Vendredi 10 juillet 2009
Je me suis permis d'emprunter (avec son accord) ce texte à un de mes camarades. Je vous conseille vivement de le lire.




Plus que le score flatteur des listes Europe-Ecologie aux élections européennes, c’est tout l’arsenal sémantique et médiatique déployé pour nous abreuver de sens commun écologique qui doit nous interroger. En effet, comme le souligne avec justesse Paul ARIES dans la tribune libre de L’Humanité du 26 juin 2009, le « capitalisme vert » est en marche…forcée. Fait d’un mélange subtil d’images chocs, de nature tantôt idéalisée, tantôt massacrée par les activités humaines comme avec le film « Home » de Yann Arthus-Bertrand, de culpabilisation globalisante et de leçons de bonne morale « écologique » individuelle, de discours d’experts économiques « ès-croissance verte » déchargés de toute analyse politique de fond sur les systèmes économiques engendrant de telles conséquences, et d’autosatisfaction managériale sur la prise en compte du développement durable dans l’entreprise, ce néo-capitalisme montre à qui veut l’entendre qu’il s’est racheté une conduite. C’est pour lui l’occasion inespérée, en plein marasme financier, de se rendre enfin affectueux. Le « new deal capitaliste » veut du bien à la planète. Il sent la rose et l’air pur. Au fond du vallon, là-bas, Bambi mâchouille l’herbe tendre du printemps et ne redoute plus l’ardeur du réchauffement climatique avec son maillot Gucci…

La traduction de cette nouvelle offensive néolibérale ne s’est pas faite attendre dans le monde, en Europe comme en France. Le sommet de Copenhague du 7 au 18 décembre prochain sur le changement climatique, suite du Protocole de Kyoto, agite tous les analystes économiques « d’ambassades ». Une seule question les mobilise : qui se montrera aux yeux de tous comme le plus vertueux dans son engagement contre le changement climatique, tout en conservant ses acquis de grande puissance ? Nul doute que Nicolas Sarkozy, en grand prestidigitateur du bien-être planétaire, y fera figure de proue !

Mais la réalité de l’après-Kyoto et de l’application des recettes libérales à la lutte contre les émissions mondiales de gaz à effet de serre est loin de rassurer tant l’ensemble des pays émetteurs de gaz à effet de serre (GES) se sont éloignés des objectifs, pourtant très insuffisants, qu’ils s’étaient fixés en 1998. Qualifié de meilleur élève, l’exemple européen est pourtant particulièrement parlant. Avec la mise en place du système communautaire d’échange de quotas d’émission de carbone (SCEQE), l’Union Européenne a été la pionnière pour instituer un marché de permis de polluer échangeables sur un marché libre et non-faussé. Couplé au Mécanisme de Développement Propre (MDP) institué par Kyoto, cet outil est le pendant « écologique » de l’innovation financière qui a conduit à la crise financière que nous connaissons. Son soubassement idéologique est simple : permettre l’octroi « d’indulgences » aux firmes transnationales, « subventionnées-carbone » pour réaffirmer leur hégémonie planétaire en délocalisant leur activité dans les pays à bas coûts salariaux pour faire du développement « plus propre ». C’est la panacée pour les plus zélés exploiteurs qui trouvent là une véritable caution écologique pour délocaliser toujours plus vite. Les Maddof en culotte courte ne s’y sont d’ailleurs pas trompés, ils spéculent déjà avec les premiers « hedge funds carbone » de ce marché promis à un bel avenir. Même Eloi Laurent et Jacques Le Cacheux, économistes de l’Office Français des Conjonctures Economiques (OFCE), pourtant loin d’épouser la pensée économique marxiste, y vont de leur critique dans la lettre de l’OFCE du 15 juin 2009 intitulée « Le grand bluff : l’Union Européenne et les Etats-Unis à six mois de Copenhague » : « le système européen est un instrument fragile, lacunaire et permissif (…) Le marché européen du carbone montre des signes préoccupants de fragilité depuis son lancement en 2005 (…) ». Plus loin, avec toutes les précautions de style pour ne pas choquer, ils s’interrogent : « les évaluations disponibles du fonctionnement pratique du MDP laissent apparaître de graves dysfonctionnements, au point qu’entre un tiers et deux tiers des projets n’aboutiraient pas dans les faits à de véritables réductions d’émissions (…) Il existe un risque de « fuite de carbone » (risque de délocalisation des industries européennes soumises à des normes environnementales contraignantes) ». Comme certains nous le répètent, faut-il voir dans ces fuites la simple conséquence de mauvais tuyaux ? Faut-il s’en remettre vaille que vaille à la capacité du capitalisme à s’auto-moraliser pour lutter contre le réchauffement climatique, ou remettre profondément en question ses fondements ?

En France, le Grenelle de l’Environnement constitue le cheval de Troie de la communication environnementale présidentielle, avec la caution apportée par les principales ONG environnementalistes. Montré en exemple comme le nec plus ultra de la modernité politique avec ses groupes de travail multipartites, ses tables rondes, ses conclusions et ses 238 engagements, il sert aujourd’hui d’assise pour légitimer toute une série de mesures anti-sociales. L’exemple le plus remarquable est la suppression de la taxe professionnelle des entreprises dont les ressources seraient substituées par une contribution climat-énergie (ou taxe-carbone) payée par tous. Pousser toujours plus loin le transfert d’une fiscalité juste et progressive, assise sur les revenus du capital et du travail, vers une fiscalité labellisée « écolo » faisant mine de pénaliser les pollueurs, telle est la vision séductrice qu’offrent désormais à chaque occasion les néolibéraux, Président de la République en tête. En nouveau chantre de l’écologie, ne déclarait-il pas à Versailles, le 22 juin dernier devant le Congrès : « Je souhaite que nous allions le plus loin possible sur la taxe carbone. Plus nous taxerons la pollution et plus nous pourrons alléger les charges qui pèsent sur le travail. C’est un enjeu immense. » Et pour cause… Nul doute que les plus pauvres en seront pour leur compte, eux qui, par la modération salariale et la précarité rampante sont contraints de construire leur logement avec des matériaux moins isolants, avec des systèmes de chauffage plus polluants, de prendre leur voiture sur de longues distances pour travailler en intérim, de consommer des produits bas de gamme à fort coût carbone… Salauds de pauvres ! 
    Sur ce point, il est regrettable que la plupart des ONG et des acteurs associatifs de l’environnement se soient jetés, avec l’illusion d’un lobbying enfin efficace, dans le guet-apens écologique néolibéral. Ils n’ont cessé de valoriser le projet de loi de mise en œuvre du Grenelle de l’environnement et ses déclinaisons, énonçant uniquement quelques vagues réserves sur certains détails. Cette erreur, aux conséquences très lourdes pour l’avenir, ne surprend pas, tant elle reflète l’histoire et la sociologie des militants qui composent ces organisations, souvent plus obnubilés par leur rapport affectif à une nature idéalisée, qu’à la construction objective d’une société plus juste, plus humaine, plus au fait des avancées de l’écologie scientifique et par là-même, résolument engagée dans la préservation de l’environnement.
Plus récemment, l’apologie par la fondation Nicolas Hulot de la future « fiscalité-carbone » des entreprises présentée dans le journal Les Echos du 30 juin 2009, ne fait qu’amplifier cette dérive dangereuse. Les auteurs de l’article trouvent en effet dans la future contribution climat-énergie (CCE) « une opportunité de donner un nouveau sens à la politique fiscale (…) en faisant basculer les régulations pour qu’elles soient moins pénalisantes pour l’emploi tout en sanctionnant les excès de consommation d’énergie » et « un complément du système européen des quotas d’émissions pour les secteurs d’émissions diffuses ». Et d’ajouter sereinement « qu’il n’est pas question d’augmenter la pression fiscale » en faisant valoir le principe redistributif d’une « allocation universelle climat de 130 euros par an et par ménage ». Dans sa note transmise à la Conférence des Experts sur la contribution Climat et Energie que présidait Michel Rocard les 2 et 3 juillet dernier, la fondation justifie l’intérêt de la CCE en précisant qu’elle « rééquilibre les prélèvements obligatoires qui, depuis des décennies, sont de plus en plus lourds sur le travail (…) poussant de fait à des arbitrages en faveur de l’automatisation ou de la délocalisation et en défaveur de l’emploi ». En page 7 du même document, en gras, les auteurs sont on ne peut plus clairs : « nous proposons tout simplement de baisser les cotisations sociales patronales à concurrence exacte du montant collecté. De plus, diminuer le coût du travail sera bénéfique pour l’emploi. » La suite du document transmis à la Conférence n’est qu’une justification économétrique de la CCE. En évacuant d’un revers de main toute possible responsabilité de la logique capitaliste dans les désastres environnementaux à l’œuvre, elle légitime volontairement l’idée que les prélèvements obligatoires nuisent à l’emploi, qu’ils constituent l’élément déterminant dans les décisions de délocaliser. Curieusement, la contribution du MEDEF arrive à la même conclusion. L’ensemble de ces éléments démontrent, s’il le fallait encore, la grande cohérence idéologique de l’écologie de marché. Avec l’appui de porte-paroles et d’experts auto légitimés par les médias dominants - je pense notamment à Nicolas Hulot et Jean-Marc Jancovici - tous les ressorts sont activés pour justifier la défiscalisation du capital, l’accélération des délocalisations industrielles, et une « contre-redistribution » des richesses. On peut même s’étonner que La fondation n’ait pas songé à faire bénéficier les ménages les plus riches d’un « super-bouclier fiscal carbone », en lieu et place du modeste chèque de 130 euros annuel…
    Il est encore plus regrettable de constater le suivisme parlementaire de la majorité des députés et sénateurs de gauche, qui, loin de porter une réflexion autonome et critique pour une véritable écologie sociale pour le XXIème siècle, se sont baignés avec une jouissance parfois non-dissimulée (certains ont applaudi lors des différents votes) dans le grand bouillonnement de l’auto-satisfaction de l’écologie de marché. Pour preuve, ils sont une poignée à avoir proposer des amendements autres que ceux transmis naturellement par les ONG sur le texte. Sur ce point, il faut en revanche objectivement relayer le travail de fond des élus communistes à l’Assemblée nationale comme au Sénat sur le texte. Bizarrement, ils n’ont pas manqué d’être raillés pour leur esprit de contradiction, pour leur attitude tatillonne, pour leur inadaptation au dépassement des clivages droite-gauche sur un sujet nécessairement fusionnel…
   
Devant ce constat, il apparaît essentiel, comme le préconisait Bourdieu, de mettre rapidement en marche « l’intellectuel collectif » pour allumer « tous les contre-feux » à l’illusion écologique libérale. En interne, la (ré)activation de la Commission Ecologie du PCF, la publication d’Ecologie et Communisme, et la mise en ligne de formations sur cette thématique doivent être saluées. Il faut maintenant travailler à ce que le plus grand nombre de communistes, avec leur apport spécifique, aient à leur disposition les arguments et les moyens de déconstruire ce nouveau discours dominant néolibéral, et de porter une autre perspective écologique. Les différentes initiatives de formation dans les fédérations constituent autant de moments privilégiés à saisir par les militants et les sympathisants intéressés, et l’occasion d’échanger et de conduire collectivement une réflexion novatrice sur l’enjeu écologique.


Julien BRUGEROLLES
Fédération PCF du Puy-de-Dôme
Par cyril - Publié dans : Débat à gauche
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Jeudi 2 juillet 2009
Exemple d’une lutte réussie.

Lors du Conseil Municipal du 25 juin, nous avions une délibération concernant un nouveau contrat proposé aux assistantes maternelles en crèches familiales. Alertés par celles-ci, le groupe communiste les a rencontré et a décortiqué avec elle ce statut particulier et ce contrat qui les privait d’un certain nombre de droits. Nous les avions informés de notre intention d’intervenir au Conseil Municipal pour ne pas laisser passer ce contrat.
Le jour du Conseil, la CFDT, bien implanté chez les assistantes maternelles, était venue rappeler que les instance paritaires ne se réunissaient plus suite à l’annulation des élections par le Tribunal Administratif et qu’on ne pouvait donc voter un contrat qui n’avait pas fait l’objet d’un dialogue avec les organisations sociales. Les assistantes maternelles étaient venues en nombre pour voir à quelle sauce elles seraient mangées.
Voici la déclaration que j’ai faite au nom du groupe communiste autour des 00h30 du matin :

« Monsieur le Maire, chers collègues,

Tout d’abord, je souhaite saluer les assistantes maternelles présentes dans la salle venues en nombre et qui sont restées malgré l’heure tardive.

Nous avons souhaité inscrire cette délibération avec débat car elle pose plusieurs problèmes. Tout d’abord, sur la forme : les élections professionnelles ont été invalidées par le tribunal administratif.  Cela conduit à la suspension des réunions des instances paritaires. Or, ce dossier n’apparaît pas comme allant de soi avec les organisations syndicales. Nous avons d’ailleurs tous reçus un courrier très clair à ce sujet.
Sur le fond maintenant : nous avons rencontré des assistantes maternelles pour tenter de comprendre ce contrat de travail. Je vais essayer de vous montrer que ce n’est pas si facile et que des questions restent en suspens.

Sur les contrats d’accueil à temps partiel : une assistante maternelle accueillant des enfants sur un temps partiel, par exemple à 80 %, est rémunérée en fonction de l’accueil de l’enfant, c'est-à-dire à 80 %. Or, une assistante maternelle peut accueillir jusqu’à 3 enfants et l’amplitude horaire c’est-à-dire le temps entre l’heure d’arrivée du 1er enfant à l’heure de départ du dernier enfant, peut atteindre 10 heures de présence et de travail. Donc, si les enfants sont accueillis sur un temps partiel de 80 %, même avec une amplitude horaire de 10 heures, elles ne seront payées qu’à 80 %.
 
A propos de  la durée du temps de travail : dans le contrat actuel il est stipulé que la  durée de travail est fixée à 45 heures par semaine pour un temps plein. En effet, l’article L51-4 du statut des assistantes maternelles stipule que  les heures travaillées au-delà de 45 heures hebdomadaires donnent lieu à une majoration de rémunération.

Avec le contrat proposé, les heures supplémentaires ne seront payées que lorsqu’elles dépassent 198 h par mois. Cette disposition va permettre de lisser le temps de travail des assistantes maternelles sur le mois car lorsqu’elles prendront un congé ou qu’il y aura un jour férié, elles perdront le bénéfice de leurs heures supplémentaires..

En ce qui concerne les  indemnités d’absence et de départ, dans le contrat actuel, elles sont  différenciés : Pourquoi n’est-ce plus le cas dans le nouveau contrat ?

Pour les jours du maire : le contrat de travail datant du 27 août 2007 spécifie que les jours du maire sont payés mais non posés. Un avenant de janvier 2008 spécifie que si aucun enfant n’est présent  chez l’assistante maternelle lors des jours du maire, cette dernière sera dans ce cas en congé « jour du maire ». Une directive orale datant de début 2009 venant de la DVSPE spécifie que si aucun enfant n’est présent lors d’un des jours du maire, l’assistante maternelle devra poser un jour de congé régulier, le jour du maire lui étant payé. Après contestation des assistantes maternelles renvoyant à l’avenant au contrat de travail, le service répond que l’avenant était signé pour un an alors qu’en fait, c’est le contrat d’accueil des enfants qui est signé pour un an.

Résultat, les assistantes maternelles ne savent plus trop comment elles doivent considérer les jours du maire.

Vous le voyez, chers collègues, il y a de nombreux points à éclaircir, de nombreuses questions sans réponse. Il nous semble qu’il faut prendre le temps avec les assistantes maternelles et les organisations syndicales de revoir ce contrat.

En conséquence, nous demandons que soit retirée cette délibération. »

Cette déclaration a mis le feu aux poudres puisque successivement, tous les groupes de la majorité, excepté le groupe socialiste, ont demandé le retrait de cette délibération. Même l’opposition, flairant le bon coup, a cru bon ajouter sa voix à cette demande.
L’adjointe aux affaires sociales et l’adjoint aux ressources humaines ont finalement dû retirer leur délibération et prendre l’engagement de rediscuter du contrat.

Cet épisode est un (petit) exemple de ce que l’on peut faire quand chaque acteur joue son rôle, s’engage et que l’on crée des synergies. Là, tout y était : les personnels, le syndicat et les élus pour relayer.


Par cyril - Publié dans : Clermont-Ferrand
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Lundi 29 juin 2009
Avant la séance du Conseil Municipal, nous avons reçu des syndicalistes de Michelin qui nous ont fait part des licenciements programmés  et de leur état d'esprit.
Voici la déclaration que nous avons faite en ouverture du Conseil Municipal.



Tout comme Sarkozy et son gouvernement qui ont attendu le lendemain des européennes pour annoncer toute une série de mauvais coups allant de l'augmentation de l’âge de départ en retraite à la baisse de dépenses sociales, MICHELIN passe à la vitesse supérieure avec l'annonce de 3000 suppressions d'emplois en France dans les 3 ans à venir et la fermeture de l'usine de Noyelles-lès-Seclin.
 
Comme les autres, profitant de la crise, Michelin veut, pour maintenir son taux de profit, tailler dans les effectifs et augmenter la productivité.
Il en profite pour annoncer la « restauration de la compétitivité de l'entreprise » visant une rentabilité financière à 2 chiffres ! Comme les autres, il pratique le licenciement des intérimaires et des CDD,  après avoir imposé congés et RTT aux salariés en CDI , après des mesures de chômage partiel et une politique salariale désastreuse,  alors que chaque salarié du groupe a crée en 2008 plus de 140 000 € de richesses !
 
L'argent existe pour augmenter  les salaires, développer et non supprimer l'emploi, et satisfaire les revendications et non réduire les acquis sociaux
 
Pour des centaines de familles subissant la crise économique, se profilent, avec l'annonce de Michelin, des difficultés financières, des vies bouleversées.

Qui peut croire que les mesures de reclassement internes à des centaines de kilomètres pour les salariés de Noyelles-les-Seclin représentent une solution alternative ?

Quant au 100 millions d’euros d’investissement prévu pour le site de Ladoux, ils sont annoncés depuis 2007. Même si cela va dans le bon sens, que représentent ces 100 millions d’euros par rapport au 16 milliards de chiffres d’affaires ? N’est-ce pas un petit artifice pour mieux faire passer son plan de suppressions d’emplois auprès de l’opinion publique ?
 
C’est l’emploi industriel et les salariés qui payent la crise des capitalistes. Pour mémoire, les dividendes versés aux actionnaires des entreprises industrielles représentaient en 1985 moins de 5% de la valeur ajoutée des entreprises. En 2008, ils s’élevaient à 24%. En 1993, les revenus financiers des entreprises représentaient 34% des revenus issus de l’activité productive, en 2008 ils ont bondi à 76%. Ces quelques chiffres montrent la réalité du cancer financier.
 
Le Président de la République au congrès de Versailles fait mine de s'indigner de voir l'industrie foutre le camp du pays et propose un emprunt pour des secteurs stratégiques et des priorités nationales.
 
Le dernier emprunt d'Etat Balladur de 1993 avait surtout enrichi les gros contribuables  et dopé la croissance financière et il avait couté à la collectivité publique 90 milliards de francs tout en ne lui rapportant que 40 milliards !
 
Que ce soit chez Caterpillar, Continental, l'automobile, les banques, les services publics...il est plus que temps  que les salariés  obtiennent des pouvoirs nouveaux permettant aux salariés d'intervenir dans tout ce qui fait la vie des entreprises : choix industriels, gestion de l'emploi et des compétences, formation, utilisation de l'argent et du crédit, nature et localisation des investissements, organisation et condition de travail.
 
Il s'agit de passer des droits consultatifs à de véritables droits décisionnels  dans la gestion des entreprises et notamment pour l'emploi.
 
Ce ne sont point des vœux ou des discours fustigeant le capitalisme fou dont les salariés ont besoin, ce sont des lois qu’il faut.
 
Les députés communistes ont déposé le 28 mai 2009 plusieurs propositions de loi pour lutter contre la crise et notamment une proposition de loi visant à modifier la définition du licenciement économique pour exclure notamment de ce champ les entreprises qui ont dégagé des bénéfices, constitué des réserves, distribué des dividendes ou reçu  des aides publiques.
 
Cette loi a été repoussée par la Droite et le Modem. Or, si elle avait vu le jour, Michelin aurait eu bien plus de mal pour procéder à ces licenciements visant à accroître le profit et la rentabilité financière.

Michelin doit négocier une autre répartition des richesses, développer l’emploi et donc arrêter son plan social.

Par cyril - Publié dans : Clermont-Ferrand
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Dimanche 28 juin 2009
Voici le (long) rapport que j'ai présenté au Conseil Départemental de la fédération du Puy-de-Dôme. Analyse des élections et réflexions pour l'avenir...



Bilan des élections européennes
Après avoir menée campagne pendant près de 4 mois, nous devons maintenant nous livrer à l’exercice quelque peu fastidieux mais instructif de l’analyse des résultats.
Si nous avons débuté notre campagne dès le début de l’année, cela n’a pas été le cas des principales forces politiques qui ont, pour leur part, démarré un peu moins d’un mois avant la date du scrutin. L’UMP a volontairement évité de faire campagne pour ne pas subir le vote sanction. Cette situation convenait au Parti Socialiste, embourbé dans ses querelles internes et qui pensait recueillir mécaniquement les fruits de la colère sociale. Les 2 redoutaient également avec la même appréhension la réédition du débat citoyen de 2005. Mais le choix de la protestation a massivement été l’abstention. Celle-ci atteint un niveau record de 60% au niveau national et 57% au niveau européen. Le manque de lisibilité de l’Europe, cette courte campagne, l’absence de relais des médias, le déficit démocratique de l’Union Européenne ont été des éléments favorisant fortement l’abstention. Le vote du traité de Lisbonne au Congrès a certainement été un élément déterminant dans le choix de s’abstenir pour nombres de personnes. Le sentiment que « voter ne sert à rien » était en quelque sorte validé par la façon dont le président de la République, avec le soutien du PS, avait décidé de faire adopter le traité de Lisbonne.

Cette abstention nous interpelle car ce sont les personnes les plus menacées par la crise qui ne se sont pas déplacés pour aller voter. C’est chez les jeunes et dans l’électorat populaire que l’on trouve le plus d’abstentionnistes : 69% des ouvriers et 66% des employés n’ont pas voté tandis que le taux d’abstention atteint 70% chez les 18-24 ans et 72% pour les 25-34 ans. Selon un sondage, c’est le mécontentement à l’égard des partis politiques qui a le plus motivé d’abstentionnistes avant même la défiance vis-à-vis de l’actuelle construction européenne. L’abstention revêt donc un caractère d’expression politique qu’il ne faut pas négliger même si celle-ci a été immédiatement écartée des débats télévisés le soir du 7 juin. D’ailleurs, il faut souligner la responsabilité particulière des médias dans la désaffection des électeurs. Au contraire des élections présidentielles ou du référendum de 2005, les médias notamment télévisuels n’ont pas joué leur rôle. Ils n’ont à aucun moment donné les enjeux de cette élection, ils n’ont pas expliqué le rôle du Parlement, le fonctionnement de l’Union Européenne, tout ce qu’ils avaient fait en 2005 pour nous expliquer à quel point l’Europe était fabuleuse et pourquoi il fallait voter le TCE.

Pour seul débat, nous avons eu droit à une caricature avec l’émission d’Arlette Chabot faisant la part belle à l’UMP et le PS et mettant les « petits » candidats en opposition les uns aux autres, pervertissant ainsi profondément le sens même de ce qu’est une élection. Je le dis avec gravité : le traitement médiatique de ces élections n’est pas digne de ce que l’on est en droit d’attendre dans une démocratie. La dérive partisane et soumise d’une majorité de médias depuis 2005 revêt de plus en plus un caractère anti-démocratique. Les citoyens n’en sont pas dupes. Nous ne pourrons pas faire l’économie d’une réflexion tant au niveau national qu’au niveau local sur cette partialité des médias et ce qu’elle entraîne.

Cette abstention a plus touché la gauche que la droite. Sarkozy a d’ailleurs envoyé des signes à son électorat quelques jours avant le vote : mesures sécuritaires, travail du dimanche, etc…

- L’UMP
L’électorat de droite s’est donc beaucoup plus mobilisé et les listes UMP arrivent partout en tête. Avec 27,87% des voix, le parti au pouvoir réalise une victoire historique : c’est d’abord le meilleur score d’un parti de droite au pouvoir depuis 30 ans mais c’est aussi l’une des rares fois où un gouvernement n’est pas sanctionné lors d’élections intermédiaires. Notre pays ne fait pas exception en Europe puisque la droite arrive en tête dans 20 des 27 pays.
Cependant, à la différence des autres pays, l’extrême-droite est en recul en France, confirmant le déclin amorcé à la présidentielle. Toutefois, s’il y a lieu de se réjouir du reflux du Front National, on sait que Sarkozy a repris à son compte un certain nombre de thèmes portés et défendus par le FN. La cannibalisation du vote d’extrême-droite par l’UMP produit des effets électoraux mais perpétue ce que, en son temps, nous appelions la Lepénisation des esprits. C’est aussi ce renfort de droite qui permet aussi à l’UMP d’afficher un si bon score.
L’antisarkozysme n’a donc pas marché et le PS qui avait basé l’essentiel de sa campagne sur ce rejet du pouvoir en est pour ses frais. Il semble même qu’une prime à l’ordre et à la stabilité face à la crise ait été donnée à la droite. Dit plus crûment, la crise économique a profité à la droite. L’agitation autour du G20, les promesses de libéralisation du capitalisme ont, semble-t-il, fait illusion sur une partie de l’électorat. Ce résultat nous pose tout de même question au moment où le monde vit une crise historique du capitalisme et où dans notre pays, le mouvement social est sur le devant de la scène depuis le mois de janvier. J’y reviendrais.

- Le PS
Le PS subit une lourde défaite avec 16,48% en recul de près de 10 points par rapport à 2004. C’est la même chose presque partout en Europe ce qui conduit le PSE à perdre plus de 50 sièges. Ce résultat sanctionne l'ambiguïté fondamentale des orientations du PS, prétendant s'opposer à Sarkozy ici et composer avec le libéralisme à Bruxelles.
Depuis 2002, le PS n’arrive plus à se reconstruire et devient incapable de gagner une élection nationale. Il est toujours en butte aux luttes internes entre ceux qui voudraient un ancrage plus à gauche et ceux qui souhaiteraient se débarrasser définitivement des oripeaux socialistes. Le Congrès du Mans en a été l’illustration la plus symbolique.
Nous avons besoin d’analyser avec lucidité et en profondeur ce qu’est le PS aujourd’hui. Il me semble qu’une distorsion est en train de se produire entre ce qu’est le PS nationalement et ce qu’il est ou ce qu’il représente localement. Nationalement, le PS pense trouver son salut du côté de l’alliance avec le Modem alors que localement il a toujours besoin d’un affichage de gauche même si les tentations droitières sont extrêmement présentes. Elles sont d’ailleurs revenues sur le devant de la scène quelques heures seulement après la fin du vote avec les appels du pied plus que pressant à la liste Europe Ecologie. Mais ce que sait le mieux faire le PS, c’est de se déchirer. Cela n’a pas tardé puisque dans une discussion assez indigne dans les circonstances, autocentrée sur eux-mêmes, les ténors du PS se sont tantôt institués rénovateur en chef du Parti, tantôt candidat à la candidature se rejetant les uns sur les autres la responsabilité de l’échec. Pitoyable spectacle qui a continué dans les jours suivants où pour certains la réponse à la crise politique est de faire des primaires de la gauche pour savoir qui sera candidat à la présidentielle de 2012.

- Europe Ecologie
L’effondrement du PS a profité à l’alliance hétéroclite d’Europe Ecologie qui recueil 16,28% et qui crée l’événement. Je tiens tout de suite à donner un élément qui permet de relativiser ce résultat. En 1999, Daniel Cohn Bendit conduisait  la liste des Verts et recueillait déjà 10%. Si le score d’Europe Ecologie est si mis en lumière, c’est aussi par la débâcle du PS. Il faut donc relativiser ce résultat, le mettre en perspective pour l’éclairer mais en prenant bien soin de ne pas sous-estimer les motivations des électeurs.
Europe Ecologie a siphonné une partie de l’électorat PS et une partie de celui du Modem. Sa campagne résolument européenne a justement permis d’attirer à lui celles et ceux qui ne se retrouvaient pas dans l’antisarkozysme déployé aussi bien par le PS que par François Bayrou. Les questions environnementales, le développement durable, l’avenir de la planète sont devenus des questions incontournables du débat politique. Là aussi, il ne faut pas sous-estimer l’attente de la population sur ces questions. Mais il faut aussi avoir un langage de vérité : il n’y aura pas d’avenir durable sans transformation sociale, il n’y aura pas d’environnement préservé sans rupture avec un système économique qui sacrifie hommes et territoires pour le profit. Nous devons également combattre cette idée de « capitalisme vert ». La loi du profit sera toujours plus importante que tous les impératifs écologiques. Il faudra d’ailleurs être très attentif aux votes des députés européens d’Europe Ecologie sur les directives de libéralisation notamment en matière de transport ou d’énergie.
La force des ces listes est aussi venu du rassemblement. Ce qui nous apparaissait et qui nous apparaît encore d’ailleurs comme une alliance contre-nature entre ceux qui avaient fait campagne pour le NON et ceux qui défendaient le OUI est, au contraire, apparu comme la capacité de dépasser des différences pour se rassembler sur l’essentiel. C’est, pour nous, un élément intéressant de réflexion. Cette image d’unité a évidemment été renforcée par l’image d’un PS explosé, morcelé, encore confronté à la lutte entre Martine Aubry et Ségolène Royal. Europe Ecologie a pu apparaître à certains électeurs comme un « anti-PS positif » et attirer à lui des électeurs socialistes lassés des divisions de leur camp.
Néanmoins certains députés seront obligés de faire fi de leurs convictions lorsqu’il faudra voter au Parlement européen. Nous verrons alors la solidité de cette alliance et la fermeté des convictions des uns et des autres.
Un dernier mot sur ce résultat d’Europe Ecologie. Il faut aussi constater la persistance d'un flottement massif dans l'électorat qui débouche alternativement ou conjointement, soit sur des poussées abstentionnistes massives, soit sur des votes « surprises » aux contours flous. Ce fut le cas du Modem à la présidentielle, cette fois d'Europe écologie. Il y a des points communs à ces poussées électorales mais aussi des différences d'expression à ne pas négliger. Les électeurs cherchent à chaque fois des réponses nouvelles.
Ces phénomènes politiques instables, qui cristallisent très rapidement des nombres  importants  d'électeurs indécis, changent de nature d'une élection à l'autre, sans qu'on sache s'ils vont perdurer, mais notons qu'ils sont maintenant récurrents.
Ils sont avec l'abstention, la marque d'une insatisfaction très profonde et persistante à l'égard de l'offre politique, la recherche de solutions neuves et atteignables (ce qui n'évite pas toujours les raccourcis trompeurs) face aux crises qui angoissent  notre peuple, crise du système capitaliste, crise démocratique, crise écologique...
Dans cette élection, la « surprise » est venue des listes Europe écologie, tandis que le Modem mordait la poussière. Autant il serait naïf de ne rien voir des manipulations politiques et médiatiques qui nourrissent ces brusques mouvements électoraux, autant il serait inconséquent d'ignorer le sens que tentent d'y mettre les électeurs. Et cela d'autant plus que la motivation écologique qui anime cette fois bon nombre des électeurs d'Europe écologie nous paraît à nous aussi essentielle.

- le NPA
La stratégie d’Olivier Besancenot et des dirigeants du NPA  se solde par un échec. Ils voulaient préempter la gauche du PS pour apparaître comme les seuls opposants à Sarkozy. Ils en sont pour leurs frais. Ce qui coûte le plus cher au NPA, c’est son refus du rassemblement, faisant prévaloir les intérêts boutiquiers sur les intérêts des salariés et de la gauche. Cette ligne politique n’a pas servi le NPA électoralement parlant et a conduit Christian Piquet et ses amis à quitter le NPA et à rejoindre le Front de Gauche.

- Le Front de Gauche
J’en viens maintenant aux résultats des listes du Front de Gauche. Avec 6,5 % et 5 élus, nous pouvons dire que nous avons réussi notre pari. Avant d’analyser plus précisément ce résultat, je souhaite féliciter nos 2 candidates puy-de-dômoise et plus particulièrement notre camarade Yvette Mercier qui a été une excellente candidate, disponible, sérieuse aussi à l’aise derrière un micro que devant les portes des boîtes. Je souhaite également au nom du Conseil Départemental saluer l’immense travail militant qui a été réalisé. C’est grâce à lui que nous réalisons ce score car nous n’avons pu compter que sur nous-mêmes durant la majeure partie de la séquence électorale, les médias ne s’intéressant au Front de Gauche qu’en fin de campagne.
Je disais pari réussi donc, salué comme tel par la presse. Nous pouvons effectivement être satisfaits de nos résultats dans le contexte d’abstention massive que nous avons connu.
Réussite tout d’abord par notre capacité commune avec le Parti de Gauche à se hisser au niveau des enjeux et à travailler pour l’intérêt commun. Réussite, je l’ai dit, en terme militant. Réussite également sur l’élargissement du Front de Gauche qui a été rejoint par la Gauche unitaire puis par République et Socialisme issu du MRC de Chevènement. Nous pouvons également nous prévaloir du soutien d’intellectuels, d’économistes et de nombreux syndicalistes, séduits par cette démarche unitaire. Réussite enfin sur que nous avons semé en terme de dynamique, d’intérêt qui ne demandent plus qu’à germer.
Il est intéressant de se pencher sur les inégalités de résultats en termes de tranches d'âge et de catégories sociales et sociologiques. Selon un sondage CSA sortie des urnes réalisé le jour du vote, 20% des électeurs Front de gauche ont moins de 30 ans, 22% de 30 à 49 ans, 58% ont plus de 50 ans. Les catégories moyennes ou supérieures du salariat, les diplômés bac+2 et plus, sont mieux représentés que les ouvriers et les employés, les diplômés CAP-BEP. En termes de comportements politiques, 72% de nos électeurs déclarent avoir voté non en 2005, 18% avoir voté oui et 10% s’être abstenus. 47% se déclarent proches du PCF, 18% de l'extrême-gauche dont 11% qui déclarent avoir voté Besancenot, 23% proches du Parti socialiste.

Concernant notre circonscription, nous obtenons un résultat de 8,1% en augmentation de 1,9% par rapport à 2004 avec un gain tout de même non négligeable de 20 660 voix. Dans le même temps, le PS perd plus de 200 000 voix. Dans le Puy-de-Dôme, nous nous situons à 8,5% des suffrages avec une progression de 2,9 %, ce qui en fait la plus importante progression à l’échelon départemental de France. Nous gagnons 4 833 voix avec un total de 15 357. Nous sommes devant le FN et le NPA et nous occupons la 5° position. Le PS perd plus de 30 000 voix tandis que l’UMP en gagne près de 6 500.
Nous avons mené une belle campagne avec 2 meetings réussis et plus de 45 réunions dans tout le département. Notre meeting de Polydome a marqué par la qualité des intervenants, l’accueil chaleureux et fraternel de la salle, le parterre de syndicalistes sur la tribune et a convaincu plusieurs de ses spectateurs de voter Front de Gauche. Il est un peu le symbole de notre campagne.
Alors qu’en 2004, 19 cantons sur 61 se trouvaient sous la barre des 5%, ce ne sont plus que 3 cantons Ardes, Rochefort Montagne et Chamalières aujourd’hui. La plus grosse progression que nous enregistrons se situe sur la 5° circonscription avec + 5,37%, la plus faible sur la 6° mais avec tout de même une progression de 1,99%. Pour finir, il est à noter que nous dépassons les 10% dans 142 communes avec des scores allant au-delà de 15% dans 60 communes. Dernier élément de satisfaction, c’est que le Front de Gauche arrive devant le NPA sur Clermont même là où la LCR conduite par Alain Laffont, candidat du NPA aux européennes,  réalisait plus de 15% aux dernières municipales. Ce refus de s’inscrire dans la démarche unitaire a, là aussi, coûté électoralement parlant mais a aussi conduit des militants du NPA à rejoindre le Front de Gauche et a créer il y a quelques jours la Gauche Unitaire sur le département.

Les résultats des différentes forces politiques doivent évidemment être appréciés à l'aune du niveau record d'abstention. Il est difficile de dire dans ces conditions si les tendances observées parmi ceux qui ont voté seraient confirmées, infirmées ou sensiblement modifiées en cas de vote plus massif. Cela vaut pour nos propres résultats. Cela n'enlève rien aux points marqués par notre campagne, mais cela signifie également que la dynamique réellement populaire que nous visons reste à créer. Une dynamique est bel et bien née mais il est évident que l'ambition est qu'elle change d'échelle dans le peuple si nous voulons qu'elle pèse durablement sur le cours des évènements.

Contexte économique et social
Ces élections se sont déroulées dans un contexte économique et social toujours dominé par la crise du capitalisme. Les destructions d’emplois succèdent aux annonces de licenciement. Au premier trimestre 2009, ce sont 187 000 emplois nets détruits et l’UNEDIC prévoit près de 600 000 chômeurs supplémentaires en 2009. En cette période estivale de préparation des départs en congés, il n’est pas inutile de rappeler qu’à chaque fois qu’il y a un chômeur de plus, ce sont 6 personnes de son entourage qui réduisent leur budget vacances.
On annonce déjà que la situation va empirer à l’automne. On l’a vu, cette crise n’a pas desservi la droite, au contraire.
Nous devons continuer à expliquer les causes de la crise et surtout dépasser la simple protestation. Il faut pouvoir proposer tout à la fois des mesures concrètes et immédiates comme les propositions de loi qu’ont défendu les députés communistes le 28 mai et donner à voir un projet de société différent de celui dans lequel nous évoluons. Il ne faut pas abandonner ce travail d’explications et de propositions car soyons-sûr que nous participerons à la maturation d’une conscience différente de l’avant-crise. Je ne souhaite pas faire des comparatifs exagérés mais la période 1929-1936 nous montre aussi que le temps économique n’est pas forcément le temps politique.
La droite prend prétexte du scrutin du 7 juin pour annoncer un 2° round de réformes antisociales qui va continuer à détricoter l’architecture sociale et solidaire de notre République en mettant à mal, une fois de plus, les services publics, les collectivités locales, l’emploi public et condamnant les salariés à payer la crise des capitalistes et à être toujours plus la variable d’ajustement des profits.
Il va nous falloir redoubler d’activité sur cette question de l’emploi et être au côté des salariés comme nous avons été ce midi au côté des ouvriers Michelin. Rollier, PDG du groupe, a annoncé la semaine dernière une restructuration pour améliorer la compétitivité. C’est vrai qu’avec 357 millions d’euros de bénéfices pour l’an dernier et plus d’un milliard d’euros versés aux actionnaires sur les 5 dernières années, on peut comprendre les problèmes de trésorerie de Michelin. En réalité, c’est l’augmentation des profits au détriment des salariés qui motive Michelin. La crise est le bon moment pour agir.
La réaction du gouvernement a surtout été pour se faire le relais des explications de Michelin et notamment pour signaler que ce n’était pas des licenciements sec et que c’était là l’essentiel. Quant au PS, même si Martine Aubry a donné de la voix, localement celui-ci s’est lui félicité que les usines Clermontoises ne soient pas touchées. Pour notre part, nous avons dès la semaine dernière rédigé un communiqué de presse qui n’est paru qu’aujourd’hui et de manière tronqué et nous avons distribué un tract aujourd’hui aux salariés rassemblés devant l’usine.
Je le redis avec solennité : nous devons être aux côtés des salariés. Pas seulement pour apporter notre soutien, faire vivre en acte la solidarité, même si c’est important, mais aussi pour faire vivre l’espoir de solutions alternatives.
Nous devons nous préparer et anticiper sur la prochaine période car nous sommes à peu près sûrs malheureusement d’être confrontés à une augmentation des destructions d’emplois.
Nous devrons aussi faire le bilan d’un mouvement social historique dans notre pays mais dont les résultats apparaissent bien minces. Il faut également nous arrêter sur cette donnée : ce sont celles et ceux qui étaient dans la rue qui se sont majoritairement abstenus. Or, nous ne construirons rien sans celles et ceux qui se battent. Trouver un terrain commun de dialogue avec les syndicalistes, les interpeller sur la construction d’une perspective politique, leur redonner confiance dans la politique, voilà quelques uns des tâches qui nous attendent dès la rentrée.

L’avenir du Front de Gauche et la rentrée
Celle-ci sera marqué traditionnellement par la Fête de l’Huma. A ce propos, je lance un appel à toutes les bonnes volontés pour d’ores et déjà s’inscrire à la tenue du stand des 3 bougnats et vous informe qu’une réunion se tiendra le 9 juillet. Cette Fête sera l’occasion de poser en grand le débat de l’alternative à la droite, du rassemblement et des élections régionales.
Le Conseil National s’est réuni le week-end dernier et propose d’amplifier les mobilisations contre la politique Sarkozy, de  poursuivre et d’élargir la démarche engagée avec le Front de gauche, de lancer la bataille des élections régionales avec l'ambition de construire des majorités régionales de gauche sur des projets ambitieux de lutte contre la crise et enfin de franchir un cap dans les transformations du Parti pour le rendre plus efficace et plus utile à nos combats.
Nous avions annoncé lors de la constitution du Front de Gauche vouloir un rassemblement populaire. Force est de constater que nous ne sommes pas parvenus à créer la dynamique citoyenne et populaire dont nous rêvions, même s’il ne faut pas sous-estimer la réelle dynamique militante qui a eu lieu. C’est pourquoi le CN propose de lancer un appel à nos concitoyens, un appel à construire publiquement le projet du Front de Gauche. Le projet, c'est à dire les contenus, les objectifs  et les moyens que nous nous donnons pour y parvenir. Nous ne figeons pas la frontière de nos appels au rassemblement sur les consignes de telle ou telle direction de parti. Tout peut bouger en faisant appel aux acteurs des mouvements sociaux, aux électrices et électeurs de gauche dans leur diversité, électeurs du NPA, électeurs socialistes ou écologistes. S'adresser à toutes et tous sans exclusive sur une démarche exigeante peut créer des dynamiques plus fortes que les frontières que certains veulent ériger et rendre infranchissables.
Cette façon de poursuivre le Front de Gauche de manière transparente et publique, sur des contenus de transformations va nous permettre d’aborder les élections régionales de façon dynamique. Celles-ci seront importantes. Les ambitions de l'UMP sont déjà fixées : reconquérir entre quatre et dix régions sur les 20 détenues par la gauche. Le monsieur Elections de l'UMP distingue quatre régions « gagnables » et six régions « jouables ». La région Auvergne n’est pas citée mais rien n’est joué d’avance. Le CN fixe 3 enjeux à ces élections, je vous les livre :

- ne pas laisser la droite reconquérir les positions perdues en 2004, pour faire des régions des relais redoutables de la mise en œuvre des politiques du pouvoir.
- créer les conditions de majorités politiques régionales clairement ancrées à gauche, et portant, dans l'intérêt des populations  des projets nettement plus combatifs que ceux mis en œuvre depuis six ans. Nous ne confondons pas le bilan de ces régions avec ce qui se passerait si la droite revenait aux manettes. Mais nous voulons, face à la crise,  des ruptures pour faire des régions de gauche des points d'appui beaucoup plus solides contre les politiques patronales et de droite de restructuration et d'éclatement des territoires, et beaucoup plus engagés dans la réduction des inégalités sociales et territoriales.
- renforcer dans ces conseils régionaux le poids des élus communistes (nous en avons 185 actuellement dans vingt régions)  et de tous ceux qui combattront sans concession pour de tels projets.

Il nous appartient maintenant de débattre de ces questions. Le calendrier de travail a été donné : les 26 et 27 septembre, un Conseil National se réunira pour proposer une orientation nationale à la discussion des communistes. Il se nourrira du débat des communistes, c’est pourquoi avant même ce Conseil Départemental, nous avons invité les sections à se réunir. Des Conférences régionales se tiendront les 10.11 et 17.18 octobre. Elles auront pour but d’élaborer nos programmes régionaux, de débattre de nos stratégies électorales et de désigner si c'est déjà possible nos chefs de file communistes. Un Conseil national conclusif sur notre offre politique se tiendrait dans la foulée le 24 ou 25 octobre. La ratification de nos listes de candidats devra se mener inévitablement plus tard, une fois la configuration des listes aboutie. Mais la réflexion sur nos candidats peut et doit être également engagée sans attendre, à condition qu'elle intègre que nous pouvons nous trouver dans plusieurs mois dans des configurations impossibles à arrêter aujourd'hui.

Nous sortons d’une élection et il faut déjà se mettre en situation d’aborder la suivante. La poursuite du Front de Gauche, son élargissement, l’approfondissement sur les contenus seront des tâches ardues mais également enthousiasmantes. Les prochains mois seront chargés avec les conséquences toujours plus graves de cette crise du capitalisme mais peuvent aussi nous permettre de passer une étape dans la nécessaire construction d’une alternative à la politique du gouvernement.

Par cyril - Publié dans : Actu
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Vendredi 19 juin 2009
Communiqué de presse de la Fédération du PCF du Puy-de-Dôme

Après bien d’autres, le Groupe Michelin s’appuie sur la crise pour diminuer les effectifs et augmenter la productivité et les profits. Après le licenciement des intérimaires et des salariés en CDD, après les congés et RTT imposés, après les mesures de chômage partiel et une politique salariale désastreuse, les dirigeants de l’entreprise passent à la vitesse supérieure avec l’annonce d’un plan massif de suppressions d’emplois. Celui-ci concernerait 1093 personnes et la fermeture de l’usine de Noyelles-lès-Seclin. Nous tenons à exprimer notre plus vive indignation face à ces licenciements déguisés. Alors que Michelin réalise 357 millions d’euros de bénéfices pour l’année 2008 et que près d’un milliard d’euros ont été distribués aux actionnaires ces 5 dernières années, Michel Rollier, PDG de l’entreprise, qui a touché quant à lui 5,3 millions d’euros en 2008, annonce vouloir « restaurer la compétitivité de l’entreprise ». En fait, cette annonce vise à maintenir une rentabilité financière à 2 chiffres afin de satisfaire les actionnaires. Derrière les mots savamment utilisés : « mobilité », « restructuration », « compétitivité », « mesures d’âge », « solutions attractives » se cache une réalité plus concrète. Pour des centaines de familles, c’est l’angoisse de l’avenir, les difficultés financières, des vies bouleversées. Qui peut croire que les mesures de reclassement interne représentent une solution alternative pour des salariés et leurs familles ?
Pour notre pays, c’est l’emploi industriel et les salariés qui paient la crise des capitalistes. Pour mémoire, les dividendes versés aux actionnaires des entreprises industrielles représentaient en 1985 moins de 5% de la valeur ajoutée des entreprises. En 2008, ils s’élevaient à 24%. En 1993, les revenus financiers des entreprises représentaient 34% des revenus issus de l’activité productive, en 2008 ils ont bondi à 76%. Ces quelques chiffres montrent la réalité du cancer financier.
Les communistes estiment qu’il faut une autre logique que celle de la rentabilité financière pour combattre la crise. Les députés communistes ont déposé plusieurs propositions de loi pour lutter contre la crise et notamment une visant à « modifier la définition du licenciement économique pour exclure notamment de ce champ les entreprises qui ont dégagé des bénéfices, constitué des réserves, distribué des dividendes ou reçu des aides publiques. »
Cyril CINEUX
Secrétaire Départemental PCF
Président du Groupe Communiste Clermont Ferrand
Par cyril - Publié dans : Actu
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Vendredi 12 juin 2009
En ces temps de réflexions sur l'avenir de la planète, l'écologie, le développement durable, je vous invite à méditer ces citations d'un certain Daniel Cohn  Bendit, encore appelé par certains Dany le Rouge :

"Je suis pour le capitalisme et l’économie de marché";
"Si Renault peut produire moins cher en Espagne, ce n’est pas scandaleux que Renault choisisse de créer des emplois plutôt en Espagne";
"Je suis allé à Eurodisney avec mon fils";
"Je suis persuadé que si on dit non à l’économie planifiée socialiste, on dit oui à l’économie de marché. Il n’y a rien entre les deux";
"Par principe, tout écologiste conséquent doit être pour une limitation des dépenses publiques";
"Des services comme le téléphone, la poste, l’électricité n’ont pas de raison de rester dans les mains de l’État."
"Il n’y a pas de raison qu’il existe un service public de télévision", et en 1983 "toute réglementation des médias est absurde. Je trouve absurde qu’on n’ait pas la télévision pendant 24 heures. Je suis sûr que le problème de la télévision se résoudrait par la concurrence";
"Il faut admettre que les machines travaillent sept jours sur sept, donc admettre le travail du week-end" et "J’ai toujours été hostile aux horaires obligatoires d’ouverture des magasins (…) Tout le monde est scandalisé par le travail le dimanche, mais un Français serait aussi scandalisé de ne pouvoir faire son marché ou acheter son pain le dimanche";
L'Europe "agit comme un bouclier face au libre-échangisme, prend progressivement la place des États-nations traditionnels dans le domaine social et, à leurs faiblesses, substitue une nouvelle capacité d’action économique et financière";
"Le souci des capitalistes, c’est de gagner et ils ont raison" (à l'université d'été du Medef, en 2000)
...et la meilleure pour la fin : "Quand je me balade avec ma femme à Paris, elle est toujours fascinée – parfois énervée aussi – parce que des gens, souvent des femmes, m’abordent en disant : “Ah vraiment, tu m’as sauvé la vie !”...


source : ici


Par cyril - Publié dans : Débat à gauche
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Vendredi 5 juin 2009

Le capitalisme traverse une crise historique. Chaque jour de nouveaux plans sociaux sont annoncés. La hausse du chômage est dramatique et sans précédent. Les services publics sont démantelés. Les droits sociaux reculent, la catastrophe écologique s’avance.

Il est urgent de changer de politique ! Pourtant, l’Union européenne n’a pas su, pas voulu réagir face à la crise. Les gouvernements européens veulent faire payer la note de leur échec aux salariés, aux jeunes, aux citoyens. Ensemble nous pouvons saisir l'occasion des élections européennes du 7 juin pour sanctionner les politiques libérales qui ont conduit à ce désastre. Avec le développement des luttes et les mouvements sociaux, dans notre pays comme dans toute l'Europe, le vote du 7 juin sera une nouvelle occasion de faire entendre la colère et la volonté de choix en rupture avec l'Europe libérale et ses Traités dont celui de Lisbonne.

Le Front de Gauche est un rassemblement de partis politiques (Parti Communiste, Parti de Gauche, Gauche Unitaire), de syndicalistes (plus de 1500 ont signé un appel à voter pour le Front de Gauche), de citoyens engagés (Patrick Chamoiseau, Regis Debray,  Didier Daeninckx, Robert Guedigian,  Ignacio Ramonet,   Jean Ziegler, Michel Onfray, Jacques Sapir…).

Le Front de Gauche n’est pas parfait. Il est pourtant une construction politique inédite, il est la seule réponse unitaire à la crise et à la dérive libérale de l’Europe. Il se veut le continuateur des luttes dans les urnes.

Dimanche, donnez une chance à la gauche, ouvrez une perspective politique en France et en Europe, votez et faites voter pour les listes Front de Gauche !!

Par cyril - Publié dans : Europe
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Jeudi 4 juin 2009
Après 4 mois d’une campagne militante fabuleuse, avec une construction politique inédite, dans un contexte de crise et d’étouffement du débat démocratique, le vote pour les listes du Front de gauche sera déterminant.

Déterminant pour continuer et amplifier le rapport de force entamé dans la rue contre la politique du gouvernement,

Déterminant pour ouvrir une perspective politique clairement de gauche en France et en Europe,

Déterminant pour les suites de cette construction politique unitaire qu’est le Front de gauche.

Dans les quelques heures qui restent, nous pouvons convaincre autour de nous d’aller voter et d’aller voter Front de gauche.

L’abstention ne fera que renforcer le renoncement, le désespoir. Elle ne servira qu’à valider les politiques libérales en France et en Europe.

Le vote Front de gauche, c’est :

· le vote sanction contre les politiques libérales en France et en Europe,

· Le vote qui respecte les 55 % de français ayant dit NON au TCE,

· Le vote qui porte les luttes dans les urnes.

Alors, le 7 juin, tous aux urnes !

UNITE DANS LES LUTTES !

UNITE DANS LES URNES !

VOTEZ, FAITES VOTER FRONT DE GAUCHE !



Par cyril - Publié dans : Europe
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Dimanche 31 mai 2009
Flagrant délit de mensonge pour Henri WEBER, tête de liste PS pour la région Centre-Massif Central qui a déclaré sur l'émission Ripostes que le PS proposait un SMIC européen équivalent à 60% du salaire moyen de chaque pays.

Or, la propositon du PS, c'est un SMIC européen équivalent à 60% du salaire médian. Je vous renvoie ici pour plus d'explications sur la différence entre salaire médian et salaire moyen.

En tout cas, la propostion du PS conduirait à avoir en France un SMIC à 931,20€ !!!
On comprend mieux pourquoi Henri Weber a du mal à défendre les propositions du PS....
Par cyril - Publié dans : Europe
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Jeudi 28 mai 2009
Par cyril - Publié dans : Europe
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Citations

Le moyen le plus sûr de discréditer une nouvelle idée politique (et pas seulement politique) et de lui nuire, c'est de la défendre en la poussant à l'absurde. En effet, si on la rend « exorbitante », si on l’exagère, si on l'étend au-delà des limites de son application réelle, peut-être poussée à l'absurde, et, dans ces conditions, se change même infailliblement en absurdité. LENINE

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