Meeting des candidat-e-s du Front de Gauche

Publié le par cyril

Je publie ici mon intervention lors du meeting départemental des candidat-es du Front de Gauche à la Maison du Peuple le 22 mai.

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Cher-e-s ami-e-s, cher-e-s camarades,

 

Le 22 janvier dernier nous étions déjà réunis ici dans cette maison du Peuple pour lancer les campagnes des élections présidentielle et législatives. Notre volonté était de mener les deux campagnes de front pour combattre l'ultra-personnalisation et dépasser les cadres de la Vème République. Sur notre département, avec près de 14% des voix lors du premier tour de l’élection présidentielle, le Front de gauche s’installe comme une force incontournable dans le paysage politique. Nous avons pu, avec notre candidat, rendre possible l'idée que la rigueur et l’austérité n’étaient pas des fatalités.

 

Et bien maintenant, après la défaite et le départ tant attendu de Nicolas Sarkozy, nous allons continuer. Et nous l'affirmons : rien ne sera possible sans un Front de gauche puissant. Car si la gauche a gagné, c'est grâce au Front de gauche, grâce à la formidable campagne que nous avons mené et aux propositions que nous avons défendus. Ces propositions, ce projet, c’est l’Humain d’abord.


L’Humain d’abord, c’est remettre le monde à l’endroit en partant des besoins et des aspirations des peuples. L’Humain d’abord c’est avant tout une évidence, une nécessité et un projet politique pour ouvrir d’autres perspectives.

"La question sociale reste. Elle est terrible, mais elle est simple, c'est la question de ceux qui ont et de ceux qui n'ont pas !" Voilà ce que disait Victor Hugo dont nous fêtons aujourd'hui le 127° anniversaire de sa mort.

 

Oui, la question sociale reste, elle est toujours là, c'est pourquoi nous voulons que la gauche réussisse, qu'elle change et améliore la vie des Françaises et des Français. Mais pour que la gauche réussisse, il n’y a pas le choix. Il faut affronter pied à pied la finance et ses logiques. Il faut choisir entre les peuples et la finance.

La commission européenne, le bras armé des marchés financiers, exige toujours plus de privatisations, toujours plus de déréglementation et toujours plus de casse des droits des salariés.

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Il semble que le Président de la République veuille rajouter un pacte de croissance au pacte de discipline budgétaire. Mais l'austérité ne rime pas avec croissance ! Marier l'austérité et la croissance, c'est comme mettre un bloc de glace de croissance dans un four d'austérité. D'après vous, qui gagne ?

 

Nous allons dire au nouveau gouvernement : Attention à ne pas tomber dans la "real politique", cette réalité que l'on convoque pour cacher son impuissance ou sa lâcheté.  "Le réalisme, qui accepte tout et laisse tout faire, nous sépare toujours de la réalité première qu'est l'action. Pour être réaliste, il ne faut pas capituler devant le réel. Il est nécessaire de respecter la réalité, mais jamais de s'agenouiller devant elle." Voilà une mise en garde d'Edgar Morin que le gouvernement ferait bien de retenir.

 

Si François Hollande veut réellement réussir le changement, il faut battre les idées  de la chancelière allemande.


Le pacte de discipline budgétaire doit être purement et simplement démonté pour laisser place à une véritable refondation de l’Europe.


Il faut mettre fin à l’indépendance grotesque de cette BCE qui impose la rigueur partout en Europe. C’est en réorientant l’argent de la BCE et des banques vers l’Humain, vers l’emploi, vers la recherche, vers les services publics que notre continent sortira enfin de la crise. Quand on pense qu’aujourd’hui la BCE prête aux banques privées à des taux de 1% pour que celles-ci re-prêtent aux Etats à des taux qui peuvent aller jusqu'à 20% pour la Grèce, on se dit que ce système qui n'enrichit qu’une poignée de privilégiés marche sur la tête. Il est temps d’avoir une nouvelle politique du crédit basée sur la création de richesses réelles, sur la qualification et l’emploi, sur la formation pour les salariés, sur la recherche et le développement…

 

Cher-e-s amis, cher-e-s camarades,

Il n’y aura pas de relance possible sans s’en prendre à la finance. Il n’y aura pas de relance sans une augmentation des salaires et des pensions. Il n’y aura pas de relance sans étendre et créer de nouveaux pouvoirs pour les salariés dans les entreprises. Il n’y aura pas de relance sans des investissements publics massifs dans l’éducation, la santé, les transports, la recherche…

 

La Grèce constitue l'exemple le plus frappant de ce saccage social et d'étranglement de tout un peuple. Depuis plus de deux ans, ce pays est mis au ban des accusés et cumule pas moins de 9 plans d’austérité.

Et dire que les partisans du TCE nous promettaient en 2005 une Europe de la solidarité qui ne laisserait personne sur le bord de la route.

520 € ! 520€ voilà ce que représente le SMIC grec vu et revu à la baisse tout au long des plans d'austérité. Alors qu'en France nous disons que nous ne pouvons pas vivre avec 1100 € par mois, imaginez comment peut-on tenir avec 520€ ?


En portant la coalition Syriza, le Front de gauche grec, en seconde position lors des dernières élections du 6 mai, les grecs ont clairement affichés leur volonté d'en finir avec la tutelle des marchés financiers. Alexis Tsipras, le leader de Siriza, était l'invité hier du Front de gauche. Ce qu'il a dit devrait en inspirer plus d'un en France et en Europe.


Je le cite: "On a l'habitude de parler des programmes d'austérité mais en Grèce, ce n'est pas un simple programme d'austérité. Il s'agit d'une expérimentation européenne de solution néolibérale de choc qui a conduit mon pays à une crise sans précédent d'allure humanitaire. Si cette expérimentation continue en Grèce, elle sera exportée dans les autres pays européens... il n'y a rien à négocier dans le mémorandum car on ne négocie pas l'enfer ".


C'est de solidarité dont le peuple grec a besoin, pas d'austérité.

Cette solidarité, nous pouvons la traduire en acte en envoyant à l'Assemblée national un groupe de député-e-s du Front de gauche puissant qui relaiera ce message de solidarité.


La défaite de Nicolas Sarkozy, et celles des libéraux allemands ou grecs, marquent un tournant. En France, le peuple a fermé la page de 10 ans de destructions, de mépris et de casse de toutes les solidarités.

Et c’est bien pour cela que la gauche à un devoir de réussite.

Le changement, il doit être une rupture avec les politiques conduites jusqu'à présent.


Le changement, c’est le courage d'abroger, tout de suite, les réformes anti sociales de 10 ans de droite. C’est stopper l’hémorragie dans les services publics en abrogeant la RGPP et en remplaçant les postes supprimés. Le changement, c’est reconnaître la santé, l’éducation, les transports et le logement comme des droits fondamentaux.

 

La gauche ne peut pas se contenter de gérer ce que la droite a détruit. Elle doit reconstruire. Au Front de gauche, nous sommes prêts à engager ce travail de refondation. Dès le 18 juin, nous serons à pied d'œuvre pour faire le compte des lois à abroger et pour déposer les propositions de loi permettant l’augmentation des salaires et des pensions, le SMIC à 1700 €, la mise en place de vraies 35h, la retraite à 60 ans et à taux plein.

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Nous devons rompre avec les politiques de l’emploi et du travail qui ne visent qu'à réduire sans cesse ce que l’on nomme si injustement et si idéologiquement le coût du travail. Depuis plus de 20 ans, les libéraux de tous poils défendent l'idée que le travail est une lourdeur pour notre société et que son coût serait un poids pour la compétitivité de notre pays. Mais le travail, ce n'est pas un coût. C'est une richesse, c'est de la créativité, c'est de l'engagement, c'est un lien social, c'est de l'intelligence et de l'habileté. Et force est de constater que les politiques d’abaissement du coût du travail ont surtout  tiré l’ensemble des salaires et des droits des salariés vers le bas.

 

Pendant ce temps-là, les patrons et les actionnaires se sont gavés d’argent sur le dos  des salariés, les délocalisations se sont multipliées, le chômage et la précarité ont explosé.

Pendant ce temps-là, de plus en plus de salariés considèrent, à juste raison, le travail comme une souffrance, une source de stress pouvant conduire à des dépressions voire à des suicides. Le code du travail, amaigri et affaibli par 10 années d’Etat UMP, est de plus en plus bafoué par des directions d’entreprises plus soucieuses d’accroitre leur taux de rentabilité que de travailler au bien-être de leurs salariés.

 

La première circonscription du Puy-de-Dôme est la plus urbanisée de notre département et concentre une grande partie de l’activité économique auvergnate.

Pourtant, dans beaucoup de quartiers populaires, le taux de chômage atteint les 20% et touche de très nombreux jeunes. Il y a là aussi besoin de changement, besoin de dépasser les déclarations de bonnes intentions, besoin d'aller plus loin que les petites mesures prises jusqu'alors. Il faut investir massivement dans les quartiers populaires, dans le développement des services publics, dans la création d'emplois.

Au cours des rencontres que j'ai pu faire, j’ai mesuré, dans de nombreuses entreprises de la circonscription, le peu de respect des droits sociaux. A Cournon, Gerzat ou Clermont-Ferrand, souvent, le code du travail est méprisé, les directions jouent avec la vie de leurs salariés pour toujours plus de profit. Le ou la salarié-e est ravalé au rang de machine, de marchandise sur lequel il faut économiser pour améliorer la rentabilité, le taux de profit. C'est inacceptable.

C’est pour cela que je m’engage, si je suis élu, en lien avec les salariés et les organisations syndicales, à demander une mission d'information sur le respect et l'application du code du travail dans les entreprises pour faire l'état des lieux et pour redonner à l'inspection du travail les moyens nécessaires à son bon fonctionnement.

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La place d'un militant, d'un élu communiste et du Front de gauche est aux côtés des salariés, pour interpeler les directions d'entreprises, pour interpeler aussi les pouvoirs publics, pour mettre chacun devant ses responsabilités, bref pour peser dans la lutte, dans le bras de fer entre le capital et le travail. Pour moi, c’est cela être un élu au service des luttes.

C'est ce que nous avons fait ces derniers mois à Acticall, avec les salariées de Luminox, avec ceux de Régional, à Aubert et Duval, avec les salariés de la T2C avec qui, je l'espère, nous allons après de longs mois de lutte peut-être pouvoir fêter la victoire, c'est-à-dire la garantie d'un service public des transports en commun de qualité pour les habitantes et habitants de l'agglomération.

Etre aux côtés des salariés en lutte, c’est relayer leurs combats et c'est ce que nous continuerons à faire demain, dans les institutions locales comme à  l’Assemblée Nationale.

Et nous le ferons avec d'autant plus de forces et avec d'autant plus d'efficacité si le département du Puy-de-Dôme envoie, aux côtés d'André Chassaigne, de nouvelles et nouveaux député-e-s du Front de gauche à l'Assemblée Nationale.

Pour ma part, Je suis candidat sur cette 1ere circonscription, avec Maité BALLAIS, pour faire du neuf à gauche.

Faire du neuf à gauche, c'est faire passer l'Humain d'abord. C'est aussi être un député réellement utile, un député qui concerte, un député à l’écoute de ses concitoyens, à l’écoute des salariés, et qui porte leurs aspirations au parlement. De la rue aux urnes, des luttes à l’Assemblée Nationale. C’est cela, être un député qui sert, par son travail parlementaire, l’intérêt de toutes et tous. C’est ainsi que nous concevons la pratique politique, dans un va et vient permanent vivifié par l’intervention populaire et par un mouvement social puissant.

Sur cette 1ere circonscription, nous voulons en finir avec le fatalisme et montrer qu’un élu, un député peut être efficace pour faire résonner les colères et les espoirs à l’Assemblée Nationale.

Nous en avons un bel exemple dans notre département avec André Chassaigne, et cette nouvelle façon de faire de la politique qu'il pratique, qui vise à associer les citoyens à la construction même des propositions de lois. Faire de la politique autrement, ce n’est pas pour nous qu’un simple slogan de campagne mais bien la volonté d’être pleinement les relais des salariés, des jeunes, des chômeurs, des sans droits…

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Cher-e-s ami-e-s, cher-e-s camarades

 

Voter pour le Front de gauche, c'est avoir des garanties.

 

Avec le Front de gauche, vous aurez la garantie d'avoir des députés qui se battront pour protéger, étendre et développer les services publics. Vous aurez la garanti d'avoir des députés qui se battront pour que les droits des salariés soient respectés et étendus dans les entreprises. Vous aurez la garanti d'avoir des députés qui se battront pour un autre partage des richesses profitable aux salariés, vous aurez la garanti d'avoir des députés qui ne reculeront pas face à la finance, vous aurez la garantie enfin d'avoir des députés qui n'iront pas voter au congrès, dans votre dos, des traités que vous avez refusé dans les urnes.

 

Cher-e-s ami-e-s, cher-e-s camarades,

Il reste 3 semaines avant le 1er tour des élections législatives.

Nous décrétons donc la mobilisation générale pour débattre et convaincre dans les entreprises, sur les marchés, dans nos quartiers, dans nos familles. Mobilisation générale pour tenir jusqu’au 17 juin le haut du pavé et faire résonner dans tous les coins du département notre si beau slogan : l'Humain d'abord ! Mobilisation générale pour faire résonner ces 2 mots résistance et solidarité jusque dans l’enceinte de l’Assemblée Nationale.

Alors en ce printemps de changement, en ce printemps d’espoir, je veux terminer en citant le philosophe Gaston Bachelard : « L’avenir, ce n’est pas ce  qui va arriver, c’est ce que nous allons faire ».

 

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