Conseil Municipal Clermont-Ferrand 24 septembre 2010

Publié le par cyril

affiches-0387.JPGNous avons eu un conseil municipal un peu animé. Tout d'abord, parce qu'une conseillère de Droite a cru bon nous tenir un langage "sans polémique" sur les retraites. Elle a pris une volée de bois verts de la part de tous les groupes de gauche ou presque. Pour ma part, je lui ai dit que nous n'étions pas dupes de sa tentative d'enfumage et que son intervention était belle et bien sujette à polémique, que sa tentative était la même que celle du gouvernement : ne vouloir prendre cette réforme que par le biais de la démographie sans avoir le courage politique d’aller chercher l’argent là où il est.



BAT PCF retraite 40x60 02Et j’ai rappelé que si l’on taxait les revenus financiers au même niveau que les salaires, c’était 22 milliards d’euros que l’on trouverait pour nos retraites et qu’il y avait 30 milliards d’euros d’exonérations de cotisations sociales patronales. J’ai enfin indiqué qu’il existait un projet de loir alternatif déposé par les députés communistes et du parti de gauche à l’Assemblée nationale. Le Conseil Municipal a ensuite voté le vœu que nous avions déposé sur ce sujet.

 

 


 

 

Nous avons eu un long débat sur la « gestion active de la dette ». Kesako ? La gestion spéculative de la dette, c’est, en terme plus simple, de la spéculation, des emprunts toxiques. La municipalité de Clermont-Ferrand, comme bien d’autres de tous bords, a mis les mains dans le pot de confiture. Celui-ci n’étant plus aussi sucré aujourd’hui, plus assez rentable et bien plus dangereux,  on cherche comment s’en sortir. Lors du débat d’orientation budgétaire, j’avais, au nom du groupe communiste, fait une intervention  de politique générale où je proposais d’arrêter progressivement cette pratique de la gestion active de la dette. Vous pouvez retrouver cette intervention ici.

A l'époque, l’adjoint socialiste aux finances m’avait répondu que, grosso modo, je n’y comprenais pas grand-chose. Hier, changement de ton puisque les socialistes souscrivaient à ma proposition. Comme disait mon collègue Vert : « souvent Maire varie ». L’opiniâtreté paye.


Voici l’intervention que j’ai prononcée.


Lors de son intervention au cours du  dernier débat d’orientation budgétaire, le groupe communiste a demandé de  réduire progressivement la gestion spéculative de la dette de la ville. En effet, avec la gestion active de la dette, notre municipalité participe au monopoly spéculatif mondial qui a conduit à cette crise que l’on connait avec son cortège de suppressions d’emplois, des familles en difficulté et des territoires sacrifiés. Nous réitérons donc aujourd’hui cette demande car nous refusons d’aborder ce sujet sous l’angle purement mathématique et comptable : c’est un choix politique.
Depuis des années, les élus communistes se battent pour une réforme de la fiscalité. Les résultats indécents du système financier justifient une fois de plus ce que nous préconisons depuis bien longtemps : la création d’un pôle public financier   afin de favoriser la lutte contre la spéculation et répondre aux besoins sociaux de notre société, notamment au travers des collectivités et de leur besoin de financement. Ce  pôle public financier interviendrait efficacement dans la vie économique et sociale, financerait les investissements relevant de l’intérêt général et couvrirait les besoins des territoires que les logiques du marché ne veulent pas assurer.
Cette nécessité d’un pôle public financier s’oppose frontalement à la réforme des Collectivités territoriales que veut mettre en place le gouvernement et qui conduirait à une remise en cause profonde de nos institutions républicaine.
Sous prétexte de diminuer le mille feuilles territoriales, cette réforme va affaiblir l’action publique dans les territoires, elle vise à remplacer les services publics par des opérateurs privés partout où c’est possible, à éloigner les élus des citoyens et à faire disparaitre la parité.
Cette réforme déséquilibrera les territoires, réduira drastiquement la fonction publique territoriale et l’autonomie financière des collectivités.
C’est une réforme qui est finalement dans le droit fil de celle des retraites : une réforme libérale qui veut faire payer les plus modestes en les privant de l’action publique.
Je me suis légèrement écarté du sujet principal mais c’était pour montrer que nous sommes face à des choix politiques qui impactent très concrètement et très réellement la vie des habitants de nos territoires.
Participer de prés ou de loin à cette spéculation financière mondiale, c’est participer peu ou prou à alimenter cette crise aux conséquences si dramatique.

petain2.jpgEnfin, nous avions proposé un deuxième vœu sur la situation des roms. Il a fait sortir de ses gonds l’un des conseillers de Droite qui a cru bon me donner une leçon d’histoire en pointant la politique roumaine sous Ceaucescu envers les roms.

Je lui ai répondu que je n’étais pas comptable de la politique menée dans les pays de l’est tout comme je ne le rendais pas comptable de la politique de la droite dans les années 40. J’ai précisé que j’avais adhéré 10 ans après la chute du mur de Berlin au PCF et sur des valeurs toutes autres que celle de la Roumanie de Ceaucescu. Malgré cette altercation, le Conseil Municipal a voté le vœu que nous avions déposé. Le voici :

 

 

 

 

 

 

 

Vœu relatif à la politique du gouvernement à l’égard des Roms
Proposé par le groupe communiste


Depuis le discours prononcé par le Président de la République à Grenoble, le gouvernement français s’est lancé dans une politique ouvertement discriminante : sous prétexte de lutter contre le trafic d’êtres humains et les réseaux criminels, il multiplie les expulsions de Roms, les reconduites à la frontière et les retours volontaires vers le pays d’origine. Ainsi, le gouvernement s’emploie à une démonstration de force qui accentue la précarité et les difficultés des personnes visées. Non seulement, cette politique brutale, loin d’apaiser les tensions sociales, les exacerbe, mais elle s’exonère également de tout devoir d’entraide et de solidarité.
Alors que se renforce un sentiment d’insécurité face aux difficultés sociales et économiques, cette politique, dictée par des motivations électoralistes, stigmatise une population auprès de l’opinion publique et alimente de fait des préjugés racistes. La désignation d’un bouc émissaire déshonore la patrie des droits de l’homme. Pourtant la classe politique pourrait se prévaloir, au contraire, de ne pas traiter la question de la délinquance en même temps que celle de l’immigration.
Lutter contre la criminalité est une chose, stigmatiser une communauté en est une autre. Les camps démantelés cet été étaient essentiellement occupés par des Roms roumains et bulgares fuyant les incessantes discriminations dont ils sont victimes dans leurs pays d’origine. Or, ces deux États sont membres de l’Union européenne, et les Roms ont les mêmes droits que les autres citoyens européens – à l’exception d’une restriction temporaire de la liberté de circulation dans certains des États de l’Union. Au lieu d’expulser des populations qui, cibles de discriminations dans leur pays d’origine, n’auront de cesse de revenir, il serait opportun de préparer leur intégration, puisque cette restriction prendra fin en 2014 au plus tard.
Au niveau national, cela passe par la création d’aires d’accueil mais aussi par la scolarisation des enfants, l’alphabétisation et la formation professionnelle des adultes. De nombreuses collectivités ont ainsi la volonté de soutenir les populations roms pour des conditions de vie plus dignes.
La question doit également être réglée au niveau européen, de façon coordonnée et sans instrumentalisation à des fins de politique intérieure. Comme l’a fermement rappelé la Commission européenne, la France, à l’instar des autres États membres, doit ainsi respecter le droit communautaire et tout particulièrement le principe de non-discrimination, pour permettre aux Roms de vivre décemment et de bénéficier de tous leurs droits de citoyens européens. Et parmi ces droits, les libertés de circulation et d’installation dans toute l’Europe.
Pour toutes ces raisons, je vous propose, Mesdames et Messieurs, d’adopter le vœu suivant :
Le Conseil municipal de Clermont-Ferrand, réuni ce 24 septembre 2010, exprime une protestation solennelle contre la politique conduite par un gouvernement dont le ministre de l’intérieur a été condamné pour injures raciales et se joint aux associations de défense des droits de l’Homme pour dénoncer fermement la politique raciste et discriminante menée par ce gouvernement à l’égard des Roms.



Publié dans Clermont-Ferrand

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