actualiser notre base commune de discussion. C’est un souci partagé par la Direction. Un Conseil National s’est réuni la semaine dernière avec 3 discussions à l’ordre du jour :

        - La crise avec l’idée de montrer que celle-ci résulte de choix politiques, que le système n’est pas pervertie, que c’est le résultat d’une logique, que c’est une crise inscrite dans la réalité même des structures capitalistes et appelant en conséquence à des réformes radicales en rupture avec les ressorts du système.

        - La question du rassemblement qui ne peut être abordé sans prendre en compte l’évolution récente du Parti Socialiste, avec l’idée que les types, les formes, les modalités des rassemblements à construire sont fonction de la nature des objectifs qu’ils visent et qu’il nous faut construire des cadres de débat, de travail et d’actions entre partis de gauche, forces sociales, militants et citoyens.

        - Enfin, la question du PCF et de sa profonde transformation avec plusieurs constats et plusieurs propositions. En préalable, l’accent a été mis sur le besoin d’une orientation politique claire et que c’est en fonction de celle-ci que doivent s’opérer les transformations dans le Parti. La question essentielle a été : comment permettre à notre organisation de franchir une nouvelle étape dans sa vie démocratique ? La question du pouvoir, de notre rapport à lui, de sa délégation dans le Parti et en dehors a été soulevé.
Je ne développe pas plus ces questions d’une part parce que le compte rendu du CN était dans l’Huma et d’autre part parce que je pense que ces thèmes seront au cœur de nos discussions d’aujourd’hui.

Un texte d’orientation n’est pas qu’un texte de référence, il est aussi la mise sur le papier d’une ambition politique, d’une volonté stratégique. Nous aurons rapidement l’occasion de le mettre en œuvre puisque les élections européennes  sont dans moins de 7 mois. D’ores et déjà, la direction nationale a proposé un cadre d’action en appelant tous ceux qui partagent notre volonté de réorienter la construction européenne à la création d’un front progressiste européen pour les élections. Vous le savez, le Parti de Gauche, le parti fondé par Jean-Luc Mélenchon et Marc Dolez dès leur sortie du PS, a déjà annoncé qu’il répondait à notre appel. Ces élections vont donc nous permettre d’expérimenter concrètement une démarche au cœur de notre base commune de discussion si celle-ci est validée par les communistes : ce cœur, c’est notre volonté de faire des citoyens des acteurs convaincus du changement. Je cite : « nous voulons mettre la démocratie, l’intervention et la participation active des citoyens au cœur de la construction du changement ».
Voilà les éléments que je souhaitais apporter dans le débat, pardonnez-moi d’avoir été long mais il me semblait important de redonner la chronologie des événements depuis notre dernier congrès, l’actualité de la crise ainsi que les différents sujets que je vous propose d’inscrire comme une priorité pour notre fédération.

Par cyril - Publié dans : Débat à gauche
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Lundi 24 novembre 2008

Quand on pense que 20 régions sur 22  sont gérées par des présidents socialistes, qu'ils sont à la tête d'une mutitude de municipalités et quand on voit combien les socialistes ont du mal à compter, on ne peut être qu'inquiet.

Pour moi, une chose est sûr : aux prochaines élections, je ne laisse pas un socialiste compter les bulletins...

lol lollollollollollollollollollollollollollollollollollollollollollollollollollollollol

Par cyril - Publié dans : Débat à gauche
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Dimanche 23 novembre 2008


Les réactions des uns et des autres et l'interview de Manuel Valls, aujourd'hui, m'inspirent ce deuxième coup de griffe.



Les médias mentent. Depuis 18 mois, ils organisent une opération de désinformation à l'échelle de tout le pays. En fait, Ségolène Royal a été élue présidente de la République le 6 mai 2007 mais personne ne veut le reconnaître. C'est normal, la France entière la voulait comme présidente. Mais certains méchants ont voulu l'en empêcher en se présentant à la candidature.

C'est d'ailleurs la même chose pour le poste de 1er secrétaire du PS. Manuel Valls vient de nous annoncer que Ségolène Royal était élue et que là aussi il était évident que ce ne pouvait en être autrement puisque tous les socialistes n'aspiraient qu'à cette élection et que si cela est différent, c'est que certains l'en empêche.


Comment tordre la réalité pour la faire correspondre à ce que l'on souhaite....

Par cyril - Publié dans : Débat à gauche
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Samedi 22 novembre 2008

Quel triste spectacle que donne le Parti Socialiste...

Ségolène Royal, après avoir été battu à la présidentielle, après n'avoir regroupé que 29% des adhérents socialistes sur sa motion, vient de se faire battre pour le poste de secrétaire du PS.

Effectivement, comme elle l'avait promis au soir du 2° tour, elle a conduit ses troupes à d'autres victoires....... lol lollollollollollollollollol

Par cyril - Publié dans : Débat à gauche
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Lundi 21 juillet 2008
Pas trop le temps de commenter ce lamentable épisode. Je renvoie à un billet que j'avais déjà fait sur Lang.
Il est toujours d'actualité : Débauchages et conséquences
Par cyril - Publié dans : Débat à gauche
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Lundi 16 juin 2008

Le peuple Irlandais vient de venger toutes celles et tous ceux qui n’ont pas eu la possibilité d’exprimer leur opinion sur ce traité de Lisbonne, copie conforme du feu TCE (dixit Giscard). C’est la quasi-totalité des européens qui ont été privé de leurs droits démocratiques. Seuls les Irlandais ont pu voter car le référendum est inscrit dans leur constitution. Sage précaution. Gloire au peuple irlandais donc qui ont permis l’arrêt du train fou libéral européen. Mais pour combien de temps ? Déjà, tous les commentateurs avertis, tous les europhiles béats, tous les partisans de cette Europe du fric imaginent comment contourner le vote irlandais. La réflexion avait d’ailleurs déjà commencé avant même le vote. Alors, faire revoter les irlandais, isoler l’Irlande, renégocier avec eux un « assouplissement » du traité, plusieurs pistes sont étudiées. Evidemment aucune qui viserait à faire l’Europe avec les peuples, aucune qui mettrait au cœur de la construction européenne la question sociale, aucune qui ne soit réellement démocratique. Non. Contrairement d’ailleurs, à ce qui est proclamé par tous les défenseurs de cette Europe-décadence, l’Union Européenne n’est pas faite pour les peuples. Elle est faite pour les marchés financiers, pour le commerce, pour la bourgeoisie européenne, celle qui détient le capital et qui entend le faire fructifier au centuple. Mais gloire au peuple Irlandais qui, après le peuple Français et après le peuple Néerlandais, vient de mettre en échec cette orientation libérale de l’Europe. Gloire à eux donc.

Et honte aux socialistes français. Honte à ceux qui viennent de jeter aux orties l’héritage de Jaurès. La nouvelle déclaration de principes du Parti Socialiste ressemble à une vague déclaration de bonne intention sociale. Certes, cela fait déjà quelques temps que le PS a abandonné dans les faits toute perspective révolutionnaire mais maintenant c’est officiel et assumé. Le virage à droite du Parti Socialiste ne devrait donc pas s’arrêter….

Par cyril - Publié dans : Débat à gauche
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Vendredi 6 juin 2008

Delanoë s’affirme donc socialiste et libéral. Cette affirmation crée la sensation, c’est l’info du moment, le « buzz » médiatique. Tous les médias en parlent. Enfin, enfin, un leader de la gauche ose transgresser les tabous. Il ose poser les principes d’une gauche moderne, une gauche courageuse qui ne se cache plus derrières les vieux schémas marxisants, une gauche ayant définitivement accepté l’économie de marché, le capitalisme, une gauche, en définitive, qui serait devenue…. de droite.

Et cela fait se pâmer de bonheur quelques commentateurs de la vie politique comme Christophe Barbier ou Laurent Joffrin, expert es gauche et plus particulièrement expert es PS. Ceux-là mêmes que l’on invite dans les débats politiques pour soi-disant représenter la gauche et qui ont tant de mal à se différencier de la droite.

La gauche, pardon, une certaine gauche, souffre depuis longtemps d’un complexe d’infériorité sur les questions économiques. Cette gauche a toujours voulu prouver qu’elle était aussi compétente dans le domaine économique que la droite, qu’elle pouvait faire aussi bien que les tenants du libéralisme et qu’elle pouvait diriger le pays sans mettre l’économie en péril. Ce faisant, pour supporter la concurrence de la droite, cette gauche a toujours voulu se conformer aux critères d’efficacité du libéralisme. Elle adopte donc les mêmes moyens que la droite : réduction du périmètre public, réduction du nombre de fonctionnaires, cadeaux fiscaux aux entreprises sans effets sur l’emploi mais excellent pour la bourse, individualisation des situations etc…. C’est comme cela qu’une certaine gauche s’est retrouvée aux côtés de la droite pour défendre le traité de Maastricht avec ses 3% de déficits publics, machine à réduire le périmètre de l’action publique, ou plus récemment à défendre le TCE, incapable d’imaginer autre chose qu’une soumission servile au libéralisme pour les peuples européens.

En fait, ce glissement à droite est une tentation de la gauche, pardon encore, d’une certaine gauche depuis sa création. C’est en fait la tentation du renoncement, de la facilité, de l’abandon. C’est la tentation de l’obscurantisme contre les Lumières.

Il y a besoin de repenser la gauche, de refonder une politique de transformation sociale qui soit ambitieuse.

C'est le débat que nous voulons mener au Parti Communiste. Ce débat, il a besoin de l'énergie, de la réflexion et de l'imagination de toutes celles et de tout ceux qui se battent pour un monde meilleur.

Ah oui…cette politique de transformtaion sociale, je crois qu’elle se passera de Bertrand Delanoë…..

:-))))

Par cyril - Publié dans : Débat à gauche
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Citations

Le moyen le plus sûr de discréditer une nouvelle idée politique (et pas seulement politique) et de lui nuire, c'est de la défendre en la poussant à l'absurde. En effet, si on la rend « exorbitante », si on l’exagère, si on l'étend au-delà des limites de son application réelle, peut-être poussée à l'absurde, et, dans ces conditions, se change même infailliblement en absurdité. LENINE

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