Rapport Conseil Départemental

Publié le par cyril

Voici le (long) rapport que j'ai présenté au Conseil Départemental de la fédération du Puy-de-Dôme. Analyse des élections et réflexions pour l'avenir...



Bilan des élections européennes
Après avoir menée campagne pendant près de 4 mois, nous devons maintenant nous livrer à l’exercice quelque peu fastidieux mais instructif de l’analyse des résultats.
Si nous avons débuté notre campagne dès le début de l’année, cela n’a pas été le cas des principales forces politiques qui ont, pour leur part, démarré un peu moins d’un mois avant la date du scrutin. L’UMP a volontairement évité de faire campagne pour ne pas subir le vote sanction. Cette situation convenait au Parti Socialiste, embourbé dans ses querelles internes et qui pensait recueillir mécaniquement les fruits de la colère sociale. Les 2 redoutaient également avec la même appréhension la réédition du débat citoyen de 2005. Mais le choix de la protestation a massivement été l’abstention. Celle-ci atteint un niveau record de 60% au niveau national et 57% au niveau européen. Le manque de lisibilité de l’Europe, cette courte campagne, l’absence de relais des médias, le déficit démocratique de l’Union Européenne ont été des éléments favorisant fortement l’abstention. Le vote du traité de Lisbonne au Congrès a certainement été un élément déterminant dans le choix de s’abstenir pour nombres de personnes. Le sentiment que « voter ne sert à rien » était en quelque sorte validé par la façon dont le président de la République, avec le soutien du PS, avait décidé de faire adopter le traité de Lisbonne.

Cette abstention nous interpelle car ce sont les personnes les plus menacées par la crise qui ne se sont pas déplacés pour aller voter. C’est chez les jeunes et dans l’électorat populaire que l’on trouve le plus d’abstentionnistes : 69% des ouvriers et 66% des employés n’ont pas voté tandis que le taux d’abstention atteint 70% chez les 18-24 ans et 72% pour les 25-34 ans. Selon un sondage, c’est le mécontentement à l’égard des partis politiques qui a le plus motivé d’abstentionnistes avant même la défiance vis-à-vis de l’actuelle construction européenne. L’abstention revêt donc un caractère d’expression politique qu’il ne faut pas négliger même si celle-ci a été immédiatement écartée des débats télévisés le soir du 7 juin. D’ailleurs, il faut souligner la responsabilité particulière des médias dans la désaffection des électeurs. Au contraire des élections présidentielles ou du référendum de 2005, les médias notamment télévisuels n’ont pas joué leur rôle. Ils n’ont à aucun moment donné les enjeux de cette élection, ils n’ont pas expliqué le rôle du Parlement, le fonctionnement de l’Union Européenne, tout ce qu’ils avaient fait en 2005 pour nous expliquer à quel point l’Europe était fabuleuse et pourquoi il fallait voter le TCE.

Pour seul débat, nous avons eu droit à une caricature avec l’émission d’Arlette Chabot faisant la part belle à l’UMP et le PS et mettant les « petits » candidats en opposition les uns aux autres, pervertissant ainsi profondément le sens même de ce qu’est une élection. Je le dis avec gravité : le traitement médiatique de ces élections n’est pas digne de ce que l’on est en droit d’attendre dans une démocratie. La dérive partisane et soumise d’une majorité de médias depuis 2005 revêt de plus en plus un caractère anti-démocratique. Les citoyens n’en sont pas dupes. Nous ne pourrons pas faire l’économie d’une réflexion tant au niveau national qu’au niveau local sur cette partialité des médias et ce qu’elle entraîne.

Cette abstention a plus touché la gauche que la droite. Sarkozy a d’ailleurs envoyé des signes à son électorat quelques jours avant le vote : mesures sécuritaires, travail du dimanche, etc…

- L’UMP
L’électorat de droite s’est donc beaucoup plus mobilisé et les listes UMP arrivent partout en tête. Avec 27,87% des voix, le parti au pouvoir réalise une victoire historique : c’est d’abord le meilleur score d’un parti de droite au pouvoir depuis 30 ans mais c’est aussi l’une des rares fois où un gouvernement n’est pas sanctionné lors d’élections intermédiaires. Notre pays ne fait pas exception en Europe puisque la droite arrive en tête dans 20 des 27 pays.
Cependant, à la différence des autres pays, l’extrême-droite est en recul en France, confirmant le déclin amorcé à la présidentielle. Toutefois, s’il y a lieu de se réjouir du reflux du Front National, on sait que Sarkozy a repris à son compte un certain nombre de thèmes portés et défendus par le FN. La cannibalisation du vote d’extrême-droite par l’UMP produit des effets électoraux mais perpétue ce que, en son temps, nous appelions la Lepénisation des esprits. C’est aussi ce renfort de droite qui permet aussi à l’UMP d’afficher un si bon score.
L’antisarkozysme n’a donc pas marché et le PS qui avait basé l’essentiel de sa campagne sur ce rejet du pouvoir en est pour ses frais. Il semble même qu’une prime à l’ordre et à la stabilité face à la crise ait été donnée à la droite. Dit plus crûment, la crise économique a profité à la droite. L’agitation autour du G20, les promesses de libéralisation du capitalisme ont, semble-t-il, fait illusion sur une partie de l’électorat. Ce résultat nous pose tout de même question au moment où le monde vit une crise historique du capitalisme et où dans notre pays, le mouvement social est sur le devant de la scène depuis le mois de janvier. J’y reviendrais.

- Le PS
Le PS subit une lourde défaite avec 16,48% en recul de près de 10 points par rapport à 2004. C’est la même chose presque partout en Europe ce qui conduit le PSE à perdre plus de 50 sièges. Ce résultat sanctionne l'ambiguïté fondamentale des orientations du PS, prétendant s'opposer à Sarkozy ici et composer avec le libéralisme à Bruxelles.
Depuis 2002, le PS n’arrive plus à se reconstruire et devient incapable de gagner une élection nationale. Il est toujours en butte aux luttes internes entre ceux qui voudraient un ancrage plus à gauche et ceux qui souhaiteraient se débarrasser définitivement des oripeaux socialistes. Le Congrès du Mans en a été l’illustration la plus symbolique.
Nous avons besoin d’analyser avec lucidité et en profondeur ce qu’est le PS aujourd’hui. Il me semble qu’une distorsion est en train de se produire entre ce qu’est le PS nationalement et ce qu’il est ou ce qu’il représente localement. Nationalement, le PS pense trouver son salut du côté de l’alliance avec le Modem alors que localement il a toujours besoin d’un affichage de gauche même si les tentations droitières sont extrêmement présentes. Elles sont d’ailleurs revenues sur le devant de la scène quelques heures seulement après la fin du vote avec les appels du pied plus que pressant à la liste Europe Ecologie. Mais ce que sait le mieux faire le PS, c’est de se déchirer. Cela n’a pas tardé puisque dans une discussion assez indigne dans les circonstances, autocentrée sur eux-mêmes, les ténors du PS se sont tantôt institués rénovateur en chef du Parti, tantôt candidat à la candidature se rejetant les uns sur les autres la responsabilité de l’échec. Pitoyable spectacle qui a continué dans les jours suivants où pour certains la réponse à la crise politique est de faire des primaires de la gauche pour savoir qui sera candidat à la présidentielle de 2012.

- Europe Ecologie
L’effondrement du PS a profité à l’alliance hétéroclite d’Europe Ecologie qui recueil 16,28% et qui crée l’événement. Je tiens tout de suite à donner un élément qui permet de relativiser ce résultat. En 1999, Daniel Cohn Bendit conduisait  la liste des Verts et recueillait déjà 10%. Si le score d’Europe Ecologie est si mis en lumière, c’est aussi par la débâcle du PS. Il faut donc relativiser ce résultat, le mettre en perspective pour l’éclairer mais en prenant bien soin de ne pas sous-estimer les motivations des électeurs.
Europe Ecologie a siphonné une partie de l’électorat PS et une partie de celui du Modem. Sa campagne résolument européenne a justement permis d’attirer à lui celles et ceux qui ne se retrouvaient pas dans l’antisarkozysme déployé aussi bien par le PS que par François Bayrou. Les questions environnementales, le développement durable, l’avenir de la planète sont devenus des questions incontournables du débat politique. Là aussi, il ne faut pas sous-estimer l’attente de la population sur ces questions. Mais il faut aussi avoir un langage de vérité : il n’y aura pas d’avenir durable sans transformation sociale, il n’y aura pas d’environnement préservé sans rupture avec un système économique qui sacrifie hommes et territoires pour le profit. Nous devons également combattre cette idée de « capitalisme vert ». La loi du profit sera toujours plus importante que tous les impératifs écologiques. Il faudra d’ailleurs être très attentif aux votes des députés européens d’Europe Ecologie sur les directives de libéralisation notamment en matière de transport ou d’énergie.
La force des ces listes est aussi venu du rassemblement. Ce qui nous apparaissait et qui nous apparaît encore d’ailleurs comme une alliance contre-nature entre ceux qui avaient fait campagne pour le NON et ceux qui défendaient le OUI est, au contraire, apparu comme la capacité de dépasser des différences pour se rassembler sur l’essentiel. C’est, pour nous, un élément intéressant de réflexion. Cette image d’unité a évidemment été renforcée par l’image d’un PS explosé, morcelé, encore confronté à la lutte entre Martine Aubry et Ségolène Royal. Europe Ecologie a pu apparaître à certains électeurs comme un « anti-PS positif » et attirer à lui des électeurs socialistes lassés des divisions de leur camp.
Néanmoins certains députés seront obligés de faire fi de leurs convictions lorsqu’il faudra voter au Parlement européen. Nous verrons alors la solidité de cette alliance et la fermeté des convictions des uns et des autres.
Un dernier mot sur ce résultat d’Europe Ecologie. Il faut aussi constater la persistance d'un flottement massif dans l'électorat qui débouche alternativement ou conjointement, soit sur des poussées abstentionnistes massives, soit sur des votes « surprises » aux contours flous. Ce fut le cas du Modem à la présidentielle, cette fois d'Europe écologie. Il y a des points communs à ces poussées électorales mais aussi des différences d'expression à ne pas négliger. Les électeurs cherchent à chaque fois des réponses nouvelles.
Ces phénomènes politiques instables, qui cristallisent très rapidement des nombres  importants  d'électeurs indécis, changent de nature d'une élection à l'autre, sans qu'on sache s'ils vont perdurer, mais notons qu'ils sont maintenant récurrents.
Ils sont avec l'abstention, la marque d'une insatisfaction très profonde et persistante à l'égard de l'offre politique, la recherche de solutions neuves et atteignables (ce qui n'évite pas toujours les raccourcis trompeurs) face aux crises qui angoissent  notre peuple, crise du système capitaliste, crise démocratique, crise écologique...
Dans cette élection, la « surprise » est venue des listes Europe écologie, tandis que le Modem mordait la poussière. Autant il serait naïf de ne rien voir des manipulations politiques et médiatiques qui nourrissent ces brusques mouvements électoraux, autant il serait inconséquent d'ignorer le sens que tentent d'y mettre les électeurs. Et cela d'autant plus que la motivation écologique qui anime cette fois bon nombre des électeurs d'Europe écologie nous paraît à nous aussi essentielle.

- le NPA
La stratégie d’Olivier Besancenot et des dirigeants du NPA  se solde par un échec. Ils voulaient préempter la gauche du PS pour apparaître comme les seuls opposants à Sarkozy. Ils en sont pour leurs frais. Ce qui coûte le plus cher au NPA, c’est son refus du rassemblement, faisant prévaloir les intérêts boutiquiers sur les intérêts des salariés et de la gauche. Cette ligne politique n’a pas servi le NPA électoralement parlant et a conduit Christian Piquet et ses amis à quitter le NPA et à rejoindre le Front de Gauche.

- Le Front de Gauche
J’en viens maintenant aux résultats des listes du Front de Gauche. Avec 6,5 % et 5 élus, nous pouvons dire que nous avons réussi notre pari. Avant d’analyser plus précisément ce résultat, je souhaite féliciter nos 2 candidates puy-de-dômoise et plus particulièrement notre camarade Yvette Mercier qui a été une excellente candidate, disponible, sérieuse aussi à l’aise derrière un micro que devant les portes des boîtes. Je souhaite également au nom du Conseil Départemental saluer l’immense travail militant qui a été réalisé. C’est grâce à lui que nous réalisons ce score car nous n’avons pu compter que sur nous-mêmes durant la majeure partie de la séquence électorale, les médias ne s’intéressant au Front de Gauche qu’en fin de campagne.
Je disais pari réussi donc, salué comme tel par la presse. Nous pouvons effectivement être satisfaits de nos résultats dans le contexte d’abstention massive que nous avons connu.
Réussite tout d’abord par notre capacité commune avec le Parti de Gauche à se hisser au niveau des enjeux et à travailler pour l’intérêt commun. Réussite, je l’ai dit, en terme militant. Réussite également sur l’élargissement du Front de Gauche qui a été rejoint par la Gauche unitaire puis par République et Socialisme issu du MRC de Chevènement. Nous pouvons également nous prévaloir du soutien d’intellectuels, d’économistes et de nombreux syndicalistes, séduits par cette démarche unitaire. Réussite enfin sur que nous avons semé en terme de dynamique, d’intérêt qui ne demandent plus qu’à germer.
Il est intéressant de se pencher sur les inégalités de résultats en termes de tranches d'âge et de catégories sociales et sociologiques. Selon un sondage CSA sortie des urnes réalisé le jour du vote, 20% des électeurs Front de gauche ont moins de 30 ans, 22% de 30 à 49 ans, 58% ont plus de 50 ans. Les catégories moyennes ou supérieures du salariat, les diplômés bac+2 et plus, sont mieux représentés que les ouvriers et les employés, les diplômés CAP-BEP. En termes de comportements politiques, 72% de nos électeurs déclarent avoir voté non en 2005, 18% avoir voté oui et 10% s’être abstenus. 47% se déclarent proches du PCF, 18% de l'extrême-gauche dont 11% qui déclarent avoir voté Besancenot, 23% proches du Parti socialiste.

Concernant notre circonscription, nous obtenons un résultat de 8,1% en augmentation de 1,9% par rapport à 2004 avec un gain tout de même non négligeable de 20 660 voix. Dans le même temps, le PS perd plus de 200 000 voix. Dans le Puy-de-Dôme, nous nous situons à 8,5% des suffrages avec une progression de 2,9 %, ce qui en fait la plus importante progression à l’échelon départemental de France. Nous gagnons 4 833 voix avec un total de 15 357. Nous sommes devant le FN et le NPA et nous occupons la 5° position. Le PS perd plus de 30 000 voix tandis que l’UMP en gagne près de 6 500.
Nous avons mené une belle campagne avec 2 meetings réussis et plus de 45 réunions dans tout le département. Notre meeting de Polydome a marqué par la qualité des intervenants, l’accueil chaleureux et fraternel de la salle, le parterre de syndicalistes sur la tribune et a convaincu plusieurs de ses spectateurs de voter Front de Gauche. Il est un peu le symbole de notre campagne.
Alors qu’en 2004, 19 cantons sur 61 se trouvaient sous la barre des 5%, ce ne sont plus que 3 cantons Ardes, Rochefort Montagne et Chamalières aujourd’hui. La plus grosse progression que nous enregistrons se situe sur la 5° circonscription avec + 5,37%, la plus faible sur la 6° mais avec tout de même une progression de 1,99%. Pour finir, il est à noter que nous dépassons les 10% dans 142 communes avec des scores allant au-delà de 15% dans 60 communes. Dernier élément de satisfaction, c’est que le Front de Gauche arrive devant le NPA sur Clermont même là où la LCR conduite par Alain Laffont, candidat du NPA aux européennes,  réalisait plus de 15% aux dernières municipales. Ce refus de s’inscrire dans la démarche unitaire a, là aussi, coûté électoralement parlant mais a aussi conduit des militants du NPA à rejoindre le Front de Gauche et a créer il y a quelques jours la Gauche Unitaire sur le département.

Les résultats des différentes forces politiques doivent évidemment être appréciés à l'aune du niveau record d'abstention. Il est difficile de dire dans ces conditions si les tendances observées parmi ceux qui ont voté seraient confirmées, infirmées ou sensiblement modifiées en cas de vote plus massif. Cela vaut pour nos propres résultats. Cela n'enlève rien aux points marqués par notre campagne, mais cela signifie également que la dynamique réellement populaire que nous visons reste à créer. Une dynamique est bel et bien née mais il est évident que l'ambition est qu'elle change d'échelle dans le peuple si nous voulons qu'elle pèse durablement sur le cours des évènements.

Contexte économique et social
Ces élections se sont déroulées dans un contexte économique et social toujours dominé par la crise du capitalisme. Les destructions d’emplois succèdent aux annonces de licenciement. Au premier trimestre 2009, ce sont 187 000 emplois nets détruits et l’UNEDIC prévoit près de 600 000 chômeurs supplémentaires en 2009. En cette période estivale de préparation des départs en congés, il n’est pas inutile de rappeler qu’à chaque fois qu’il y a un chômeur de plus, ce sont 6 personnes de son entourage qui réduisent leur budget vacances.
On annonce déjà que la situation va empirer à l’automne. On l’a vu, cette crise n’a pas desservi la droite, au contraire.
Nous devons continuer à expliquer les causes de la crise et surtout dépasser la simple protestation. Il faut pouvoir proposer tout à la fois des mesures concrètes et immédiates comme les propositions de loi qu’ont défendu les députés communistes le 28 mai et donner à voir un projet de société différent de celui dans lequel nous évoluons. Il ne faut pas abandonner ce travail d’explications et de propositions car soyons-sûr que nous participerons à la maturation d’une conscience différente de l’avant-crise. Je ne souhaite pas faire des comparatifs exagérés mais la période 1929-1936 nous montre aussi que le temps économique n’est pas forcément le temps politique.
La droite prend prétexte du scrutin du 7 juin pour annoncer un 2° round de réformes antisociales qui va continuer à détricoter l’architecture sociale et solidaire de notre République en mettant à mal, une fois de plus, les services publics, les collectivités locales, l’emploi public et condamnant les salariés à payer la crise des capitalistes et à être toujours plus la variable d’ajustement des profits.
Il va nous falloir redoubler d’activité sur cette question de l’emploi et être au côté des salariés comme nous avons été ce midi au côté des ouvriers Michelin. Rollier, PDG du groupe, a annoncé la semaine dernière une restructuration pour améliorer la compétitivité. C’est vrai qu’avec 357 millions d’euros de bénéfices pour l’an dernier et plus d’un milliard d’euros versés aux actionnaires sur les 5 dernières années, on peut comprendre les problèmes de trésorerie de Michelin. En réalité, c’est l’augmentation des profits au détriment des salariés qui motive Michelin. La crise est le bon moment pour agir.
La réaction du gouvernement a surtout été pour se faire le relais des explications de Michelin et notamment pour signaler que ce n’était pas des licenciements sec et que c’était là l’essentiel. Quant au PS, même si Martine Aubry a donné de la voix, localement celui-ci s’est lui félicité que les usines Clermontoises ne soient pas touchées. Pour notre part, nous avons dès la semaine dernière rédigé un communiqué de presse qui n’est paru qu’aujourd’hui et de manière tronqué et nous avons distribué un tract aujourd’hui aux salariés rassemblés devant l’usine.
Je le redis avec solennité : nous devons être aux côtés des salariés. Pas seulement pour apporter notre soutien, faire vivre en acte la solidarité, même si c’est important, mais aussi pour faire vivre l’espoir de solutions alternatives.
Nous devons nous préparer et anticiper sur la prochaine période car nous sommes à peu près sûrs malheureusement d’être confrontés à une augmentation des destructions d’emplois.
Nous devrons aussi faire le bilan d’un mouvement social historique dans notre pays mais dont les résultats apparaissent bien minces. Il faut également nous arrêter sur cette donnée : ce sont celles et ceux qui étaient dans la rue qui se sont majoritairement abstenus. Or, nous ne construirons rien sans celles et ceux qui se battent. Trouver un terrain commun de dialogue avec les syndicalistes, les interpeller sur la construction d’une perspective politique, leur redonner confiance dans la politique, voilà quelques uns des tâches qui nous attendent dès la rentrée.

L’avenir du Front de Gauche et la rentrée
Celle-ci sera marqué traditionnellement par la Fête de l’Huma. A ce propos, je lance un appel à toutes les bonnes volontés pour d’ores et déjà s’inscrire à la tenue du stand des 3 bougnats et vous informe qu’une réunion se tiendra le 9 juillet. Cette Fête sera l’occasion de poser en grand le débat de l’alternative à la droite, du rassemblement et des élections régionales.
Le Conseil National s’est réuni le week-end dernier et propose d’amplifier les mobilisations contre la politique Sarkozy, de  poursuivre et d’élargir la démarche engagée avec le Front de gauche, de lancer la bataille des élections régionales avec l'ambition de construire des majorités régionales de gauche sur des projets ambitieux de lutte contre la crise et enfin de franchir un cap dans les transformations du Parti pour le rendre plus efficace et plus utile à nos combats.
Nous avions annoncé lors de la constitution du Front de Gauche vouloir un rassemblement populaire. Force est de constater que nous ne sommes pas parvenus à créer la dynamique citoyenne et populaire dont nous rêvions, même s’il ne faut pas sous-estimer la réelle dynamique militante qui a eu lieu. C’est pourquoi le CN propose de lancer un appel à nos concitoyens, un appel à construire publiquement le projet du Front de Gauche. Le projet, c'est à dire les contenus, les objectifs  et les moyens que nous nous donnons pour y parvenir. Nous ne figeons pas la frontière de nos appels au rassemblement sur les consignes de telle ou telle direction de parti. Tout peut bouger en faisant appel aux acteurs des mouvements sociaux, aux électrices et électeurs de gauche dans leur diversité, électeurs du NPA, électeurs socialistes ou écologistes. S'adresser à toutes et tous sans exclusive sur une démarche exigeante peut créer des dynamiques plus fortes que les frontières que certains veulent ériger et rendre infranchissables.
Cette façon de poursuivre le Front de Gauche de manière transparente et publique, sur des contenus de transformations va nous permettre d’aborder les élections régionales de façon dynamique. Celles-ci seront importantes. Les ambitions de l'UMP sont déjà fixées : reconquérir entre quatre et dix régions sur les 20 détenues par la gauche. Le monsieur Elections de l'UMP distingue quatre régions « gagnables » et six régions « jouables ». La région Auvergne n’est pas citée mais rien n’est joué d’avance. Le CN fixe 3 enjeux à ces élections, je vous les livre :

- ne pas laisser la droite reconquérir les positions perdues en 2004, pour faire des régions des relais redoutables de la mise en œuvre des politiques du pouvoir.
- créer les conditions de majorités politiques régionales clairement ancrées à gauche, et portant, dans l'intérêt des populations  des projets nettement plus combatifs que ceux mis en œuvre depuis six ans. Nous ne confondons pas le bilan de ces régions avec ce qui se passerait si la droite revenait aux manettes. Mais nous voulons, face à la crise,  des ruptures pour faire des régions de gauche des points d'appui beaucoup plus solides contre les politiques patronales et de droite de restructuration et d'éclatement des territoires, et beaucoup plus engagés dans la réduction des inégalités sociales et territoriales.
- renforcer dans ces conseils régionaux le poids des élus communistes (nous en avons 185 actuellement dans vingt régions)  et de tous ceux qui combattront sans concession pour de tels projets.

Il nous appartient maintenant de débattre de ces questions. Le calendrier de travail a été donné : les 26 et 27 septembre, un Conseil National se réunira pour proposer une orientation nationale à la discussion des communistes. Il se nourrira du débat des communistes, c’est pourquoi avant même ce Conseil Départemental, nous avons invité les sections à se réunir. Des Conférences régionales se tiendront les 10.11 et 17.18 octobre. Elles auront pour but d’élaborer nos programmes régionaux, de débattre de nos stratégies électorales et de désigner si c'est déjà possible nos chefs de file communistes. Un Conseil national conclusif sur notre offre politique se tiendrait dans la foulée le 24 ou 25 octobre. La ratification de nos listes de candidats devra se mener inévitablement plus tard, une fois la configuration des listes aboutie. Mais la réflexion sur nos candidats peut et doit être également engagée sans attendre, à condition qu'elle intègre que nous pouvons nous trouver dans plusieurs mois dans des configurations impossibles à arrêter aujourd'hui.

Nous sortons d’une élection et il faut déjà se mettre en situation d’aborder la suivante. La poursuite du Front de Gauche, son élargissement, l’approfondissement sur les contenus seront des tâches ardues mais également enthousiasmantes. Les prochains mois seront chargés avec les conséquences toujours plus graves de cette crise du capitalisme mais peuvent aussi nous permettre de passer une étape dans la nécessaire construction d’une alternative à la politique du gouvernement.

Publié dans Fédération PCF

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