Le Front de Gauche ne mettra pas la tête dans le noeud coulant.

Publié le par cyril

Dans un souci de ne pas hypothéquer l'union pour les élections régionales, nous n'avions pas divulgué cette contribution d'Alain Laffont.
Comme un certain nombre de contre vérités ont été dites et écrites, nous avons décidé de communiquer cette contribution afin que chacun se fasse sa propre opinion sur la sincérité des démarches des uns et des autres.
Nous joignons également la déclaration qu'a faite le Front de Gauche le 2 décembre.
 
Pour le Front de Gauche
Cyril CINEUX
 

Il faut se ressaisir !

«Je te tiens, tu me tiens par la barbichette le premier qui lâche la barbichette de l’autre aura un grand coup de poing dans la figure». C'est la situation actuelle dans les négociations pour les Régionales.
Les travailleurs ont un espoir, que leurs représentants politiques fassent leur unité et arrêtent de les diviser. Celui qui ne comprend pas ça ne comprend rien aux aspirations populaires contre Sarkozy et contre les trahisons du social-libéralisme.
Des millions d’individus, trahis par les journées d'actions à répétion du printemps 2009, attendent de mettre une raclée à Sarkozy, nos cadres militants le savent.
Nous avons, à Clermont-Fd, démontré que nous pouvons faire l’alliance avec des partis qui s’apprêtent à trahir le programme sur lequel ils seront élus. "L'incompatibilité entre le programme de rupture avec les logiques capitalistes et la recherche d'une majorité de gestion avec le PS" est réelle. Si le PC signe le programme et le trahit nous saurons lui faire payer. A Clermont, nous avons démontré que nous sommes capables de le faire. C’est pour cette raison que nous avons rassemblé 8,6 % en 2001 puis 15,3 % en 2008. Nous continuons aujourd’hui sans dévier, dans les luttes et dans les urnes. Aux régionales nous serrons le noeud coulant. C’est ce que j’ai exprimé dans la tribune parue dans Politis et reprise sur le site national du NPA : «Le mégaphone et le cambouis, réponse à Michel Onfray».
Il n’y a aucune contradiction dans tout cela. Il y a une politique concrète partant de l’analyse concrète de la situation. Entre le PS et nous il y a quelque chose qui nous gêne, ça existe et c’est prêt à nous faire la peau comme cela a failli se produire aux Européennes. Leur capacité à nous faire passer pour les diviseurs est grande. Or l’aspiration à l’unité est immense.
En aucun cas nous ne pouvons exiger un accord national dans 21 régions alors que le mode de vote du PCF est régional. Dans ces conditions il faudrait demander au PCF de changer ses statuts.
N'exigeons pas d'eux qu’ils n'aillent pas dans les exécutifs. N’importe quel individu a dans sa tête «Il faut être dans les exécutifs pour peser» et le même a aussi « Heureusement que tu n’es pas dans l’exécutif car tu aurais été obligé de voter les diktats du PS ». Ce débat traverse la tête de chacun. Pour nous, NPA, il n’est pas question de gérer sous hégémonie socialelibérale.
Nous savons que ce qui est déterminant en politique est le programme. Si nous les amenons à un programme anticapitaliste, alors nous avons gagné par avance car ils le trahiront en étant dans les exécutifs, ils seront morts si nous avons l’opiniâtreté de leur faire payer leur trahison jour après jour. C’est ce que nous avons fait à Clermont-Ferrand avec le succès que l’on connaît.

Avant de prendre une décision folle avec des prétextes fallacieux qui nous feraient apparaitre comme diviseurs, réfléchissons. Ils attendent que nous divisions car ils nous connaissent. Ils connaissent le trop plein de suffisance dont nous avons été capables après le score d’OB aux présidentielles et le succès du NPA (qui commence à ternir malgré tous nos efforts). «Mon pire ennemi est moi-même si je gonfle les biceps» (proverbe chinois). Ils s’appuient sur cette faiblesse et attendent, ils ne peuvent faire autrement, ils sont dans un état de faiblesse extrême guidé par la volonté du PCF d’avoir le maximum d’élus. Comme en 2004, ici le PCF fera avec le PS, là sans, peu importe, pour lui, le but est d’avoir le maximum d’élus. Ses partenaires le savent.
Que ferons-nous dans les Régions où le PCF fera avec le PS ? Si le front de gauche est divisé, laisserons-nous le PG sur le bord de la route ? Poser la question c’est y répondre. En Auvergne, ils disent vouloir l’unité, on verra sur le programme... Répondrons-nous «Parce que vous faites l’alliance avec le PS en Pays de Loire nous n’en voulons pas»?
Tout ceci frise l’absurde. Notre problème est de ne pas orchestrer la division de la gauche de gauche région par région car elle serait néfaste dans notre ambition de lutter contre la politique de Sarkozy et laisserait la voie libre aux roses et verts. Sans compromissions nous nous occuperons de régler le compte à ceux qui dressent un obstacle entre les masses et nous dans un futur qui est très proche et peut-être plus proche que chacun de nous l’imagine.

Pour résumer :

*Sur les «objectifs politiques de l'accord national» comme le dit le PC :

-Accord national : On propose une ligne national (ce sont eux qui ne la respecteront pas en s'alliant de ci delà avec le PS) nous on proposera à chaque fois l'unité sans le PS
-Exécutif : Pour les élus du NPA, le refus de toute majorité de gestion et par conséquent de participation à tout exécutif de région avec la social démocratie...

*Sur le programme, il faut continuer et développer le travail engagé

PS : De plus si nous commettons les erreurs que j’ai décrit les cadres de masse de notre organisation ne résisteront pas au fait que nous soyons les diviseurs.

A. Laffont Conseiller Municipal NPA à Clermont Fd

 

http://npaloirenord.over-blog.com/article-contribution-bulletin-preparatoire-cpn-alain-laffont-38846352.html

 

 


 

Après avoir pris le recul nécessaire à l’analyse de la situation, après avoir consulté nos instances régionales, nous constatons que 2 points de vue divergents s’affrontent :

-          L’un qui voudrait que sur notre liste il y ait plusieurs stratégies concernant la majorité de gauche et la participation aux exécutifs

-          L’autre, que nous portons, qui nécessite une stratégie pour une liste

 

Nous estimons que la déclaration du Front de Gauche du 28 octobre est la seule sur laquelle nous pouvons nous engager.

Que dit cette déclaration ?

Elle indique que « nous voulons mettre la dynamique du Front de Gauche au service du rassemblement unitaire de toutes les forces et plus globalement de toutes les citoyennes et les citoyens et les acteurs du mouvement social qui aspirent à rendre majoritaire une alternative à la logique du système capitaliste, du libéralisme et des modèles productivistes. Nous leur disons que le Front de Gauche peut être leur outil. Nous affirmons notre disponibilité à des listes larges réunissant des partis qui tout en n’étant pas dans le Front de Gauche, convergent sur cette démarche et ces objectifs."

Elle précise ces objectifs :

"- La constitution de listes au premier tour différentes de celles présentées par le PS et Europe écologie.

- Ces listes répondront à trois objectifs indissociables : changer les rapports de force à gauche en faveur de la ligne de transformation sociale, battre la droite et rassembler une majorité autour d’un projet vraiment alternatif à la logique du système qui est en crise aujourd’hui. En particulier autour des mesures que nous pourrions porter ensemble. Elles s’engageront à défendre ce programme dans les futurs conseils régionaux. Elles affirmeront leur volonté de le mettre en œuvre à la tête des régions, partout où nous nous jugerons en situation de le faire. Il doit s’agir d’une politique de rupture cohérente, applicable dans le champ de compétences des régions, changeant réellement la vie des citoyens en donnant la priorité aux besoins sociaux, écologiques et démocratiques contres les logiques capitalistes, libérales et productivistes.

- Nos listes s’engageront, sans ambiguïté, à faire barrage à la droite en se rassemblant avec les autres listes de gauche au 2ème tour à l’exclusion de tout accord avec le Modem. La liste arrivée en tête au 1er tour fusionnant avec les autres listes de gauche et écologique proportionnellement au 1er tour.

Notre volonté est de porter des projets de transformation sociale réelle dans les régions. Si les conditions en sont créées nous pourrons travailler à leur mise en œuvre jusque dans les exécutifs régionaux car la gestion des régions s’envisage comme un moyen d’atteindre nos objectifs."

C’est sur cette stratégie et sur ces objectifs qu’au niveau national, de nouvelles organisations comme la Fédération pour une Alternative Sociale et Ecologique ou le Mouvement Politique d’Education Populaire rejoignent la dynamique et l’ambition que porte le Front de Gauche. Nous souhaitons donc nous inscrire dans cette démarche nationale et nous proposons aux militants locaux de ses organisations de rejoindre la dynamique que nous enclenchons. Sur cette base, nous faisons la même proposition aux militants du mouvement social, aux syndicalistes, aux militants associatifs et à l'ensemble des militants de la transformation sociale et écologique.

Nous ne pouvons plus attendre. Dès la semaine prochaine, le Front de Gauche démarrera sa campagne avec cette démarche de rassemblement.

Nous allons dans les prochains jours organiser des réunions pour discuter avec les citoyens du programme. Nous voulons ainsi incarner une nouvelle façon de faire de la politique, dans un échange permanent avec les populations et les territoires.

Nous souhaitons le rassemblement le plus large, en respectant le rythme et les réflexions de chacun, avec celles et ceux qui, tout en n’étant pas dans le Front de Gauche, convergent sur cette démarche et ces objectifs. Notre rassemblement, comme au moment des élections européennes, restera ouvert jusqu’au dernier moment.

Publié dans Débat à gauche

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