Banquet populaire des 90 ans du PCF

Publié le par cyril

Ouf ! Nous venons de terminer une semaine d'initiatives pour célébrer les 90 ans du PCF. Semaine chargée mais qui a permis de fêter politiquement, culturellement et fraternellement cet anniversaire.

Dimanche, nous avons terminé par un banquet populaire et républicain avec Pierre Laurent et André Chassaigne.

Voici le discours que j'y ai fait.

 


 

Chers amis, chers camarades,


affiches-0731.JPGAu nom de la Fédération et des communistes du Puy-de-Dôme, je remercie toutes celles et tous ceux qui ont répondu à notre invitation de venir partager le verre de la solidarité et de la fraternité à l'occasion de ce banquet populaire et républicain.


 

 

 

 

 

Merci aussi aux syndicalistes qui sont venus en nombre et qui ne ménagent pas leur peine tant les difficultés sont grandes.

 

Merci à l'association des amis de l'Huma d'être présente.


Je remercie aussi notre secrétaire national, Pierre Laurent, de nous honorer de sa présence et de présider notre banquet qui marque la fin d'une riche semaine d'initiatives pour célébrer les 90 ans du Parti Communiste.


DSC00591.JPGNous avons ainsi réalisé une exposition permettant de retracer l'histoire de notre Fédération depuis sa création ; à l'occasion d'une pièce de théâtre intitulé « Karl Marx, le retour » nous avons eu la chance d'écouter Karl Marx durant plus d'une heure défendre son honneur et ses idées ;7

 


avec les jeunes communistes, nous nous sommes interrogés sur le communisme comme projet d'avenir et nous avons ainsi pu noter que le terme communisme est polysémique, c'est-à-dire qu'il revêt plusieurs sens, celui de l'engagement, celui de l'expérience, celui de la forme d'organisation et celui de l'idéal. Hier enfin, nous avons pu constater la pertinence et l'actualité de la pensée de Marx, Lénine, Gramsci et Jaurès.

Et nous voici maintenant réuni pour ce banquet populaire.

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C'est un moment particulier que de fêter l'anniversaire d'une organisation politique. Surtout quand elle a 90 ans.


C'est d'abord un moment d'émotion. Émotion pour chaque communiste qui retrouve dans cette rétrospective son parcours militant, ses jeunes années, des moments de joie et de bonheur mais aussi des heures tristes et dures. Ce moment est donc aussi l'occasion de se souvenir de celles et ceux qui nous ont précédé, qui ont ouvert le chemin, qui ont vaillamment résisté pour nous permettre aujourd'hui de reprendre le flambeau.


En cet instant, permettez-moi d'avoir une pensée pour Joseph, Alain, Etiennette, Jean Michel, René et bien d'autres qui ne sont plus parmi nous aujourd'hui mais qui ont, toute leur vie durant, été fidèle à leur engagement de jeunesse.


C'est aussi un moment fraternel qui appelle de la responsabilité. Responsabilité pour être à la hauteur de la tâche, pour poursuivre cet engagement au service du peuple de France, au service de celles et ceux qui subissent le plus durement l'exploitation capitaliste.


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C'est également une source d'inspiration. Une source d'inspiration qui nous rappelle que le capitalisme n'est pas la fin de l'histoire et que l'idée communiste, les idées communistes sont toujours aussi pertinentes.


D'ailleurs, comment ne le seraient-elles pas, quand on voit l'état de la planète, quand on voit une petite minorité mettre sous tutelle les trois quarts de l'humanité, quand on voit comment le capitalisme et sa recherche frénétique du profit pervertissent tous les sentiments humains et transforment tout en marchandises ?


Le capitalisme traverse une de ses plus grandes crises. Elle est un puissant révélateur des impasses d'un système qui tente par tous les moyens de faire payer cette crise aux peuples. À coups de règle d'or, de plans d'austérité, de cadeaux fiscaux, de RGPP, de sauvetage des banques, le capitalisme entend faire régler la facture par les salariés.


Eh bien, nous refusons cette dictature du capital. Nous refusons de plier face au joug de la finance et nous disons que ce n'est pas au peuple de payer la crise, c'est aux marchés financiers.


Tant que le capitalisme exploitera l'humanité, tant qu'il y aura de l'oppression, il y aura besoin de communisme, il y aura besoin des communistes.

 

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Durant  90 ans, le parti communiste a été de tous les combats contre l'injustice. Des luttes anticoloniales aux luttes antifascistes, de la résistance aux luttes pacifistes, du Conseil National de la Résistance à la solidarité internationale, les militants communistes ont fait preuve d'une détermination et d'un courage extraordinaire.


Il en fallait pour subir quasi quotidiennement la répression policière, les pressions patronales, quelquefois les arrestations et durant toute une période une clandestinité dangereuse.


Il y eut aussi durant ces 90 ans, des erreurs, des retards, des fautes mêmes. Mais comme le disait Aragon, "il n'y a pas de lumière sans ombre". 

Nous en avons tiré beaucoup de leçons dont une essentielle, c'est que la démocratie, l'intervention populaire est tout à la fois le but que nous nous fixons et le chemin que nous empruntons.


Nous l'avons traduit simplement, notamment à l'initiative d'André Chassaigne avec cette formule : faire de la politique autrement.


affiches-0739-copie-1.JPGFaire de la politique autrement pour associer les citoyennes et les citoyens, pour qu'ils soient partie prenante des décisions les concernant. Nous l'avons traduit en acte notamment au moment des élections régionales, avec nos partenaires du Front de Gauche, en construisant avec les Auvergnats un pacte citoyen, fruits de dizaines de rencontres, de débats, de discussions.

 


Alors qu'est-ce qu'être communiste aujourd'hui ?

 

C'est fondamentalement le même engagement qui motivaient les communistes de 1920 qui nous motivent aujourd'hui : c'est bien la lutte contre l'injustice, contre toutes les injustices. Comme le dit Pierre dans son excellent livre, «c'est l'actualité du monde qui conduit des femmes et des hommes, souvent jeunes, à rejoindre le parti communiste ». 

 

Et c'est bien la volonté de mettre un terme à toutes ces injustices qui nous conduit à condamner ce système économique, à condamner le capitalisme et à construire ici et maintenant son dépassement.

 

Karl Marx donnait cette définition du communisme en 1845 dans l'Idéologie allemande « Le communisme n'est pour nous ni un état qui doit être créé, ni un idéal sur lequel la réalité devra se régler. Nous appelons communisme le mouvement réel qui abolit l'état actuel. »  Cette définition est toujours d'actualité.


Durant ces 90 ans, l'histoire du Parti Communiste Français s'est superposée, s'est confondue avec l'histoire des luttes sociales de notre pays.


DSC00620-copie-1.JPGDes grandes luttes populaires de 1936 à celles de l'après-guerre, de celles de 1968 à celle du mouvement de 1995, du CPE au TCE, de celle de 2003 à celle de l'an dernier contre la réforme des retraites, le Parti Communiste Français a toujours été aux côtés des travailleurs. Durant toute cette période, pour paraphraser Mark Twain, les communistes ne savaient pas que c'était impossible, alors ils l'ont fait.

 

Être communiste c'est être de toutes les luttes, de tous les combats pour l'émancipation humaine. Depuis toujours, les communistes rêvent, imaginent et construisent au quotidien les germes d'une société libérée de toutes les exploitations et de toutes les aliénations, une société où les individus ne seraient plus opposés les uns aux autres, où le profit ne régirait plus le monde et où le patriarcat serait dépassé.

 

Être communiste, c'est construire au quotidien de nouveaux rapports entre les Hommes pour permettre, comme le disait si bien Marx, le « libre développement de chacun comme condition du libre développement de tous ».

 

Nous sommes toujours aux côtés des travailleurs en luttes car celles-ci ne doivent pas rester l'affaire des seuls salariés.


photo luminox8Durant les derniers mois et ces dernières semaines, nous avons été avec les salariés de la COSAC, de Régional, de Goodyear dans leur combat pour des augmentations de salaires, nous avons été aux côtés des salariés de la T2C dans leur lutte pour un service public du transport dégagé des logiques concurrentielles et nous sommes aux côtés des salariées de Luminox, des femmes admirable de courage qui se battent pour sauver leurs emplois.

 


 

Face aux logiques du profit, face à un gouvernement qui casse toutes les solidarités, face à un gouvernement de classe au service des actionnaires, nous opposons une idée simple mais profondément transformatrice : l'humain avant tout, l'humain d'abord.

C'est avec ce sous-titre que nous illustrons le programme du Front de Gauche.

Idée simple mais transformatrice disais-je, car elle vise à inverser l'ordre des choses, à faire passer l'homme avant l'argent.

 

Idée simple mais qui ne va pas forcément de soi, y compris à gauche. Les débats des dernières semaines l'ont assez bien montré.

 

affiches 0727J'aimerais citer Pierre qui, dans son discours à la Fête de l'Humanité, s'adressait, avec humour et franchise, à nos amis du Parti Socialiste et d'Europe Ecologie Les Verts. Il leur disait ceci :

" Il y a vingt ans vous nous disiez : soyez démocratique et nous sommes devenus démocratiques.

Il y a dix ans, vous nous disiez : soyez écologistes et nous sommes devenus écologistes.

Alors aujourd'hui, à vous amis socialistes et écologistes, nous vous disons : soyez de gauche !

Oui, il est l'heure pour la gauche de se désintoxiquer du libéralisme !"

 

Fin de citation

 

Oui, il est l'heure pour la gauche d'être à gauche, d'assumer pleinement son ambition transformatrice et d'assumer pleinement son camp : celui des ouvriers, des employés, des classes populaires et des salariés de ce pays.

 

C'est pourquoi, avec le Front de Gauche et notre candidat à l'élection présidentielle, nous affirmons, sans souci d'être mal vu des agences de notation, que nous voulons, comme des millions de salariés l'ont fait savoir, la retraite à 60 ans et à taux plein, le SMIC à 1700 € brut, une augmentation générale des salaires, des 35 heures sans perte de salaire, l'abrogation de la RGPP et un nouvel essor des services publics.

 

Mais effectivement, pour cela, il ne faut pas avoir peur d'affronter les forces de l'argent.

Comme le disait Mandela " Personne ne devrait avoir peur de changer le monde pour le rendre meilleur. " 

Publié dans Fédération PCF

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